Alors que la planète semble se rétrécir chaque jour un peu plus à coup de guerres, de crises financières et d'attentats plus horrifiants les uns que les autres, jamais le vêtement tel qu'on le voit et qu'on le vit ailleurs n'a été autant source d'inspiration pour les créateurs de mode. Un peu comme s'ils s'étaient tous penchés sur leur mappemonde pour pousser les corps à s'évader au moins par dressing interposé. L'été 2016 sera donc exotique ou ne sera pas. Le très lointain était déjà au rendez-vous chez Dolce & Gabbana dès le premier jour des défilés de Milan. Le duo sicilien, qui nous a habitués depuis plusieurs saisons à explorer à sa suite le moindre recoin de son île natale, avait choisi de mettre en scène tout un festival de " chinoiseries " - dérivées de la déco et du design du Palais Chinois de Palerme - sans se priver pour autant de parsemer les silhouettes de références à ce qui fait désormais partie des " codes " - les citrons, les vierges, les céramiques - de cette maison qui n'a jamais eu peur d'oser l'ornemental à la puissance dix. Chez Missoni, c'est en Inde que l'esprit gambade - le catwalk était recouvert de pétales de rose et les travées embaumaient l'encens fraîchement brûlé -, dans une ambiance très Darjeeling Limited, renforcée par les valises d'allure rétro que portaient les modèles. Les imprimés signature de la griffe sont toujours là, parfois seulement présents sur le revers d'une manche ou sur un foulard porté autour du cou. Chez Berluti, il était question d'Inde encore, en particulier du choc des couleurs vives au coeur de la cité modèle créée par Le Corbusier à Chandigarh tandis que Kim Jones, coutumier des grands voyages par procuration sur chacun des défilés Louis Vuitton, embarquait cette fois toute la sphère fashion vers l'Asie du Sud-Est, lançant des ponts entre les cultures par un jeu subtil de mix & match, osant la juxtaposition d'une grue japonaise brodée sur un teddy ou un sweat en soie tout en transformant en redingote la robe tra...