Le Père Noël est en avance cette année. L'autre jour, il a déposé sur notre bureau les trois consoles de la nouvelle génération (ou nextgen pour les initiés) qui font fantasmer petits et grands enfants : la Wii de Nintendo, la Xbox 360 de Microsoft et la PlayStation 3 de Sony.
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Le Père Noël est en avance cette année. L'autre jour, il a déposé sur notre bureau les trois consoles de la nouvelle génération (ou nextgen pour les initiés) qui font fantasmer petits et grands enfants : la Wii de Nintendo, la Xbox 360 de Microsoft et la PlayStation 3 de Sony. L'occasion rêvée de tester ces trois machines qui se disputent le marché maous costaud des jeux vidéo (1,9 milliard d'euros de chiffre d'affaires en 2006 rien qu'en France...) Après tout, les fêtes de fin d'année approchent et peut-être qu'avec un peu de chance, le généreux barbu repassera pour une nouvelle tournée d'ici à décembre, avec escale sous le sapin cette fois... A peine les joyaux sortis de leur écrin, les premières réactions des collègues intrigués fusent. " C'est la Wii ? Qu'est-ce qu'elle est petite ! " lance le premier. " La PS3 par contre, elle n'est pas discrète " , embraie, goguenard, un autre. D'emblée, les trois rivales affichent leurs différences : design classieux et épuré pour la très compact Wii, silhouette robuste et un rien pataude pour la Xbox 360, look plus tape-à-l'£il pour la scintillante PS3, la plus imposante physiquement. Pour ne pas perdre une miette de l'orgie technologique, mieux vaut avoir sous la main un écran de compétition. Sous-entendu : calibré pour la haute définition. Les 40 pouces (102 cm) de notre écran plat Samsung feront amplement l'affaire. Il est temps de passer aux choses sérieuses.Microsoft a été le premier à dégainer sur le terrain des consoles bodybuildées. Avec les avantages et les inconvénients que cela suppose. Plus bruyante et moins sculpturale, elle accuse son âge... 2 ans. Un souffle dans une vie mais presque une éternité sur l'horloge numérique. Pas de panique cependant, elle est loin d'être à la traîne technologiquement. Du moins pour quelques mois encore. Car une fois que les éditeurs de jeu se seront familiarisés avec le moteur survitaminé de la PS3, ils vont inonder le marché de logiciels très gourmands en mémoire, vitesse de calcul, etc. Et là, la Xbox pourrait vite s'essouffler. Une première salve de ces jeux ultrasophistiqués est attendue pour 2008. On peut cependant parier que d'ici là, le berger Microsoft aura répondu à la bergère Sony. L'arrivée prochaine en Europe de la version améliorée de sa console - baptisée Elite et déjà disponible aux Etats-Unis - donne déjà le ton. Pour le reste, rien à dire. La prise en main est aisée, la circulation dans les menus intuitive, le mode multimédia (qui permet de lire les contenus audio et vidéo de son PC sur sa télé) performant, et le catalogue hyperalléchant. Dernière pépite en date : Colin McRae : dirt (Codemasters), jeu de courses automobiles endiablé. Autant d'atouts qui lui valent un 7,5/10. Tout en étant conscient que l'étoile pâlira tôt ou tard. Deuxième bolide au banc d'essai : la PS3. Tiens, d'un coup, l'assistance gonfle autour de nous. Plutôt mâle d'ailleurs. On a beau dire mais le jeu vidéo reste encore largement un " truc " de mecs. Surtout quand on glisse dans la gueule de la bête un fps (pour first-person shooter, autrement dit un jeu qui dézingue un max). Par exemple Resistance : fall of man (Sony). Un petit " divertissement " qui ferait passer Alien pour un agneau. Sûr qu'avec Buzz (un quiz du genre Trivial) ou Les Sims, on aurait accroché une cible plus féminine. Mais il faut croire que les garçons aiment quand ça castagne... Inutile de tourner autour du pot, la PS3 est la Rolls des consoles. Avec son lecteur Blue-Ray - qui permet(tra) de lire des DVD haute définition de ce standard -, et ses connexions dans tous les sens, elle est blindée pour le futur. Seulement voilà, le futur c'est demain. Et dans la situation actuelle, elle est presque trop puissante. C'est un peu comme si on nous mettait entre les mains une Ferrari qui roulerait avec un carburant ne permettant pas de dépasser les 50 km/h. Un peu frustrant, non ? Verdict : 7/10. Avec la quasi-certitude que sa note grimpera au prochain bulletin...Last but not least, " ze " carton planétaire : la Wii. La vraie nouveauté de la décennie. Elle est au jeu vidéo ce que la révolution copernicienne est à l'univers. Le graphisme est pourtant sommaire, tout en rondeurs japonaises. C'est sur un autre terrain qu'elle écrase ses adversaires, celui de l'immersion physique. Finies les mannettes traditionnelles, où l'on ne fait travailler que ses doigts, avec la Wii, c'est tout le corps qui est à la man£uvre. Wiimote en main, on swingue, on boxe, on lifte, on putte comme dans la réalité. Les mouvements sont reconnus par un capteur et reproduits à l'écran. Fous rires garantis. Rien qu'avec le set Wii Sports livré avec la console au design minimaliste, il y a déjà de quoi s'éclater pendant des heures. Pour le coup, les filles semblent déjà nettement plus intéressées. Une cons£ur aurait bien passé l'après-midi sur le court de tennis virtuel à brasser l'air. " Très chouette ", s'enthousiasme-t-elle à bout de souffle. Une réussite qui mérite un 8/10. Soit on privilégie la convivialité et la Wii s'impose comme maître achat. Soit on veut un graphisme superlatif, des niveaux à l'infini, et même plus si affinités (jeux en ligne massivement multijoueurs notamment), et l'on s'orientera vers la Xbox 360 ou la PS3. Entre ces deux-là, c'est une question de feeling et de budget. Si on n'a pas l'âme d'un geek (un sobriquet qui désigne les fêlés de gadgets numériques), la Xbox 360 suffit. Par contre, si on veut être paré pour quelques années, mieux vaut casser sa tirelire et opter pour la solide PS3. A vous de jouer ! Laurent Raphaël