1. LA MÉGA CAPELINE

Pour femme de tête. Et pour que le soleil reste notre ami pour toujours. Une capeline, mais immense, qui n'empêche aucunement les oeillades. Juste parfaite, à midi ou à minuit, bad hair days ou pas, la classe ultime.
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Pour femme de tête. Et pour que le soleil reste notre ami pour toujours. Une capeline, mais immense, qui n'empêche aucunement les oeillades. Juste parfaite, à midi ou à minuit, bad hair days ou pas, la classe ultime. Cette irrépressible envie d'afficher haut et fort sa lingerie est le signe intangible du redoux, tant mieux. Un esprit boudoir qui fait dans la dentelle et la transparence. On exhibe donc son parti pris contrasté voulu par Céline, toujours à l'avant-garde. On ose le short et la brassière d'organza pensés par Raf Simons quand il était encore chez Dior. On superpose quelques voiles translucides et ajourés à la façon d'Alberta Ferretti ou de Philosophy, pour rappeler que le romantisme n'est pas mort. Le plissé soleil pour faire honneur au dieu Râ, c'est signé Hermès. Il accompagne avec légèreté tous les mouvements, déploie sa corolle autour d'une taille ceinte, joue le couple blanc-beige et plonge sous les genoux pour mieux dévoiler les chevilles. Idéalement intemporel. Prête à réviser vos classiques ? Le trench coat chez MaxMara s'impose mais en blanc virginal, resizé, volumisé et boutonné large. Surtout ne pas chahuter sa pureté, on reste dans le ton. Additionner savoir-faire ancestral, artisanat, upcycling et matières naturelles mais détournées, voilà le vrai luxe XXIe siècle. Pari tenu avec Issey Miyake et ce sac en " papier ", réalisé à partir de fibres de bananier filées puis tissées et frangées, l'exquise délicatesse japonaise. Un sac signe une allure, personne ne trouvera rien à redire à ce truisme fashion. S'il est subtilement assorti, on a la certitude d'entrer dans une autre dimension. La concordance ne doit pas pour autant être flagrante : un rappel de couleurs façon Marc Jacobs ou Etro, de matière comme chez Marni, ou de rayures, vues chez Prada, et le tour est joué. L'essence même du luxe ? Une petite sphère de nacre, une perle - voire dix, voire cent - fine ou de culture, d'eau douce ou de mer, entièrement composée de délicats dépôts cristallins de carbonate de calcium et d'aragonite. Désembourgeoisée et démémérisée pour mieux réveiller l'éclat de la peau et du regard. A l'oreille, en enfilade, en tandem (dés)équilibré ou en souvenir océanique, au cou, en rangs serrés ou au poignet, elle fait toujours son petit effet. Less is more. Mais sans craindre de sortir l'argenterie. Chez Loewe, le tee-shirt basique, avec logo, se glisse dans un pantalon taille haute qui cumule le cuir à écailles et la brillance du métal. Vous avez dit " casual chic " ? Dans la Sicile imaginaire de Dolce & Gabbana, toutes les filles s'ornent les cheveux d'une couronne de fruits tressés à quelques petites marguerites je t'aime un peu beaucoup à la folie passionnément... Pour ne pas contredire la fraîcheur de la tiare, le teint sera glowy, ultranaturel, façon rosée du matin, et le reste, yeux, lèvres et joues, en accord. On dit donc oui, trois fois oui, à la sandale de curé, mais customisée et brodée d'or, comme chez Bottega Veneta, ou passée au colorama primesautier de Paul Smith. Car confort rime toujours avec luxe, c'est une évidence.PAR ANNE-FRANÇOISE MOYSON