On ne sait plus où, du salon bourgeois ou de la guinguette des bords de Seine, elle est apparue pour la première fois. Ni qui, des podiums ou de la rue, nourrit l'autre. Peu importe. L'élégance " à la française " rebat volontairement les cartes. Et à ce petit jeu-là, celle qui l'incarne, cette Parisienne à l'allure distinguée mais pas apprêtée, cool mais pas pragmatique, pleine de caractère mais pas excentrique, a plus d'un tour dans son sac - griffé, mais porté avec nonchalance.
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On ne sait plus où, du salon bourgeois ou de la guinguette des bords de Seine, elle est apparue pour la première fois. Ni qui, des podiums ou de la rue, nourrit l'autre. Peu importe. L'élégance " à la française " rebat volontairement les cartes. Et à ce petit jeu-là, celle qui l'incarne, cette Parisienne à l'allure distinguée mais pas apprêtée, cool mais pas pragmatique, pleine de caractère mais pas excentrique, a plus d'un tour dans son sac - griffé, mais porté avec nonchalance. Image d'Épinal autant que vraie figure de style, elle inspire depuis toujours les créateurs, d'Yves Saint Laurent à Guillaume Henry, qui fait appel à elle pour réveiller Carven. Karl Lagerfeld n'a pas agi autrement, quand, en 1983 il a repris les rênes de la maison Chanel, autre belle endormie. Pari gagné : en dépoussiérant les codes inventés par Mademoiselle au tournant du siècle dernier, le kaiser a pérennisé un style, jusqu'à le rendre iconique. Depuis, chacune de ses collections rappelle que Coco a gommé les frontières entre vestiaires Homme et Femme, balayé à grands coups de jersey corsets et tailles engoncées, annihilé les traînes pour laisser apercevoir une cheville. " L'apanage des Parisiennes " jusqu'à la fin de la Première Guerre mondiale, raconte Edmonde Charles-Roux dans L'Irrégulière, sa biographie consacrée à Gabrielle Chanel. Le conflit terminé, La Gazette du bon ton et le Journal des dames et des modes paraissent à nouveau et les Françaises y découvrent avec ravissement le nouveau lexique adopté par les belles de la capitale. " Ce qu'elles portaient allait aussitôt devenir la Mode ", résume l'auteur. Pour le coup, l'ornement s'efface au profit de la ligne claire, le jeu avec le vêtement fait oublier une garde-robe rigide, le noir devient couleur. Au point de muer en code social, synonyme de raffinement et d'éclat non ostentatoire. Aujourd'hui encore, comme le démontre notamment une récente enquête réalisée auprès de nos lecteurs. C'est en effet le Black que vous avez pointé lorsqu'il vous a été demandé quelle tonalité évoquait le luxe à vos yeux. Nous avons décidé d'en faire le fil rouge des huit Vif Weekend upgradés, tant par leur papier mat plus épais et " green " que par leur contenu monothématique - la mode cette fois, le design le 1er avril prochain - que nous vous proposons désormais chaque année. Le noir vous va si bien... Vos réactions nous intéressent : black@levif.beDELPHINE KINDERMANS RÉDACTRICE EN CHEF; Ce que les Parisiennes portaient allait aussitôt devenir la