Bart-à-vin, 3-5, Lange Slachterijstraat, à 2060 Anvers. Tél. : 03 663 27 13. Fax : 03 663 27 14.
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Bart-à-vin, 3-5, Lange Slachterijstraat, à 2060 Anvers. Tél. : 03 663 27 13. Fax : 03 663 27 14.Hungry Henrietta, 19, Lombardenvest, à 2000 Anvers. Tél. : 03 232 29 28.Hapas, 23, Oude Leeuwenrui, à 2000 Anvers. Tél. : 03 213 33 33. Internet : www.hapas.be Verso Café, 9-11, Lange Gasthuisstraat, à 2000 Anvers. Tél. : 03 206 02 02. Berlin, 1-3, Kleine Markt, à 2000 Antwerpen. Tél. : 03 227 11 01. Soep & Soup, 89, Kammenstraat, à 2000 Anvers. Tél. : 03 707 28 05. Hecker, 13, Kloosterstraat, à 2000 Anvers. Tél. : 03 234 38 34. Mangia e Bevi Osteria, 3, Haarstraat, à 2000 Anvers. Tél. : 03 231 76 96. Hippodroom, 10, Leopold De Waelplaats, à 2000 Anvers. Tél. : 03 248 52 52. Fax : 03 238 71 67. De Biologische-Dynamische Bakkerij, 17, Volksstraat, à 2000 Anvers. Tél. : 03 216 00 42. La Riva, 52, Londenstraat, à 2000 Anvers. Tél. : 03 225 01 02. Fax : 03 227 24 47. Internet : www.lariva.be Soeki, 21, Volksstraat, à 2000 Anvers. Tél. : 03 278 75 05. Lux, 13, Adriaan Brouwerstraat, à 2000 Anvers. Tél. : 03 233 30 31. Internet : www.luxantwerp.com Bar Italia, 59, Graaf Van Egmontstraat, à 2000 Anvers. Tél. : 03 216 17 48. Dans le numéro du 28 octobre prochain, Weekend* eating prend la température de la scène food liégeoise.En matière de scène food, c'est incontestable : Anvers a une longueur d'avance sur les autres villes belges. Est-ce son port indirectement ouvert sur le large ? Difficile à dire, ce qui est sûr c'est que la cité sur l'Escaut possède un don inné pour absorber les nouveautés qui naissent aux quatre coins du globe. Le public anversois ne raffole pas moins des audaces alimentaires qu'il ne s'emballe pour les dernières excentricités vestimentaires. La ville saisit au bond toutes les dernières tendances : tapas world, healthy food (un courant qui réconcilie goût du jour et équilibre nutritionnel), fusions en tout genre, bars à vins nature... Ou encore temples gastronomiques aux proportions mégalomanes tels qu'on peut les voir à Londres. Cette multiplication des concepts entraîne parfois de mauvaises surprises : le destin de certaines tables s'apparente à celui d'étoiles filantes qui ne luisent qu'un temps au firmament gourmand anversois. Conclusion : on retiendra d'abord l'image foisonnante d'adresses inventives et décalées qui n'hésitent pas à faire de la nourriture une véritable attitude. Le Bart-à-vin connaît un succès retentissant tout à fait justifié. Le " City-Guide " Louis Vuitton ne s'y est pas trompé en le classant dans ses choix étoilés après seulement quelques mois d'ouverture. Situé dans le quartier des abattoirs, il se loge dans un ancien commerce où l'on désossait autrefois la viande. Avec ses vieux carrelages Art déco de boucherie des années 1930, le lieu appartient au patrimoine gourmand national. Bart Adriaenssens, le patron, a eu l'intelligence de laisser le décor intact. Ici, c'est la spontanéité et la décontraction des assiettes proposées qui séduisent. En entrée, on choisit entre antipasti et charcuteries. Mention pour l'excellent jambon corse. Le plat unique (12,50 euros) varie en fonction des jours : steak tartare le mardi, gambas grillées le mercredi et, bien sûr, poisson le vendredi. Le tout préparé et cuit sous les yeux des convives. Bart soigne les détails, de l'huile d'olive fruitée au prosecco (un blanc mousseux italien) servi en apéritif. Les vins sont aussi bons qu'inattendus. En bon passionné, Bart fait valoir une carte plutôt courte - environ 40 références - mais enrichie de son parcours personnel en Roussillon et de son amour pour l'Espagne. O uverte depuis trente-trois ans, cette adresse anversoise recèle une belle histoire de famille. Aujourd'hui, c'est Oliver, le fils, qui a pris les choses en main. Il a transformé ce lieu tout en longueur en une cantine postmoderne aux murs bruns et au sol en béton brut ciré. Sans que cela soit ostentatoire, l'£il averti décèle les différentes touches qui portent la griffe de designers reconnus : entre luminaires Maarten Van Severen et chaises Charles Eames. La cuisine de brasserie pratiquée navigue entre classicisme et modernité. Un aveu de modestie préside aussi aux plats puisque le chef a le bon goût de servir les produits sans chichis : solettes de Zeebruges, croustillant de riz de veau et, surtout, une solide entrecôte. Pour l'anecdote, le nom, Hungry Henrietta, fait référence à l'£uvre de Winsor McCay, l'un des pères de la bande-dessinée américaine. L'addition tourne aux alentours de 40 euros par personne, avec un plat du jour à 10,50 euros. Hapas distille un concept sympa de tapas européennes dans lequel pointent par-ci et par-là quelques influences asiatiques. A la base de cette aventure, deux associés complémentaires. Kris Wijnen, un chef reconnu pour son restaurant Cuistot à Lierre, et Annelies Goedemé qui possède Interium, une boutique toute proche axée sur le design. Ensemble, ils ont aménagé les grands volumes d'une maison de maître appartenant autrefois à l'un des capitaines du port d'Anvers. Le cadre s'affiche majestueux et surprenant dans la mesure où la porte d'entrée s'ouvre sans transition sur les cuisines. Grâce à sa formule, Hapas permet de se régaler aux quatre coins de l'inspiration du chef (28 euros pour 4 plats) : thon au sésame, carpaccios divers, gaspachos, croquettes de crevettes faites maison... L'adresse propose aussi une sélection de sandwiches à manger entre 11 et 18 heures, ainsi que des soupes et une série de mets basés sur le principe du wok. I l n'y avait que la ville d'Anvers pour livrer Verso, une luxueuse boutique multigriffes aménagée dans le cadre somptueux d'une ancienne banque... avec grilles, salles des coffres et portes blindées. Air du temps oblige, Verso possède aussi son Verso Café, un endroit où se restaurer avec attitude. Il fait bon être vu en train de picorer salades de noix et poulet grillé, dim sum, filet de thon, etc. près de l'énorme cheminée surmontée d'une tête de bison. L'heure du thé, avec sa sélection de desserts Pierre Marcolini, se veut également propice pour se montrer dans cet épicentre du hype superbement mis en scène. L'addition ? Moins de 25 euros. Une vraie gueule d'atmosphère très contre-culture pour cette enseigne anversoise difficile à classer. Pas vraiment dans un restaurant, ni un bar à vins, ni même une table d'hôtes... Berlin appartient un peu à tous ces genres sans jamais s'y conformer totalement. Au bout du compte, cela donne un lieu d'ambiance où il fait bon refaire le monde autour de bières locales et de dégustations sympathiques. La carte, quant à elle, est plurielle ; déclinant plats sans chichis façon carbonnades-frites ou de très bons sandwiches à l'esprit " bagel " mêlant saumon et guacamole (7,80 euros). " J e vis de bonne soupe et non de beau langage ". Chez Soep & Soup, les murs récitent du Molière. Et pour cause, difficile pour un bar à potages de trouver profession de foi plus opportune. Située dans la très branchée Kammenstraat, cette cantine décline un concept ultrasain dans un cadre flashy. Les spécialités maison sont servies sur des plateaux en inox semblables à ceux destinés aux " thali ", ces tapas du sud de l'Inde. Du pain, un potage et une pomme... ce déjeuner serait spartiate si les soupes proposées ne glanaient pas leurs saveurs et leur fraîcheur dans ce que la world food et les terroirs belges font de mieux. Trublion de la gastronomie depuis qu'il s'est installé à Anvers en juillet 2002, Kasper Kurdahl ne respecte rien. Rebelle aux cheveux en bataille, il appartient à cette génération de chefs qui se moquent des étoiles et autres macarons. A 31 ans seulement, il possède un curriculum à donner le vertige. Après avoir terminé ses études à l'Académie danoise de Restauration et d'Hôtellerie, il est venu en Belgique pour travailler avec Roger Souvereyns au regretté Scholteshof. Il rejoint ensuite Ducasse à Paris avant de s'embarquer pour un long séjour à Rosas, en Espagne, au restaurant El Bulli, histoire de se frotter au talent du surdoué espagnol Ferran Adrià. Hecker est la première des deux adresses de Kasper Kurdahl à Anvers. Ce jeune chef n'aime pas que l'on en parle comme d'un " restaurant ". Il préfère évoquer un " dinner & wine bar ". L'enseigne est en fait l'annexe d'un magasin de décoration. On y pénètre par une porte sur le côté. Le Danois a volontairement fait l'impasse sur une mise en scène convenue. Côté nourriture, plusieurs formules chahutent les habitudes : le business lunch qui promet deux plats en 3 000 secondes ou le menu surprise qui consiste à choisir un vin dans la très belle carte des crus à partir duquel Kurdahl imagine un met. Sans oublier, une fois par an, les " Off Piste Diner ", un repas composé de vingt plats aux intitulés déroutants " Pissed off " - soit " en avoir marre " en français - et à l'audace bien trempée. On se souvient encore d'un " Petit déjeuner convert " mêlant mousse de jaunes d'£ufs, granité de pamplemousses et bâtonnets de lard séché qui condensait en quelques bouchées les sensations liées à un petit déjeuner dominical. Soufflant. S obre quant à son décor, l'Osteria Mangia e Bevi est l'une de ces adresses imparables dédiées à l'art de vivre italien. L'endroit n'est pas grand mais il offre un cadre bien balancé et intimiste. Il faut entrer ici en confiance et accepter de se laisser guider à travers les produits du cru ainsi que parmi les soixante références de vins italiens. Avec son bandeau dans les cheveux, le chef affiche un vrai look. Il faut le voir, derrière son comptoir, £uvrer comme un DJ de l'huile d'olive et du vinaigre balsamique. Avec des plaques chauffantes en guise de platine, il compose des harmonies qu'il arrose généreusement de gros sel et de tours de moulin à poivre. A la manière d'un bénédictin du terroir, il sélectionne soigneusement ses fournisseurs, que ce soit pour une mozzarella pleine de goût - la chose est assez rare pour être mentionnée - ou pour un jambon digne de ce nom. La spécialité ? Les pâtes fraîches faites maison. Il faut compter environ 40 euros le couvert pour cette expérience aux contours très slow food. Faisant face à l'imposant Musée royal des Beaux-Arts, Hippodroom joue la carte de la maison de maître revisitée de façon contemporaine. Le cadre élégant s'étire en longues banquettes rouges et en hauts plafonds agissant comme des puits de lumière. Quelques audaces stylistiques sont décelables comme un jeu lumineux inédit sur les tubes néon. Le chef Erwin Denys livre une cuisine inspirée dominée par une certaine légèreté : thon grillé, gambas à la plancha ou cassolette végétarienne, artichauts violets, tomates confites et asperges vertes. Lorsqu'il fait beau, un vaste jardin se transforme en véritable oasis de paix. L'addition avoisine les 45 euros. B oulangerie, l'endroit l'est certaine ment mais il est aussi table d'hôtes où l'on peut manger sans interruption entre 8 et 18 heures. Avec sa déco de bois composée d'armoires chinées aux puces, on pourrait accoler l'étiquette de " rustique spartiate " à la Biologische-Dynamische Bakkerij dans le quartier du Zuid. La nourriture ne dévie pas du précepte de bio-dynamie qui, pour ceux qui l'ignorent, va bien plus loin que la bonne conscience rapide des produits bio. Un coup d'£il sur la carte permet de se rendre compte qu'on est chez des purs et durs : thé ayurvédique, seitan, bioburger (un délice à 5 euros), sandwiches au pâté végétarien, spéculoos sans sucre... La plus grande audace : quelques bouteilles de vins élevés, eux aussi, selon les préceptes bio-dynamiques. Avec La Riva - adresse toute récente -, Anvers s'inscrit dans la droite ligne de Londres. Impossible de ne pas songer aux ambitieux restaurants ouverts par sir Terence Conran, le fondateur d'Habitat. Sorte de " gastro-dôme ", la salle a des proportions de cathédrale. Elle fait valoir 170 places assises sur deux niveaux. Le tout décliné dans les matériaux les plus nobles : bois, mosaïque, cuir et velours. Deux ans de travaux ont été nécessaires pour réhabiliter l'énorme bâtiment qui était autrefois une Maison du Peuple pour les ouvriers du port. Imaginée dans l'optique de l'eatertainment - cette approche qui veut qu'aller au restaurant soit un divertissement au même titre que sortir en club -, cette véritable salle de spectacle est aussi un endroit où l'on danse au son du DJ local. La cuisine ouverte sur la salle propose une carte world tout à fait honnête, entre scampi grillés à la thaï (18 euros) et tempura de thon (17 euros). C e bar à tapas est sans doute l'un des endroits les plus improbables d'Anvers. " Wallpaper ", le magazine anglo-saxon de référence en matière de branchitude, lui a consacré quelques lignes. Du coup, c'est le rush sur cet endroit décalé situé dans la Volksstraat, qui n'a plus de populaire que son nom. Soeki, en revanche, a gardé un authentique esprit arty. A l'origine du concept, Carlos et sa s£ur, deux Chiliens habitant la ville depuis trente ans. Ensemble, ils ont donné vie à cet espace bohème qui hésite entre le bar et l'adresse de fin de nuit. On mange ici, assis sur des coussins, des assortiments de tapas froides (10 euros) ou chaudes (12 euros). Au programme : calamars, rouleaux de printemps végétariens, serrano, ailes de poulet marinées... Tout près de l'Escaut, Lux s'affiche comme un autre projet mégalomane : 180 places assises. Il a pour cadre une vaste demeure historique du xviiie siècle ayant autrefois appartenu à des armateurs polonais. Le lieu est le résultat d'un investissement colossal consenti par un duo d'entrepreneurs discrets mais pas frileux. Tout au plus, sait-on qu'il s'agit d'un restaurateur et d'un diamantaire. On jettera un £il sur le périmètre urbain environnant - Het Eilandje - qu'on dit promis à un développement spectaculaire. A l'intérieur du Lux, la déco mêle courbes classiques et effets de manche contemporains : jeux sur les lumières, écran plasma et colonnes imposantes. La carte signée Bart Zaman voyage à travers le monde sans oublier d'intégrer quelques touches belgo-belges : carpaccio de b£uf belge " blanc bleu " (13,50 euros) ou côtelettes d'agneau en croûte de Ceylan thé " Sri Lanka " haricots jaunes et gratin dauphinois (22 euros). Large éventail de séductions hédonistes, entre cigares et grands crus, dont le must consiste à s'offrir une belle bouteille et à la boire dans le cellier. G raphique et branché, Bar Italia défend des plats italiens au plaisir immédiat. La réussite du lieu est d'avoir intégré un véritable four fonctionnant au bois sans que cela entraîne de concessions esthétiques. Au contraire, les rondins servent même à tapisser les murs en signant un joli contraste avec le reste de la décoration aux lignes épurées. Au menu : des pizzas franches du collier, des pâtes faites maison par un chef venu de Bari et quelques viandes faisant de la figuration. A recommander : la pizza Bar Italia qui mélange mozzarella, tomates, jambon de Parme, roquette et tomates cerises (12,50 euros). Michel Verlinden.