Aurore signe des photographies poétiques et ténébreuses. Un travail mélancolique, intemporel, un univers sépulcral et langoureux. Elodie, elle, accroche des champignons en mousse aux troncs des arbres, moule un rouge à lèvres en forme de mèche de béton ou recouvre un ballon de cravates. Son travail flirte avec le surréalisme, un monde de globules mutants. Tout le contraire de la gourmande Léopoldine, pétillante et décomplexée, qui colore l'eau des fontaines ou dessine...

Aurore signe des photographies poétiques et ténébreuses. Un travail mélancolique, intemporel, un univers sépulcral et langoureux. Elodie, elle, accroche des champignons en mousse aux troncs des arbres, moule un rouge à lèvres en forme de mèche de béton ou recouvre un ballon de cravates. Son travail flirte avec le surréalisme, un monde de globules mutants. Tout le contraire de la gourmande Léopoldine, pétillante et décomplexée, qui colore l'eau des fontaines ou dessine un parterre de pétales de roses avec de vieux chewing-gums collés au bitume. Et à des années-lumière de Virginie qui s'est emparée des paysages merveilleux du peintre flamand Joachim Patenier pour mieux les cristalliser. Avec ses camera obscura à taille humaine, elle nous invite même à regarder la réalité d'un £il tout neuf. À l'occasion d'Art Brussels, Weekend a zoomé sur l'univers riche, déjanté de quatre jeunes femmes bourrées de talent. Nul doute possible, le girl power a envahi, aussi, la toile et la sculpture. En passant par l'architecture. Pour preuve, le travail de la grande prêtresse Zaha Hadid, première femme lauréate du prix Pritzker (le Prix Nobel de l'architecture) et qui a réalisé pour la célèbre griffe au double C un Chanel Mobile Art Container, un musée d'art contemporain mobile, inauguré récemment à Hongkong, et tout entier dédié au mythique sac 2.55. Rien moins qu'un cocon géant, un dédale de lumière et d'obscurité, véritable fusion entre mode et art, un ovni imaginé par une créatrice, d'origine irakienne, fascinée par le mouvement et la vitesse... et qui ne manque pas d'humour piquant. Pour preuve, l'interview qu'elle nous a accordée en exclusivité. No limit. Pour Nadja Swarovski, l'héritière de l'empire que l'on sait, on peut tout faire avec une poignée de cristaux. Après les bijoux, la mode, elle s'est risquée dans le domaine ô combien complexe du design. C'était en 2002. Son projet, Crystal Palace, qui fête, cette année, sa septième édition, est devenu LE rendez-vous du Salon de Milan. Aujourd'hui, Nadja peut se vanter d'avoir attiré les plus grands : Yves Béhar, Ron Arad, Marcel Wanders, Zaha Hadid (tiens, tiens, encore elle), et plus récemment le Belge Arne Quinze. Tous ont cédé à l'appel cristallin du géant du verre, histoire d'explorer de nouvelles voies. Les femmes dans l'art ? Incontournables. Définitivement. Christine Laurent