Dar El Zaguilda est sortie de terre comme un fruit mûr tombe de l'arbre. Cette maison concentre dans l'enceinte de ses murs épais et protecteurs toute l'envie de renouer avec le Maroc. Une nostalgie cultivée par des souvenirs qui lient définitivement un pays à une famille. Ce projet sensible ressemble aussi à un rendez-vous de vie. Sophie et François Rambaud ont acheté cette parcelle de terre il y a bientôt dix ans. Un achat impulsif, une décision du c£ur, qui s'est réglé en quelques minutes. C'était ici et nulle part ailleurs qu'ils planteraient leur décor de vacances.
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Dar El Zaguilda est sortie de terre comme un fruit mûr tombe de l'arbre. Cette maison concentre dans l'enceinte de ses murs épais et protecteurs toute l'envie de renouer avec le Maroc. Une nostalgie cultivée par des souvenirs qui lient définitivement un pays à une famille. Ce projet sensible ressemble aussi à un rendez-vous de vie. Sophie et François Rambaud ont acheté cette parcelle de terre il y a bientôt dix ans. Un achat impulsif, une décision du c£ur, qui s'est réglé en quelques minutes. C'était ici et nulle part ailleurs qu'ils planteraient leur décor de vacances. " Cette année-là, la Palmeraie était couverte de blé, raconte Sophie. C'est donc sous un tapis d'or que nous avons découvert cet endroit. Je crois que je n'ai jamais rien vu d'aussi beau ! " Un enthousiasme qui va porter l'ensemble du projet. Pour les accompagner, le couple fait appel à Jacques Chevalier, qui a déjà orchestré les plans de leur maison lyonnaise. Un architecte choisi pour son sens aigu des volumes, mais aussi pour sa qualité d'écoute. Deux points essentiels qui ont permis de traduire au plus juste des envies très précises : " C'est une maison que l'on voulait entièrement dédiée aux enfants et à l'amitié ". Une approche affective que Jacques Chevalier a parfaitement su " dessiner " avec des espaces de vie dont les volumes s'énoncent clairement. Les lieux longuement pensés se sont plaqués sur une symétrie absolue. Tant et si bien que, durant les travaux, l'£il détectait immanquablement la moindre fausse note dans la percée d'une porte ou d'une fenêtre. Cette rigueur dans le traitement apporte à l'ensemble une cohérence et un équilibre qui participent à la sérénité du lieu. Un équilibre parfait, repris dans le dosage entre ombre et lumière, transparence et opacité. Cette construction déshabillée de tout superflu affirme son parti pris pour l'épure. Des principes inconditionnels où le savoir-faire et la culture de ce pays d'adoption n'ont pas été oubliés. Bien au contraire. La brique, le tadelakt, la chaux, le bronze... constituent des échanges d'une grande force. " L'architecture et la vie sont ici parfaitement compatibles ", confie Sophie. Patio intérieur, terrasses, salons, salle à manger, cuisine, " espaces enfants " se partagent le rez-de-chaussée alors que le premier étage est, lui, destiné aux parents et amis, avec des chambres et salles de bains associées, des salons et un hammam. Une répartition qui permet de ne pas mêler l'intime au convivial et de profiter au mieux les uns des autres. La construction de cet ensemble majeur a duré deux ans. Deux années entières avec des allers-retours à répétition, des week-ends qui jouent les prolongations et des vacances consacrées au suivi des travaux. Une énergie, un temps, une attention qui ont pris beaucoup de place. Heureusement, aujourd'hui, cette maison rend sans compter tout l'investissement personnel des propriétaires. Passionné d'architecture et de nature, Vincent ne cesse d'enrichir le jardin d'essences aussi diverses que variées. Piscine, plans d'eau, roseraie, patio intérieur, parterre tapissé de noyaux d'olives, plantations d'arbres centenaires... la maison s'accompagne d'une nature domestiquée mais changeante. Même démarche pour la décoration intérieure où Sophie privilégie les associations de styles, les mélanges harmonieux de tons, de motifs et de matières. Un esprit dont elle revendique la spontanéité. Elle aime induire la couleur en camaïeu, en nuances sur les murs mais aussi pour les tissus, qu'elle n'hésite pas à teindre. Les keria (grosses toiles de coton) permettent de jouer librement avec les changements de couleurs. Tout au contraire, à l'extérieur, le soleil exclut toute couleur intempestive. Le blanc claquant est de mise. Cette maison a ainsi évité toute nostalgie en offrant à ses habitants l'occasion de faire d'un rêve une réalité absolue... et à ses hôtes d'une saison, puisque la maison s'offre à la location , une parenthèse de bonheur. Carnet d'adresses en page 97.Martine Duteil Photos : Jérôme Darblay