Bien sûr, il y a les rouleaux de plusieurs mètres de hauteur, l'eau chaude et turquoise du Pacifique, les surfeurs, la peau tannée par le soleil et Barack Obama (Honolulu est sa ville natale). Mais que recèle vraiment ce lieu perdu à plus de 12 000 kilomètres de la Belgique, au beau milieu du Pacifique ? Si, pour certains, Hawaii est synonyme de paysages idylliques et de promenade sur la plage au coucher du soleil, c'est aussi un archipel aux multiples faces. Aucune des îles, tantôt sauvages et volcaniques - on recense cinq cratères principaux -, tantôt urbaines et touristiques, ne ressemble à une autre. Parmi les plus connues, il y a d'abord Hawaii, la plus vaste de toutes, surnommée " The Big Island " pour sa superficie, puis Oahu, qui abrite Honolulu, la capitale, Maui, connue pour ses spots de surf, Lanai, Molokai, Kauai, Kahoolawe et Niihau. Cet ensemble, où les températures ne descendent jamais au-dessous de 20 °C, attire chaque année près de 8 millions de touristes, qui viennent peupler de leurs chemises à motifs de palmiers les innombrables resorts format XXL. Désormais, c'est une nouvelle communauté de voyageurs qui commence à s'y intéresser, de jeunes urbains dans le vent en quête de réel dépaysement.
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Bien sûr, il y a les rouleaux de plusieurs mètres de hauteur, l'eau chaude et turquoise du Pacifique, les surfeurs, la peau tannée par le soleil et Barack Obama (Honolulu est sa ville natale). Mais que recèle vraiment ce lieu perdu à plus de 12 000 kilomètres de la Belgique, au beau milieu du Pacifique ? Si, pour certains, Hawaii est synonyme de paysages idylliques et de promenade sur la plage au coucher du soleil, c'est aussi un archipel aux multiples faces. Aucune des îles, tantôt sauvages et volcaniques - on recense cinq cratères principaux -, tantôt urbaines et touristiques, ne ressemble à une autre. Parmi les plus connues, il y a d'abord Hawaii, la plus vaste de toutes, surnommée " The Big Island " pour sa superficie, puis Oahu, qui abrite Honolulu, la capitale, Maui, connue pour ses spots de surf, Lanai, Molokai, Kauai, Kahoolawe et Niihau. Cet ensemble, où les températures ne descendent jamais au-dessous de 20 °C, attire chaque année près de 8 millions de touristes, qui viennent peupler de leurs chemises à motifs de palmiers les innombrables resorts format XXL. Désormais, c'est une nouvelle communauté de voyageurs qui commence à s'y intéresser, de jeunes urbains dans le vent en quête de réel dépaysement. De l'avion, qui entame sa descente vers l'aéroport de Honolulu, on mesure toute la beauté des paysages qui s'étalent sous nos pieds. C'est précisément l'image fantasmée que l'on se faisait de l'endroit : en fond, une enfilade de sommets plus verts les uns que les autres, dont les plus hautes cimes disparaissent sous une fine brume, piquant droit vers le camaïeu de bleu de l'océan et, au premier plan, Honolulu, dont les tours, rivalisant de hauteur, viennent ourler la plage de sable blanc de Waikiki. Avec 340 000 habitants, c'est la ville la plus peuplée de l'Etat, et sûrement la plus américanisée. La langue anglaise s'y est largement démocratisée et, dans ses rues, se côtoient les bastions des enseignes US. Au milieu du XIXe siècle, Waikiki fut le lieu de villégiature privilégié des rois et reines locaux. Pendant longtemps, le Moana - le plus ancien hôtel de l'île, bâti en 1901 - fut fréquenté par les familles couronnées et leurs amis. Après l'attaque de Pearl Harbor en 1941, une poignée d'architectes a insufflé un style moderniste propre à Hawaii - nommée " Kamaaina ". Loin des sentiers touristiques, il est encore possible d'admirer les dernières oeuvres de ces hommes. A l'image de l'église St. Augustine by the Sea, construite en 1962 par George McLaughlin, ou de la Bank of Hawaii (1967) de George Wimberly, derniers vestiges de ce courant architectural. Depuis, c'est devenu l'escale incontournable pour les touristes orientaux - la Chine et le Japon se trouvent à quelques heures d'avion. D'ailleurs, toute une avenue a été conçue pour eux, une sorte de Champs-Elysées exotiques où se coudoient les plus grandes enseignes de luxe. Marbre de Carrare, carrelages lustrés, larges volumes... chaque boutique rivalise de faste avec ses voisines. Les rues sont joliment fleuries et aseptisées, on peut aisément s'y promener pieds nus. S'il ne s'y trouve rien de très séduisant, la balade vaut le détour. Les populations qui se côtoient chaque jour sur cette artère n'ont rien de commun. Il n'est pas rare de croiser une famille chinoise, les bras remplis de sacs griffés, un surfeur, cheveux encore humides et planche sous le bras, ou des Hawaiiens en tenue de travail. Si Honolulu est avant tout la capitale économique, elle est aussi un haut lieu pour la cuisine : le chef australien Bill Granger y a installé son nouveau fief, une néobrasserie sur deux étages, avec des volumes colossaux, du bois et de grandes baies vitrées pour profiter de l'effervescence des rues en découvrant ses mets d'inspiration vietnamo-japonaise et indigène. Depuis l'ouverture, il y a un an et demi, sa table ne désemplit pas. Comme Waikiki est devenu un lieu touristique culte, le mieux est de s'enfoncer dans la ville à la découverte de quartiers plus authentiques. Tel celui de Chinatown, qui concentre de nombreuses nouvelles adresses en vue lui conférant un statut de Q.G. branché. Flâner dans ce coin vibrant, bigarré et plein d'odeurs, est exaltant. Parfois, au détour d'une ruelle, on découvre l'entrée d'un marché couvert. A l'intérieur, ça grouille, ça s'agite, le poisson est jeté sous notre nez; plus loin, des carcasses d'animaux pendent devant les yeux des passants. Sur un stand sont proposés des fruits et des plantes pour la plupart inconnus. Au coin de la rue, une boutique détonne dans cette pagaille ambiante. Owens & Co est tenue par une jeune trentenaire venue s'installer ici il y a deux ans. " J'adore ce quartier, on y trouve tout et n'importe quoi, et il y a des restaurants super ", confie-t-elle. Pour ses rayons, elle a chiné la crème des produits locaux et occidentaux. Du savon de la superbe marque Shaka Street Soap Works, fabriqué à la main sur l'île de Maui, des tee-shirts à message Salvage Public, une petite griffe hawaiienne montante, mais aussi de la papeterie, des bougies, des draps de plage... Dans sa vitrine pop et colorée, elle fait signe à une jeune femme : " Mon amie possède le salon de coiffure le plus incroyable de la ville ! " A deux rues de là, Mojo Barbershop & Social Club n'a en effet rien de traditionnel. On vient en ce lieu calqué sur le modèle américain - sièges old school, son poussé à fond et coiffeurs aux looks de hipsters - pour se faire coiffer en sirotant une bière. Mais la palme de l'endroit le plus cool revient à The Pig and the Lady, restaurant à la mode new-yorkaise, aux murs de brique, avec son grand bar central et sa cuisine fusion, mélange d'Asie et d'Occident. Pour découvrir les derniers secrets d'Oahu, il faut prendre la route direction North Shore. Là où les surfeurs et gypsetteurs ont fui les buildings de Honolulu pour les plages tranquilles et l'ambiance bobo cool de la côte. Les paysages y sont d'une beauté singulière. Ici, le terme de carte postale prend tout son sens. Le mieux est de longer les côtes - la route vaut clairement le détour - jusqu'à Haleiwa. Un hameau surtout fréquenté à l'heure du déjeuner. Les food trucks y créent de véritables embouteillages ! Le plus connu, Giovanni's Shrimp Truck, un camion à l'aspect déglingué, sert de la crevette en veux-tu, en voilà. " C'est la spécialité de l'île ", explique la jeune serveuse aux commandes. Au beurre citronné, à l'ail ou spicy, accompagnées de riz blanc, elles sont divines ! L'attraction des environs reste Matsumoto Shave Ice, encore plus célèbre que l'enseigne au M jaune. La Shave Ice est une autre spécialité de l'île, de la glace pilée façon granité aromatisée avec des colorants. A l'opposé de l'effervescente Oahu - et à moins d'une heure d'avion - se trouve Maui. Plus secrète, plus sauvage que ses voisines, cette île d'une superficie de 1 900 km2 - la deuxième plus grande de l'archipel - est bien connue pour ses spots de surf et ses panoramas changeants. En quelques heures, on passe d'un paysage tropical à des terres volcaniques. " Pour vous faire une idée des lieux, prenez la route vers Hana ", nous indique-t-on à l'aéroport. Ici, les palmiers ont remplacé les tours bétonnées, et les cris des oiseaux ressemblent à des alarmes de voitures ; la nature a repris ses droits. La mythique et fabuleuse autoroute vers Hana est longue de 83 kilomètres, reliant la ville de Kahului au village de Hana. Elle serpente le long des côtes en traversant des coins plus incroyables les uns que les autres, à chaque virage - au total, plus de 500 : personnes sujettes au mal des transports s'abstenir ! - c'est l'inconnu. Et à chaque halte, sa surprise. Au premier, c'est Haiku-Pauwela, une petite ville composée de quelques rues le long desquelles les maisons colorées abritent coffee et surf shops et supermarchés bio. Au second, il faut laisser sa voiture pour grimper jusqu'à Wailua Falls, une majestueuse cascade dans laquelle des Hawaiiens se rafraîchissent. Plus loin, sur la route, on passe à proximité d'un parc national abritant une forêt équatoriale, une crique dont la plage de sable noire et les petites grottes font le bonheur des touristes, et la plage de Ho'okipa et son tapis indigo. L'île est connue comme la Mecque des sports de glisse - avec le North Shore d'Oahu - et on y pratique notamment le paddle et le kitesurf. A l'arrivée à Hana, un repos est largement mérité. Cap sur Lahaina, ancienne capitale du royaume de Hawaii et ville baleinière. Classée monument historique, elle est désormais parsemée de quelques hôtels de luxe. Pour achever le voyage, détour obligé par le parc national du Haleakala, situé dans le cratère du volcan éponyme, qui culmine à 3 050 mètres d'altitude. Là-haut, la température s'est nettement refroidie, un épais brouillard vient s'abattre sur la route. Quand on aperçoit le sommet, l'endroit est lunaire et désertique. Un décor entièrement composé de roches volcaniques, dont l'atmosphère est comme ouatée. Ici, faune et flore sont quasi inexistants. Les rares fleurs semblent tout droit sorties d'un film de science-fiction, à l'image du sabre d'argent, dont les tiges, croissant de 2,50 mètres en trois mois, se couvrent de centaines de fleurs violines, au milieu de feuilles effilées aux reflets métalliques, et les oiseaux ne sont pas très rassurants. D'ailleurs, une petite chauve-souris brune survole les têtes d'un peu trop près. De notre perchoir, on aperçoit la " Grande Ile ", elle paraît minuscule. Les flancs de ses montagnes semblent piquer droit vers la mer, et ses éclatantes couleurs scintillent comme un phare. Un dernier cliché mental, avant de prendre le large. PAR MINA SOUNDIRAMLes surfeurs et gypsetteurs ont fui la ville pour l'ambiance bobo cool de la côte et ses plages de rêve.