L'engouement est probablement né d'une flash mob, cette espèce d'happening éclair dont la mission n'est autre que de réunir, grâce à la puissance d'Internet, un maximum de gens qui ne se connaissent pas pour exécuter un acte absurde à une heure fixée et dans un lieu public déterminé ( lire également Weekend Le Vif/L'Express du 29 août 2003). Comme, par exemple, se livrer momentanément à la danse des canards sur le parvis de la Bourse de Bruxelles ou s'adonner à une gigantesque bataille d'oreillers dans le parc du Champ-de-Mars, à Paris, comme ce fut le cas le 20 mai dernier (www.pillow-fight.eu). Car ce sont précisément ces gentils affrontements spontanés et jubilatoires organisés not...

L'engouement est probablement né d'une flash mob, cette espèce d'happening éclair dont la mission n'est autre que de réunir, grâce à la puissance d'Internet, un maximum de gens qui ne se connaissent pas pour exécuter un acte absurde à une heure fixée et dans un lieu public déterminé ( lire également Weekend Le Vif/L'Express du 29 août 2003). Comme, par exemple, se livrer momentanément à la danse des canards sur le parvis de la Bourse de Bruxelles ou s'adonner à une gigantesque bataille d'oreillers dans le parc du Champ-de-Mars, à Paris, comme ce fut le cas le 20 mai dernier (www.pillow-fight.eu). Car ce sont précisément ces gentils affrontements spontanés et jubilatoires organisés notamment à Londres, Madrid et New York qui sont, semble-t-il, à l'origine d'un nouveau sport en vogue outre-Atlantique : le " Pillow Fight " ou, si vous préférez, la bagarre de coussins. Vaste blague ? Que nenni. Il existe désormais une ligue officielle de bataille d'oreillers basée à Toronto (Canada) qui organise régulièrement des matchs exclusivement féminins (www.gopfl.com). Depuis peu, la fièvre du polochon tapageur a gagné les Etats-Unis et les organisateurs ne désespèrent pas de relayer bientôt la compétition sur le Vieux Continent. Au premier abord, l'initiative peut sembler débile, voire carrément machiste (si l'on place du côté des spectateurs) étant donné que les épreuves ne sont pas (encore) ouvertes à la gent masculine, mais à y regarder de plus près, cet emballement pour les combats d'oreillers est finalement révélateur de la tendance " néostalgique " ambiante. Un autre exemple directement inspiré, lui aussi, des petits mondes de l'enfance et de la literie réunis ? Prenez www.bedjump.com. Sur ce site entièrement dédié au lit-trampoline, les internautes se font photographier en train de sauter joyeusement sur les matelas de tous les hôtels du monde. Certes, aucun tournoi de " bed jumping " n'est encore prévu à ce jour, mais ce nouveau sport en chambre suscite désormais, lui aussi, l'intérêt d'un nombre croissant d'internautes désireux de se faire remarquer sur www.youtube.com. Se battre gentiment à coups d'oreillers, sauter comme un fou sur son lit... Cherchez bien : vous trouverez certainement d'autres madeleines de Proust que vous rêvez de déguster à nouveau. Comme, par exemple, imiter votre rock-star favorite devant un miroir ou marcher à contre-sens sur le tapis roulant d'un supermarché en évitant les chariots venant en sens inverse. Là aussi, des petits malins ont facilité le vrai-faux voyage dans le temps en développant ici de réelles compétitions d'" air guitar ", là, un autre sport inédit baptisé " Fre Flo Do ". Dans le premier cas de figure, il s'agit de mimer au mieux des accords de guitare dans le vide - sans instrument donc - lors de compétitions tout à fait officielles (consultez www.luchtguitaar.be pour les dates des tournois belges et www.airguitarworldchampionships.com pour les prochains championnats mondiaux en la matière). Dans le second scénario, les adeptes de cette nouvelle discipline nord-américaine mélangent breakdance, skateboard et arts martiaux en réalisant des figures acrobatiques sur des mini-tapis roulants de salle de fitness (www.freflodo.com). A l'instar du désormais célèbre groupe de rock OK Go dont l'excellent clip " Here It Goes Again " a été visionné près de dix millions de fois sur Youtube (http://www.youtube.com/watch?v=pv5zWaTEVkI). Une blague de sales gamins, certes, mais un réel délice pour tous les petits kidultes de la vague néostalgique. Frédéric Brébant