Il n'existe pas de sombrero assez grand pour cacher l'infamie infligée à la cuisine mexicaine. Partout dans le monde, des hommes de gain ont cru (et ont partiellement réussi à) en faire une " world food " sans âme. Aplatissant une palette gustative inépuisable sous le rabot du profit, les...

Il n'existe pas de sombrero assez grand pour cacher l'infamie infligée à la cuisine mexicaine. Partout dans le monde, des hommes de gain ont cru (et ont partiellement réussi à) en faire une " world food " sans âme. Aplatissant une palette gustative inépuisable sous le rabot du profit, les odieux commerçants n'ont retenu que le réconfort facile et le feu immédiat : le gras et le piquant. Est-ce là le dernier mot de l'histoire ? Non, car quelques enseignes zapatistes se cabrent comme des chevaux pour que nos palais égarés entrevoient autre chose que ces " fake news " culinaires. A Bruxelles, El Mexicanito compte parmi les insurgés. Sur une toile cirée ornée d'un motif pimenté, cette cantine aux contours familiaux marque le coup dès l'entrée avec un ceviche de camaron (12 euros) persuasif comme une balle tirée depuis un colt calibre 38. Servie avec un petit paquet de crackers, la préparation froide, dont la cuisson est assurée par le citron, panache crevettes et légumes frais. En plat, des quesadillas (16 euros), tortillas de maïs enrobant des légumes en julienne, palpitent sous une sauce à base de tomates rouges et vertes. Sans oublier la suprême note fumée du mezcal ginger (9,70 euros), tornade de citron vert, sucre de canne et ginger ale qui convoque la vitalité d'un pays à la saveur inoubliable.