Paola Genone
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Paola GenoneSi vous étiez un animalàUn centaure. Je monte à cheval depuis mon enfance et je me reconnais dans leur tempérament. Les chevaux sont instinctifs, sur la défensive, prêts à réagir au quart de tourà Mais quand ils vous accordent leur confiance, la relation devient quasi fusionnelle. Un moyen de transportàUne montgolfière : j'y suis déjà montée ! On n'éprouve pas cette horrible sensation de claustrophobie que provoque l'avionà On est plus proche du sol, et c'est un peu comme faire une balade. Un contemporain du sexe opposéàLucian Freud, mon peintre préféré. J'aime ses personnages " affreusement " humains, presque tridimensionnels. On a l'impression qu'ils vont sortir de la toile. La couleur de leur chair est si réaliste et il y a une telle intensité dans leur regard qu'on les rencontre, même sans le vouloir. Un lieu de fêteàUne plage : j'adore flâner au bord de l'océan Atlantique, du coucher du soleil jusqu'à l'aube, comme le font les Brésiliens. Pique-niquer sur le sable, danser avec des inconnus, plonger dans l'eauà Je tente d'importer la culture de Rio de Janeiro sur les plages de Bretagne, où je vais l'été. Un musicienàAlain Chamfort, avec qui j'ai écrit une chanson, Petite Girl, pour Bas-fonds, mon troisième long-métrage. Il a composé une musique pop très douce pour accompagner mon texte. Une boissonàLe thé vert. Je suis accro ! J'ai un copain qui m'en envoie régulièrement de Tokyo. Au Japon, j'ai appris à le préparer : le gyokuro, le plus raffiné des thés verts, doit se boire dans des tasses pas trop grandes, avec une eau chauffée à 60 degrés alors que, pour le sencha, la température doit être à 80 degrés. Un gros défautàL'absence. Je peux être là sans y être vraiment, penser énormément à quelqu'un, mais ne donner aucune nouvelleà Au réveil, je suis ailleurs et je déteste que l'on me parle. Un plat d'enfanceàLa charlotte que mon père et mon frère préparaient ensemble les jours de pluie en vacances. Dans la famille, c'étaient les hommes qui cuisinaient. Récemment, j'ai acheté un moule pour apprendre à faire une charlotte, mais il n'est jamais sorti du placardàUn livreàSpéracurel, d'Anna Dubosc (éd. Rue des promenades), une jeune romancière française d'origine asiatique. C'est un magnifique récit sur des instants de vie quotidienne entre une mère et sa fille. L'écriture est drôle, délicate comme un haïku, cinglante comme une porte qui claque. Paola Genone Je tente d'importer en Bretagne la culture de Rio.