Il a fini par ne plus les compter, ces fragments d'existence dans lesquels il s'est glissé au fil des années. Dans sa toute première pièce, il y avait d'ailleurs un peu de la sienne. Othmane Moumen a 20 ans quand le théâtre lui tombe dessus, presque par hasard, au détour d'une activité de la maison des jeunes de Forest. Un projet " d'écriture de plateau " comme on aime dire aujourd'hui. Avec une quinzaine de potes de son quartier, il monte un spectacle autour de l'immigration marocaine de 1964, basée sur des récits de famille. La pièce tournera en France et au Canada, une aventure qui lui fait prendre conscience que l'on peut passer sa vie à jouer. Il abandonne ses études de photo et tente sa chance au Conservatoire de Bruxelles. Elle lui sourit. " C'est vrai qu'il en faut un peu dans ce métier, reconnaît la tête d'affiche de Scapin 68, le carton de rentrée du Théâtre Royal du Parc, à Bruxelles. Mais la chance, ça se provoque. Et ça se confirme surtout. Ceux q...