Quand les belles de D&G viennent parader en fin de défilé, elles enfilent de longues robes de mousseline fluides et légères, à imprimé fleuri. Quand les filles de Rykiel enchantent le podium, il y a de la joie, encore plus qu'à l'habitude. Quand le Belge Raf Simons, directeur créatif de Jil Sander, décide de sa palette de couleurs pour l'été prochain, il plonge du côté de ses Stabilo, pour sélectionner, de façon magistrale, les teintes fluo les plus lumineuses qui soient.
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Quand les belles de D&G viennent parader en fin de défilé, elles enfilent de longues robes de mousseline fluides et légères, à imprimé fleuri. Quand les filles de Rykiel enchantent le podium, il y a de la joie, encore plus qu'à l'habitude. Quand le Belge Raf Simons, directeur créatif de Jil Sander, décide de sa palette de couleurs pour l'été prochain, il plonge du côté de ses Stabilo, pour sélectionner, de façon magistrale, les teintes fluo les plus lumineuses qui soient. Pas de doute, au vu des collections présentées ces dernières semaines à New York, Londres, Milan et Paris, la mode a fini de bouder, déprimer, criser. Elle veut s'amuser. Le vestiaire du printemps-été 2011 ? Une ode à la joie, interprétée par des tons vitaminés et une légèreté mâtinée de dérision. Même Chanel et Inès de la Fressange ont enterré la hache de guerre. La top de 53 ans a défilé tranquillement, le sourire aux lèvres, dans le jardin à la française imaginé par Karl Lagerfeld. Il est loin le temps où la belle, mariée pendant six ans avec la maison de la rue Cambon, rompait avec perte et fracas son contrat d'exclusivité à la fin des années 80, pour prêter ses traits à Marianne, dont le buste trône dans toutes les mairies de France. À côté de cette envie d'optimisme, les créateurs ont notamment puisé leur inspiration dans trois grands univers : les seventies, le mouvement punk et le minimalisme cher à la dernière décennie du xxe siècle. Des années 70, ils ont repris ces longues robes gipsy, des micro-shorts (plus rikiki, pas possible !), un amour pour le crochet et le macramé, des épaules dénudées, des imprimés fleuris ou tie and dye. À côté de cette tendance rétro assez fleur bleue, Balenciaga, Balmain, Jean Paul Gaultier, Burberry Prorsum ou Givenchy ont frappé fort, tous inspirés qu'ils étaient par des humeurs plus sombres et rock. Looks tailladés, épingles de nourrice, teints pâles et coiffes en pétard, godillots et perfectos sans manches, noir, Zip et clous. Punk is not dead. Leur vision de la femme pour l'été prochain n'a rien de déprimant ou d'obscur pour autant. La voici juste encore plus forte, pour affronter les épreuves. Dernier grand courant à traverser les collections ? Celui prôné par Phoebe Philo, directrice artistique de Céline, pour la troisième saison consécutive. Son amour pour la simplicité des coupes et pour une élégance extrêmement sobre ne cesse de faire des émules, dans toute la sphère fashion. Prada et ses robes épurées en coton, Calvin Klein, Chloé, Theory, Bottega Veneta, Michael Kors ou encore Narciso Rodriguez lui emboîtent le pas, devenant ainsi les nouveaux disciples de cette religion en vogue. Un engouement qui n'est pas pour nous déplaireàLes teintes vitaminées déboulent en force et font du bien au moral. Comme chez Gucci (photo), on n'hésite pas à juxtaposer les aplats monochromes. On ose des imprimés vifs, façon Versace. On aime l'association de l'orange et du fuchsia, chère à Yves Saint Laurent. Ou on s'essaie même à des teintes néon et fluo, à l'instar de Jil Sander. À noter que New York a davantage craqué pour le vert, tandis que Paris lui a préféré le rose, pâle ou vif. Pour un peu, on se revoit au-dessus de sa baignoire, en train d'expérimenter l'imprimé tie and dye, sur un vieux tee-shirt blanc. Pas de motifs psychédéliques, cette saison. Juste un joli dégradé infusé, dans une seule et même teinte. À voir chez Dries Van Noten (photo), Proenza Schouler, A.F. Vandevorst ou John Richmond. Autre option : tenter l'éclaboussure de peinture, comme chez Balmain ou Nicolas Andreas Taralis. Nombreux sont les défilés à présenter quelques silhouettes virginales, de la tête aux pieds : Calvin Klein, Hermès (photo), Céline, Dolce & Gabbana, Gianfranco Ferré, Ann Demeulemeester, Fendià Dans le genre, le tailleur pantalon blanc, légèrement patte d'ef, a la cote. Couleur voisine, le beige continuera de faire un tout petit peu parler de lui, après avoir joué les stars cet hiver. On le repère à travers des déclinaisons de sable, lin, craie ou nude. Après la longueur en dessous du genou, qui a fait son grand retour cet hiver, l'ourlet glisse encore un peu plus bas, jusqu'à mi-tibia, ce printemps. Une longueur (d'avance) constatée chez Lanvin (photo), Léonard, Louis Vuitton ou Antonio Marras. Que celles qui crient au faux pas glamour se rassurent, il existe un bon compromis : la jupe fendue, pour avoir du court devant et du long derrière. Exemples à suivre chez Pucci, Haider Ackermann ou Ann Demeulemeester. Robes en macramé, pulls crochetés et accessoires tressés apportent un côté délicieusement désuet aux collections printemps-été 2011. Démonstration parfaite chez Dior (photo), Iceberg, Salvatore Ferragamo ou Pucci. Quelques tentatives plus discrètes, chez Hermès, Barbara Bui et Dolce & Gabbana. C'en est fini des pantalons skinny. L'été prochain, on opte pour des versions larges, fluides et très longues, souvent taille haute, parfois pattes d'ef. Repérés chez Rochas, Diesel Black Gold, Kenzo, MaxMara, Paul & Joe, Hermès, Gareth Pugh ou Louis Vuitton (photo)à Seul un modèle moulant fait encore de la résistance : le pantalon fitté longueur mi-mollet, chouchou de Balmain, Lutz et Isabel Marant. L'Amérique rompt avec sa réputation puritaine, à en croire le nombre de looks totalement transparents qui ont défilé sur les podiums de la Fashion Week de New York. Une grosse tendance que l'on a ensuite retrouvée ailleurs, chez Chanel (photo), Kenzo, Alberta Ferretti, Antonio Marras ou Rochas. Plus nouveaux : les tee-shirts filets, esprit punk, aperçus chez Marni et Isabel Marant. C'est un classique, mais plus que jamais d'actualité. La chemise affole les créateurs : boutonnée jusqu'au col ou tellement ouverte qu'elle laisse entrevoir un sein, extra-longue ou sans manches, immaculée ou coloréeà On la retrouve partout. Chez Rochas, Maison Martin Margiela, Lanvin, Anne Valérie Hash, Yohji Yamamoto ou Viktor & Rolf en version extravagante (photo). Un revival seventies ne peut pas avoir lieu sans ces longues robes, fluides et légères, qui nous ont fait fondre chez Alberta Ferretti, Fendi, Etro (photo), Just Cavalli, D&Gà Une tenue estivale à marier à un imprimé fleuri, autre grosse tendance de la saison. De quoi retrouver immédiatement une éternelle jeunesse. Difficile de se limiter à dix tendances. Les collections printemps-été 2011 ont livré bien d'autres nouveautés : looks en daim ou cuir effet python, comme chez Roberto Cavalli (photo), amour des franges, jeux de superposition, influences orientales (que ce soit par le biais de ceinture obi ou de fleurs stylisées à la Léonard), shorts qui laissent entrevoir le début des fesses, marinières à gogoà De quoi n'en faire qu'à sa mode ! par Catherine Pleeck