Comment êtes-vous venue à la bijouterie ?

Après mes études à l'IHECS, j'ai voyagé en Amérique du Sud, et j'y ai eu une révélation, à la fois pour les matières premières naturelles, pierres, graines, etc., et pour la fabrication manuelle. En Amazonie, le recyclage est une nécessité et beaucoup de petits riens sont transformés en quelque chose de fonctionnel. Quant à savoir pourquoi le bijou, c'est parce que je bourlinguais, donc c'était facile à emporter avec moi, mais aussi parce qu'il y a un attachement, plus qu'avec tout autre objet. On le porte sur soi, c'est intime, toujours lié à une personne, à un moment.

Et cela vous a amené vers d'autres voyages...

Sur place, j'ai appris quelques techniques, et j'ai décidé de me former quand je suis rentrée. Mais je n'avais aucune envie de me réinscrire dans une école, donc je me suis fait mon propre apprentissage itinérant ; ça combinait voyages et bijoux, c'était comme une formation atypique, personnalisée. J'ai donc suivi des stages dans différents ateliers, en France, en Belgique, en Suisse, au Maroc pour le métal, un peu partout... Ensuite, j'ai fait la rencontre du maître d'art Gilles Jonemann, une sorte de doyen du bijou contemporain et j'ai été son élève durant trois ans.

Pourquoi cette prédilection pour la céramique ?

Mon premier bijou a été réalisé à partir d'une assiette, quand j'étais encore en Amérique du Sud, c'est d'ailleurs là que j'ai découvert le procédé - et il était très rudimentaire, vraiment pas beau. Bien plus tard, quand j'ai découvert que Gilles Jonemann avait toutes les machines nécessaires à ce type de travail, je me suis dit que ce serait un super challenge de trouver une nouvelle manière d'aborder le matériau - il était hors de question de faire les mêmes assemblages que lui, donc j'allais devoir repousser mes limites, au niveau de l'imagination comme de la technique.

Julie Decubber expose à Paris, du 19 au 23 décembre à l'Espace Beaurepaire et à la Galerie Collection, également jusqu'au 23 décembre. Infos et boutique en ligne : www.juliedecubber.com

© FABRICE LE DANTEC/SDP
© FABRICE LE DANTEC/SDP
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