"Do-it-yourself ", " DIY ", " home-made " ou " fait maison ", autant de termes pour exprimer le même plaisir de créer. Mais quelle place reste-t-il pour l'initiative personnelle dans un monde où règne la production industrielle, standardisée et globalisée ? Avec un solide coup de pouce d'Internet et des nouvelles technologies, la résistance s'organise, et invite le grand public à réenvisager de fabriquer ou réparer des objets, comme une alternative aux achats téléguidés ou à l'obsolescence programmée. Et notamment de reprendre la main sur sa déco et son mobilier. Si l'envie de parer votre intérieur de pièces uniques vous titille, ou que vos loisirs créatifs se limitent à la mutilation annuelle d'une citrouille pour Halloween et qu'un petit talent caché vous démange les phalanges, voici une compilation de quarante idées pratiques, solutions concrètes et encouragements divers en trois points : s'inspirer, fabriquer ou acheter. Et en prime, deux reportages pour continuer à rêver.
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"Do-it-yourself ", " DIY ", " home-made " ou " fait maison ", autant de termes pour exprimer le même plaisir de créer. Mais quelle place reste-t-il pour l'initiative personnelle dans un monde où règne la production industrielle, standardisée et globalisée ? Avec un solide coup de pouce d'Internet et des nouvelles technologies, la résistance s'organise, et invite le grand public à réenvisager de fabriquer ou réparer des objets, comme une alternative aux achats téléguidés ou à l'obsolescence programmée. Et notamment de reprendre la main sur sa déco et son mobilier. Si l'envie de parer votre intérieur de pièces uniques vous titille, ou que vos loisirs créatifs se limitent à la mutilation annuelle d'une citrouille pour Halloween et qu'un petit talent caché vous démange les phalanges, voici une compilation de quarante idées pratiques, solutions concrètes et encouragements divers en trois points : s'inspirer, fabriquer ou acheter. Et en prime, deux reportages pour continuer à rêver. L'inspiration est à chaque coin de rue mais ce n'est pas une raison pour négliger les immenses ressources du Net ; un petit clic peut parfois devenir un grand pas pour la créativité. La preuve avec ces adresses, des plus modestes aux carrément pros... IKEA HACKING. La mainmise du géant suédois sur les intérieurs est tellement grande que le détournement de produits Ikea est devenu une discipline en soi. Pionniers du genre les Ikea Hackers connaissent désormais une version française, Ikea Bidouilles. SCANDINAVE. Très réussi et résolument tourné vers le style nordique, le site Heju est alimenté par les trouvailles de deux jeunes architectes parisiens, Hélène et Julien, tandis que HomeStory.de fourmille d'idées et de tutos assez complets (mais malheureusement en allemand). KIDS. On craque pour Ohhappyday.com, une foule de bons plans créatifs et une section déco remplie de trucs mignons et de couleurs pastel, ainsi que pour Avec ses dix petits doigts - les deux proposant des motifs téléchargeables à imprimer gratuitement. ECOLO. Comme son nom l'indique, Eco-créateurs est le rendez-vous green de la décoration, de la chambre de bébé à la cabane en bois, et fait le tour de son sujet au moyen de nombreuses pistes de réflexion. IMPRIMANTE 3D. Que les heureux possesseurs de cette incroyable machine foncent sur le site Thingiverse, qui recense toute l'actu du secteur ; et que ceux qui veulent s'en procurer une se renseignent auprès de revendeurs agréés comme Xtensys, qui distribue la plupart des grandes marques d'imprimantes 3D domestiques. OPEN SOURCE. Trois sites : Opendesk, l'annuaire de référence pour ce qui touche au design sous licence libre ; L'air du bois, un espace de partage collaboratif pour amoureux du bois ; et SketchChair, excellent projet Kickstarter consacré au mobilier digitalement fabriqué, dont la bibliothèque compte des dizaines de références de tables et d'assises. Envie de jouer avec... DES PALETTES EN BOIS. Direction la partie DIY de www.deco-cool.com. DU BÉTON. Ça se passe sur le blog perso Morning by Foley, signé Amélie, la co-fondatrice de l'association Do It Yvette. DE LA PEINTURE. Pas besoin de beaucoup d'explication pour comprendre la raison d'être du site La peinture qui change tout !DU CARTON. Voir les vidéos YouTube de La Minute Déco (avec un détour par " Anne et ses idées à la con "). Tutoriaux, check lists, décorticages photo et séquences vidéo sont à trouver sur les blogs Déco à tous les étages et Stéphanie bricole (qui compte plus de 600 propositions maison), ainsi que sur Joli Place et DIY Relooking Mobilier (site qui, contrairement à l'ensemble des pages susmentionnées, n'est pas le premier résultat Google quand on encode son nom, et utilise creermadeco.canalblog.com en guise d'adresse). On pointera aussi YouMakeFashion, " un blog devenu un outil de partage " tenu par la jolie Margot et qui traite également de mode. Sur Shake My Blog, Vincent reprend des tutos de différents sites souvent anglo-saxons - une sélection impeccable, traduite et bien expliquée. Dans la série " pas très à jour mais intéressants quand même ", on citera Mademoiselle Déco et La Boite à DIY. A l'inverse, Le meilleur du DIY vous propose " un DIY par jour via sa newsletter ". Petit florilège d'adresses anglo-saxonnes, parce que la langue de Shakespeare n'a plus de mystère pour bon nombre d'entre nous, que parfois les images seules suffisent à inspirer et que même quand on n'est pas doué, Google Trad, c'est moins compliqué à utiliser qu'un fer à souder. A tout seigneur, tout honneur : HomeMade Modern, l'un des grands sites de référence du genre, tenu par le jeune et fringant Benjamin Uyeda. Ensuite, citons aussi Design*Sponge, The Merrythought, Time to DIY ou Instructables du MIT (lire par ailleurs). Enfin, Makezine et surtout Lifehacker qui, malgré leur orientation plus " bricolage techno " que déco, restent une mine de bons conseils pour l'entretien des meubles ou le rattrapage de catastrophes - griffes, coups ou taches de peinture, au choix du maladroit. Impossible de terminer ce bref tour d'horizon sans passer par les omniprésents réseaux sociaux, dont celui officiellement dédié aux créatifs, Behance, ses milliers de portfolios en ligne et ses dizaines de galeries étiquetées DIY, mais aussi une foultitude de comptes Facebook, Instagram et Pinterest toujours plus inspirants. Cherchez, fouillez, explorez à grands coups de hashtags #DIY #homemade, #faitmaison - pour une fois que ces fameux mots-dièses servent à quelque chose, on ne va pas se priver. Engranger les idées, c'est bien, mais les mettre en pratique, c'est parfois une autre paire de manches. Surtout quand les ambitions nécessitent des outils et un certain savoir-faire technique. Bien sûr, on peut se lancer en autodidacte, prendre des cours - parfois collectifs, comme chez Les Débrouillardes, à Namur - ou s'instruire sur des sites et forums de bricolage, mais une autre solution consiste à se tourner vers les FabLabs. Terme issu de la contraction de " fabrication laboratory ", ce concept né au prestigieux Massachusetts Institute of Technology (MIT) repose sur un atelier collaboratif, mettant à la disposition du public une série de machines et d'outils, notamment numériques, destinés à la création. En Belgique, le premier a ouvert à Gand en 2010, mais on en compte aujourd'hui dans toutes les grandes villes du pays. Nous sommes allés en visiter un à Bruxelles, à deux pas de la place Sainte-Catherine : la MicroFactory. Trop attachée à sa totale liberté pour se soumettre à la charte du MIT, elle n'est d'ailleurs pas un FabLab " officiel " bien qu'elle en ait toutes les caractéristiques. Elle utilise néanmoins le terme, devenu générique. Son fondateur, Gilles Pinault, nous a fait faire le tour de ses installations au 9, quai au charbon - avant leur déménagement l'an prochain pour un nouvel endroit " plus grand et plus fou, où l'on pourra devenir la plus intense concentration de créateurs qui se bougent à Bruxelles. " Voici cinq choses retenues de notre visite guidée, dans une ambiance qui sent bon le vernis et la sciure de bois. La MicroFactory est ouverte à tous ceux qui, par hobby ou profession, s'intéressent à la création ou la restauration d'objets. La définition est large, mais c'est précisément le but. Ici se croisent imprimeur-relieur, ébéniste, bricoleur amateur ou geek de l'électronique, qui peuvent, moyennant un petit abonnement pour le loyer, venir profiter des installations, des conseils et de l'ambiance. " Chacun fait ce qu'il veut, comme il le ferait dans son garage, son atelier ou sa cuisine, explique Gilles, mais au lieu d'être tout seul dans son coin à devoir se motiver, tout apprendre par lui-même et accumuler le matériel et les outils, il rejoint d'autres gens qui cherchent des solutions. " Les ateliers partagés sont des établis perso 2.0. Gilles a grandi à la campagne, son père avait " un chouette atelier ", une chose plutôt courante dans la région. " A Bruxelles, s'aménager quelques mètres carrés, c'est difficile et quand on y arrive, les voisins n'apprécient pas vraiment, constate-t-il. Pas mal de gens ont envie de pouvoir travailler dans de bonnes conditions, donc la formule prend particulièrement du sens en ville, même si ça existe aussi ailleurs. " Les utilisateurs de MicroFactory ont des demandes et besoins très divers. Certains viennent dans le cadre de leur activité professionnelle, d'autres pour le plaisir. Des gens qui retapent leurs meubles ou refont leur déco avec un objet " qu'ils s'approprient plus que s'ils l'avaient acheté chez Ikea ". Le partage et la convivialité sont essentiels. Parmi l'imprimante 3D, la découpeuse laser, les machines à bosser la céramique, l'électronique ou le métal, " la pièce essentielle, la plus utile, c'est la grande table autour de laquelle tout le monde se retrouve. Si quelqu'un veut juste un boulot précis, comme par exemple une découpe laser, il existe des services, comme Modell'o Print Shop, qui s'en chargeront très bien. Mais en apprenant soi-même à faire la découpe, on comprend mieux le processus et ça permet plus d'expérimentations. " C'est devenu une question de volonté. Quand on a besoin d'un objet, le réflexe par défaut est de l'acheter. " Pourtant, créer quelque chose ou offrir un cadeau home-made, même pas terrible, c'est bien plus satisfaisant qu'une séance de shopping ", insiste Gilles. Aujourd'hui, on a accès aux outils, à la connaissance, aux conseils, si l'on veut apprendre à usiner du métal, " on n'a qu'à se retrousser les manches. " Si vous n'avez pas l'occasion de vous adonner au DIY, mais que vous appréciez son authenticité, quelques e-boutiques en ligne où vous en procurer... A mi-chemin entre l'action et l'achat, le site Prêt-à-Créer propose trois types de kits : Prêt-à-créer, Prêt-à-customiser ou Prêt-à-rénover, soit un pack comprenant matos détaillé, fiches explicatives et tutos vidéo - une solution facile, pratique et pas chère pour bien débuter. Outre Etsy, inépuisable caverne d'Ali Baba du home-made, on vous recommande un certain nombre de boutiques en ligne, comme A Little Market, petit marché du fait main, ou Vakili, qui soutient les créateurs et finance les microcrédits (attention cependant car, DIY oblige, l'offre varie selon les produits disponibles). Chez nous, allez faire un tour du côté de By Madeleine et Made By Lou, pour y trouver des meubles chinés transformés en pièces uniques, ou encore la Maison bruxelloise, où les trouvailles vintage côtoient du mobilier en petite série. Last but not least, on s'en voudrait de ne pas mentionner Kalbut Dsgn, dont les créations décalées sont souvent irrésistibles - personne ne maîtrise l'upclycling animalier comme ce duo de valeureux Liégeois. PAR MATHIEU NGUYEN