Dans le Hangar 29 du Rijnkaai à Anvers, les étudiants, venus du Japon, d'Allemagne ou de Géorgie, mélangent leurs univers pour présenter une mode historique et ethnique, parfois inspirée de leur pays, mais surtout une mode expérimentale qui repousse les limites du vêtement. En effet, l'habit, comme le corps, est soumis à rude épreuve et doit donc épouser de nouvelles formes. Car plutôt que de valoriser les courbes de la silhouette, il s'agit davantage de prolonger le vêtement et d'en explorer tout le champ des possibles. Dans cet exercice hautement artistique, le corps n'est plus qu'un support. Un support à de superbes costumes historiques (qui vont de la tenue de gladiateur à l'uniforme napoléonien) et à des silh...

Dans le Hangar 29 du Rijnkaai à Anvers, les étudiants, venus du Japon, d'Allemagne ou de Géorgie, mélangent leurs univers pour présenter une mode historique et ethnique, parfois inspirée de leur pays, mais surtout une mode expérimentale qui repousse les limites du vêtement. En effet, l'habit, comme le corps, est soumis à rude épreuve et doit donc épouser de nouvelles formes. Car plutôt que de valoriser les courbes de la silhouette, il s'agit davantage de prolonger le vêtement et d'en explorer tout le champ des possibles. Dans cet exercice hautement artistique, le corps n'est plus qu'un support. Un support à de superbes costumes historiques (qui vont de la tenue de gladiateur à l'uniforme napoléonien) et à des silhouettes folkloriques empruntées au Pérou, à la Mongolie, à la Chine ou encore à la culture berbère... On pourrait comparer ce spectacle, donné à la mi-juin dernier, à une £uvre d'art contemporaine ou à une nature morte révélant, au-delà de la brillante technique des étudiants, une mode asexuée, presque désincarnée. Ludique, cette mode-là, qui est plus en rapport avec l'expression d'un message qu'avec la recherche d'une beauté canonique, joue également avec les codes de l'absurde. On perçoit, à cet égard, l'empreinte de professeurs comme Walter Van Beirendonck par exemple. En quatrième année, c'est davantage la patte minimaliste grunge d'Ann Demeulemeester qui se manifeste chez certains étudiants. Beaucoup de collections se nourrissent aussi ostensiblement de l'univers baroque, excessif et excentrique du duo néerlandais Viktor & Rolf. Parmi tous ces candidats de qualité, certains nous ont séduits par leur humour, leur sens artistique et leurs subtiles références ou encore pour leurs collections masculines complètement inattendues. Appréciation générale : une très belle collection masculine constituée d'imperméables transparents en plastique, de pantalons larges ou bouffants, de vestes d'officier retravaillées. Demna a réussi à donner à sa collection une très belle unité de style. Appréciation générale : on aime cette trouvaille qui consiste à jucher les mannequins sur d'épais morceaux de bois, portés en guise de sabots. Avec cette collection pour l'homme, Johanna fait preuve d'une indéniable originalité, d'un sens aigu de la mise en scène et du costume, mais aussi d'humour et de dérision. Appréciation générale : les femmes d'Arienne sont voilées d'un foulard dont l'imprimé représente une gueule de tigre. Elles portent des pantalons en vinyl noir resserrés en dessous du genou, d'imposantes capes rehaussées de gros colliers, ou des jupes volumineuses au magnifique plissé. On apprécie les références subtiles et humoristiques de sa collection. Appréciation générale : Marion se démarque de ses camarades de classe par son univers très féminin. Ses starlettes prennent la pose et affichent des formes démesurées. Ludique, sa collection fait subir au corps des transformations sans jamais le trahir. Aussi, ses robes et ses costumes de bain aux couleurs toniques nous séduisent pour leur allure " couture ". Appréciation générale : Christopher a le sens du costume. Ses silhouettes, inspirées des princes indiens, lui ont même valu d'être sélectionné, en juillet dernier, au festival international de mode ITS#FOUR de Trieste, en Italie. On aime sa collection toute en dorures. Appréciation générale : shorts bouffants, chemises à jabot fermées d'un n£ud, vestes spencer courtes..., l'univers de Peter Bertsch a des accents " Viktor & Rolfiens ". Un créateur à suivre pour son sens évident de la coupe. Dossier réalisé par Agnès Trémoulet. Photos : Etienne Tordoir n