Tous les bureaux de tendance l'affirment : les hommes éprouvent de moins en moins le besoin de se faire conseiller sur le contenu de leur garde-robe. Il est en effet aujourd'hui admis qu'une parfaite dose de coquetterie, longtemps synonyme de déviance modasse, ne met plus en faillite le capital virilité des gars. On peut être très mec et très soigné à la fois. Sobrement fashionisto. Ni métro ni beauf.
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Tous les bureaux de tendance l'affirment : les hommes éprouvent de moins en moins le besoin de se faire conseiller sur le contenu de leur garde-robe. Il est en effet aujourd'hui admis qu'une parfaite dose de coquetterie, longtemps synonyme de déviance modasse, ne met plus en faillite le capital virilité des gars. On peut être très mec et très soigné à la fois. Sobrement fashionisto. Ni métro ni beauf. À la sortie des défilés masculins qui se sont tenus fin janvier dernier à Milan et à Paris, le phénomène trouve en tout cas écho chez pas mal de créateurs. De saison en saison, ces derniers semblent effectivement faire une confiance aveugle au sens du style de ces messieurs. À la faveur d'une espèce de postmodernisme fashion, une grande partie des marques dessine pour un homme qui a digéré les codes traditionnels du vêtement, possède une suffisante intelligence de l'allure classique pour l'arsouiller sans faute de goût. Preuve brillante délivrée par Véronique Nichanian (Hermès) qui fait entrer les frocs de bikers rue du Faubourg-Saint-Honoré, ou par Tomas Maier (Bottega Veneta) qui, lui, associe le pantalon en cuir au très classique duffle-coat - le manteau de la saison, du reste. Partout, les esthétiques - venues de la rue, du monde du travail, du sport - s'entremêlent joyeusement, se répondent poliment. On trouve aussi beaucoup de pièces transformables, à la fois sophistiquées et fonctionnelles - un adjectif vendeur qui parle toujours au c£ur indéfectiblement pragmatique des fils d'Adam. Au final, une approche ludique et libérée, voire totalement hédoniste du vêtement, qui consacre plus que jamais le plaisir non coupable de s'habiller. Pour vous aider à débroussailler le champ de plus en plus touffu des looks possibles, voici l'essentiel des tendances que nous avons repérées sur les podiums. Faites-en ce que vous en voulez, mixez, inspirez-vous, prenez le contre-pied, inventez, ne vous gênez pas. Vive l'élégance libre. C'est l'été en plein hiver. Pour combattre la dépression saisonnière, les couleurs flash narguent la grisaille et réveillent un vestiaire globalement sombre. L'orange, couleur de l'été 2009, revient en force. Saillies chromatiques chez Giorgio Armani ( photo), D&G, Jil Sander, Louis Vuitton, et même Ann Demeulemeester. Le large n'a pas encore enterré le slim. Mais le concurrence dangereusement. Porter plusieurs tailles au-dessus de la sienne n'est du reste plus considéré comme un faux pas fashion. Chez Prada, ZZegna ( photo), Damir Doma, Kris Van Assche... Pour rencontrer la fibre techno de la génération Smartphone, la matière bien connue des plongeurs fait une percée remarquable. Chez Neil Barrett, Jean Paul Gaultier, Alexis Mabille ( photo)... Le mariage mixte des matières est furieusement tendance l'hiver prochain. Les vêtements se métissent chez Maison Martin Margiela, Kenzo ( photo), Junya Watanabe Man... Le manteau du général Montgomery est la pièce à afficher en rue dès les premiers frimas. Classique ou revisité, le duffle-coat trouve les grâces de Bottega Veneta ( photo), Burberry Prorsum, Paul Smith... Il avait quelque peu déserté les podiums les deux saisons dernières, il fait un come-back fracassant chez Dolce & Gabbana, Roberto Cavalli, Dior, Lanvin ( photo), Salvatore Ferragamo... Inspiration classique, mais particulièrement patente cet hiver chez Dsquared2, Raf Simons ( photo), Marni, Adam Kimmel... Cols amovibles, vestes réversibles, l'homme a été un petit garçon qui aime les belles mécaniques. C'est pareil avec ses fringues. Vu chez Agnès b., Dries Van Noten, Givenchy, Gustavo Lins (photo : cette veste devient un manteau cape en tirant sur le cordon en cuir). Le col châle, le motif écossais, l'esprit collège, les années 70, le marron, le pantalon à fond descendu, le pantalon à pinces, le mouton retourné, le col fourrure. PAR BAUDOUIN GALLER