Le classique en force

Virgil Abloh, le cheval de Troie du streetwear dans le monde du luxe, avait affirmé, il y a quelques semaines, que l'âge d'or du sweat et des sneakers était révolu. Les récents défilés Homme confirment que sa prédiction doit bel et bien être prise au sérieux. Le tournant vers une mode plus formelle est entamé depuis quelques saisons déjà, mais la contagion touche dé...

Virgil Abloh, le cheval de Troie du streetwear dans le monde du luxe, avait affirmé, il y a quelques semaines, que l'âge d'or du sweat et des sneakers était révolu. Les récents défilés Homme confirment que sa prédiction doit bel et bien être prise au sérieux. Le tournant vers une mode plus formelle est entamé depuis quelques saisons déjà, mais la contagion touche désormais les marques jeunes et prescriptrices comme A-Cold-Wall ou Botter qui défilait à Paris pour la première fois. Le retour en force des pièces les plus classiques de la garde-robe masculine arrange plutôt bien les grands noms du luxe comme Louis Vuitton (dont Virgil Abloh est le D.A.), Dior ou Berluti, dont la clientèle a toujours été davantage en demande de vêtements bien coupés et d'accessoires traditionnels que de pièces ultrapointues. Si le costume confirme son come-back, il n'est plus simplement l'uniforme de travail de l'homme urbain mais devient un véritable moyen d'exprimer son identité singulière par le choix de formes - plus fluides - ou de matières partagées avec le vestiaire féminin. Alessandro Michele a célébré ses cinq ans à la tête de Gucci, remettant l'homme au centre après plusieurs saisons de défiles mixtes pendant les Fashion Weeks Femme. L'occasion d'aller encore plus loin dans sa vision d'une masculinité dépouillée des clichés genrés, au travers d'une collection qui fleure bon l'insouciance de l'enfance. Le retour de la formalité ne rime pas nécessairement avec ennui. Dries Van Noten et Rick Owens ont chacun livré leur vision du dandy glam. Le créateur belge s'adresse à celui pour qui s'habiller reste un jeu où tout est permis, y compris l'art de mêler sans complexe le faux (fourrure, bijou...) et le vrai. Avec, dans les deux cas, des pièces qui, une fois débarassées du vernis sexy de défilé, restent tout à fait portables.