" Miroir, mon beau miroir, jure-moi que tu es le plus beau ", dirait sans doute aujourd'hui la méchante reine dans " Blanche-Neige ", le célèbre conte des frères Grimm. L'allure de notre maison nous préoccupe désormais tout autant que notre look perso. Ce qui habille nos murs se doit d'être hors du commun, du jamais- vu pour le moins. Tout en arborant le label qui en jette et le nom du designer qui monte. Car la griffe seule ne suffit plus. Le meuble aussi se veut " couture ", totalement...

" Miroir, mon beau miroir, jure-moi que tu es le plus beau ", dirait sans doute aujourd'hui la méchante reine dans " Blanche-Neige ", le célèbre conte des frères Grimm. L'allure de notre maison nous préoccupe désormais tout autant que notre look perso. Ce qui habille nos murs se doit d'être hors du commun, du jamais- vu pour le moins. Tout en arborant le label qui en jette et le nom du designer qui monte. Car la griffe seule ne suffit plus. Le meuble aussi se veut " couture ", totalement à notre mesure. Séries limitées, éditions originales et prototypes s'arrachent à prix d'or dans les galeries d'art. La chaise longue Lockheed Lounge de Marc Newson a trouvé acquéreur lors d'une vente aux enchères chez Christie's pour 968 000 dollars (environ 732 000 euros). Un record absolu qui donne le tournis aux jeunes créateurs cotés sur cet " arty market " en pleine ébullition. Et bouscule les règles d'une industrie du design censée produire en grande quantité des " objets manufacturés industriellement " (1). " De plus en plus de gens réclament des objets uniques, reconnaît Jaime Hayon, la star montante du design qui a vu sa " valeur marchande " décuplée en quelques années ( lire pages 14 à 17). Les entreprises du secteur ne peuvent pas y rester insensibles. C'est un marché en pleine expansion, une nouvelle manière de faire du business. " Oubliée donc, la chaise produite en série. Nous sommes entrés dans l'ère de la customisation massive. " Lorsque je crée, je ne propose pas une solution, mais une manière de voir la chose, ajoute le jeune Espagnol de 32 ans. J'aime imaginer des collections qui s'améliorent avec le temps, qui se complètent pour devenir un style à part entière. " L'acheteur est libre d'y faire son marché, d'adopter le total look Hayon ou de se contenter de commander les pièces les plus raisonnables, de quoi donner une petite " Jaime touch " à son intérieur. " Jaime est en train de faire d'Hayon une véritable marque de fabrique, synonyme de style et de détermination, assure le designer espagnol Ramon Ubeda (2). L'entreprise qui lui demande de travailler pour elle est sûre de sortir de l'anonymat. " Tout comme celui qui accrochera chez lui cette incroyable plaque d'acier aux contours baroques ciselés au laser. Un miroir qui saura se faire remarquer... (1) In " Phaidon Design Classics ", Phaidon. (2) In " Jaime Hayon Backstage ", design et production par Jane Darroch Riley et Nienke Klunder, Gramagraf. Isabelle Willot