Et c'est parti : le compte à rebours des jeux Olympiques de l'été prochain a commencé ! À présent que l'agitation entourant le mariage de William et Kate est retombée, Londres met en effet les bouchées doubles pour préparer son prochain événement planétaire : aux confins orientaux de la capitale britannique, le village olympique se construit, la piscine est creusée et le stade déploie déjà son tapis d'herbe... Et, si le recrutement des porteurs de la flamme olympique est encore en cours, les premières boutiques de souvenirs estampillés " London 2012 " ont d'ores et déjà ouvert leurs portes.
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Et c'est parti : le compte à rebours des jeux Olympiques de l'été prochain a commencé ! À présent que l'agitation entourant le mariage de William et Kate est retombée, Londres met en effet les bouchées doubles pour préparer son prochain événement planétaire : aux confins orientaux de la capitale britannique, le village olympique se construit, la piscine est creusée et le stade déploie déjà son tapis d'herbe... Et, si le recrutement des porteurs de la flamme olympique est encore en cours, les premières boutiques de souvenirs estampillés " London 2012 " ont d'ores et déjà ouvert leurs portes. Pendant ce temps, dans le centre-ville, hommes et femmes-sandwich s'activent pour promouvoir des sites Internet comme rentduringthegames.com, qui promettent une jolie somme aux personnes disposées à sous-louer une chambre ou un appartement durant les jeux : environ 2 000 livres (quelque 2 275 euros) par semaine ! Les cyniques, eux, ne manqueront pas de voir dans l'événement un nouvel exemple de dépenses effrénées. D'autres, pour leur part, espèrent que Londres suivra l'exemple de Barcelone où, aujourd'hui encore, la réhabilitation d'une série de quartiers et d'infrastructures en marge des JO de 1992 profite à nombre de Catalans. Mais dans l'East End londonien, la population locale - un mélange de jeunes créatifs et d'immigrés - s'interroge : la déferlante de spectateurs et l'attention médiatique seront-elles une bénédiction ou une plaie ? Les loyers ne risquent-ils pas de flamber ? Pour l'heure, le sentiment dominant reste toutefois l'optimisme. Le réseau de bus et de métros a déjà été sensiblement développé, notamment avec l'East London Line. Le terme recouvre en réalité plusieurs nouvelles lignes, notamment l'Overground, qui circule principalement en surface. Cette Ginger Line (en référence à la couleur orange qui lui a été attribuée sur les plans du réseau) tire toutefois son surnom le plus emblématique - Hipster Express - de ses jeunes usagers, jambes de pantalon retournées, lunettes de nerds et arsenal de gadgets Apple en poche ! Cette ligne dessert en effet le c£ur du quartier hipster - Dalston, Hackney et Shoreditch -, celui où les tendances de demain se décident dans d'obscures galeries d'art et des jardins suspendus sacrément réussis. Pour ceux qui auraient plus de 35 ans et ignoreraient tout de la culture hipster : jetez un coup d'£il sur www.wikihow.com/Be-a-Hipster, et notez qu'en être, c'est surtout une attitude... Oyster Card en poche (32 livres - quelque 36 euros pour la semaine), nous sommes partis à la découverte de la nouvelle ligne et de ses sites incontournables. Le quartier de Hackney Wick est certes encore une friche industrielle, mais c'est justement cette atmosphère qui attire les jeunes artistes et entrepreneurs. Nous nous aventurons dans la Schwartz Gallery (92, White Post Lane), dont le curateur, Patrick, a l'air de ne plus avoir vu le soleil depuis un bon moment. À quelques pas, dans une artère latérale, s'affichent les premiers signes du renouveau : le bar The Hackney Pearl (lire aussi en pages 16 à 24) ouvert l'an dernier - impeccable couronne de mousse sur le café, public de jeunes scénaristes qui pianotent sur leur laptop, excellent toast à l'houmous - et la galerie d'art See Studio, qui propose actuellement une exposition sur la construction du site olympique vue depuis un hélicoptère. Quelques rues désertes plus loin, le long du canal, nous découvrons une adresse bien cachée mais qui offre une vue spectaculaire sur le stade olympique : The Counter Café, un bar lumineux sur deux étages, inauguré tout récemment. L'endroit idéal pour passer l'après-midi à travailler à votre prochain scénario sur votre Macbook ou discuter avec des photographes ou créateurs de mode, le tout arrosé de litres de café au lait de soja. Le même bâtiment abrite également Stour Space (1.), une galerie publique ouverte aux artistes et entrepreneurs locaux et qui se concentre sur la renaissance du quartier. Vous voulez voir le chantier olympique de plus près ? Longez la voie rapide vers le sud, de l'autre côté du chemin de fer, pendant un petit quart d'heure. Le site accueille tous les jours des visites guidées. Pour plus d'informations sur le parcours, rendez-vous sur www.theviewtube.co.uk. À retenir pour l'été : le Hackney WickED Art Festival, du 29 au 31 juillet prochain. Un des rares arrêts de l'Overground antérieurs aux récents travaux, Hackney Central n'en est pas moins une excellente étape sur le trajet du Hipster Express, grâce à Wilton Way et ses bars, cakeshops et salons de coiffure à la dernière mode. Commencez par descendre Mare Street, tournez à droite dans Wilton Way et continuez sur une centaine de mètres, jusqu'après le pont. C'est ici que ça se passe - mais attention, vous auriez vite fait de rater l'endroit ! Au n° 63, Toppers vous offre actuellement 20 % de réduction : tout nouveau, le salon de coiffure vient à peine d'installer l'électricité. Tout à côté, Wilton Way Café (3.) propose une carte entièrement bio et un petit déjeuner à 3,8 livres à peine (quelque 4,3 euros) et accueille chaque semaine des enregistrements pour la London Fields Radio. Dans un bâtiment voisin, Maurizio - " J'en avais marre de l'Italie " - exploite la boutique vintage The Other Side of the Pillow. Son best-seller : d'authentiques baskets du siècle passé, jamais portées. Faites étape pour une bière au Spurstowe Arms et, surtout, ne manquez pas la pâtisserie Violet (2.), ouverte l'an dernier. Vous aurez peut-être la chance d'y croiser Jamie Oliver, véritable fan des cupcakes et muffins que Claire Ptak venait déjà vendre autrefois au marché du samedi sur Broadway Market, à un jet de pierre d'ici... Lorsque nous poussons la porte, Marie-Anne, la vendeuse, et Sam, la pâtissière, préparent justement les produits destinés au marché. Ne repartez pas sans une boîte de whoopie pies, les successeurs des cupcakes (en bien meilleur) : deux tendres biscuits ronds fourrés d'une crème onctueuse. Un vrai délice ! Il manque encore à Wilton Way quelques librairies et boutiques de mode, mais pas de panique : traversez le parc de London Fields, direction Broadway Market. Sorte de Wilton Way avant la lettre, l'artère voit elle aussi passer son compte de hipsters, particulièrement lors du marché du samedi. Dénichez une place à la fenêtre d'un des innombrables pubs et profitez du spectacle en dégustant votre haloumiburger acheté au marché. " L'herbe est toujours plus verte sur le toit " - et dans le cas du Dalston Roof Park (4.), ce n'est pas un vain mot. À deux pas de la station de métro Dalston Junction, The Bootstrap Company, véritable promoteur de la vie communautaire et artistique locale, a investi les locaux d'une ancienne fabrique de peinture sur Ashwin Street. Sa terrasse, tout là-haut, n'est ouverte au public que depuis peu. Bravo pour l'ambiance : margaritas glacées, table de mixage, jardinières plantées de fines herbes et fumet de barbecue sur fond de coucher de soleil... sans oublier un programme estival de spectacles et de concerts. Gageons que d'ici à quelques semaines, on fera la file à l'entrée ! Enfin, vous pourrez toujours vous rabattre sur les voisins du Café Oto pour un concert, ou sur le célèbre Arcola Theatre, deux maisons plus loin. Dalston est aussi l'arrêt par excellence pour les oiseaux de nuit. Pour vous caler l'estomac, passez au Dalston Superstore (117, Kingsland High Street). La spécialité : les burgers du chef Magnus. Ensuite, redescendez tranquillement Kingsland Road. Juste avant le pont, tournez à droite et prenez le temps de flâner le long du Regent's Canal. À dix minutes de Broadway Market, c'est l'endroit idéal pour oublier un instant le tumulte de la ville, à bord d'un kayak (5.) ou sur la terrasse du Towpath Café (6.) - le secret le mieux gardé des environs : " Nous n'avons ni site Internet ni numéro de téléphone... nous aimons nous nimber de mystère. " Au menu : tapas, glaces maison, guitares et dîners privés. Les heures d'ouverture, rien que pour vous : mardi et mercredi de 8 à 17 heures, jeudi à dimanche de 9 heures au crépuscule. Tout comme les deux arrêts précédents, Hoxton se situe sur Kingsland Road, l'une des plus anciennes rues de Grande-Bretagne. Un peu plus loin dans Dalston, elle change de nom pour devenir la Kingsland High Street... mais sans, hélas, devenir plus soignée pour autant : vous trouverez surtout ici une interminable rangée de restos vietnamiens, d'épiceries et de boutiques caritatives. Les ruelles transversales, elles, servent régulièrement de décor aux shootings de mode des magazines locaux. Très populaire en été avec son carré de pelouse, Hoxton Square accueille également la fameuse galerie d'art White Cube et, un peu partout dans les alentours, une ribambelle de restos et de pubs, notamment le Hoxton Square Bar and Kitchen (aussi salle de concert). Ignorez le narcissisme ambiant, vous êtes à downtown Shoreditch... L'endroit le plus calme est sans doute la Hackney City Farm, sur Goldsmith Row : un pain artisanal ou un cours sur la sauvegarde des abeilles ? Vous êtes à la bonne adresse ! Enfin, descendez à Hoxton pour une promenade dominicale à travers les trois grands marchés branchés. Commencez, de bon matin, par Columbia Road et son marché aux fleurs (7.), avant d'enchaîner sur Brick Lane(lire aussi en pages 26 à 29) pour ses animations, ses disquaires et ses lunettes de soleil funky. Tout au bout de Brick Lane, c'est reparti pour un tour avec Spitalfields Market, qui accueille depuis plusieurs décennies de petits créateurs indépendants. Un dimanche riche en nouveaux achats, qui susciteront certainement quelques commentaires sur le ton du " c'est quoi ce déguisement ? " une fois rentré au pays... Commencez par un petit déjeuner au Albion (granola home made, un régal !). Le bâtiment possède un resto (sur le toit) et plusieurs chambres. En attendant, pour le soir, réservez un peu plus loin, au très excentrique Les Trois Garçons - bistro français ultrachic aux tables flanquées d'animaux empaillés et surmontées de lustres - et passez le reste de la journée à écumer galeries d'art, magasins vintage, pop-up stores et boutiques de design. Il y en a pour tous les goûts : mode masculine chez Hostem (Ann Demeulemeester, entre autres), poêles et casseroles pour les adeptes du fooding chez Labour and Wait... Et s'il pleut, faites-vous une toile alternative dans le complexe Aubin & Wills (lire aussi en pages 16 à 24). Au bout de Redchurch Street, vous retomberez dans Brick Lane. Signalons encore que nombre de galeries et musées de l'East End restent ouverts jusque tard dans la soirée le premier jeudi du mois. Vous ne frôlez pas encore l'overdose de culture hipster ? Terminons sur une note plus calme avec Calvert Avenue, la parallèle verte de Redchurch Street : vous y trouverez la créatrice de bijoux londonienne Mawi, Luna & Curious (articles faits main exclusivement, des tasses à thé aux bougies) (10.) et Ally Capellino, une institution depuis plus de trente ans pour les sacs à dos et accessoires en cuir ou en tissu (M/F). Un dernier soy latte ? Au café Leila's Shop, avec ses petits pains maison et ses raviers de beurre sur les tables. PAR ELKE LAHOUSSE / PHOTOS : OPHELIA WYNNE