Si l'on considérait le parfum comme un tableau, l'extrait serait l'original et les eaux dérivées (Eau de parfum ou Eau de toilette), des lithographies. Car l'extrait a vraiment une autre dimension, de par le choix de ses matières premières, sa concentration, sa formulation et sa magie. En matière de composition, les règles académiques veulent qu'une fragrance se développe en trois temps. Le départ ou note de tête est la première impression olfactive perçue. Ce premier acte est volatil donc fugace. Le c£ur du parfum se développe après quelques minut...

Si l'on considérait le parfum comme un tableau, l'extrait serait l'original et les eaux dérivées (Eau de parfum ou Eau de toilette), des lithographies. Car l'extrait a vraiment une autre dimension, de par le choix de ses matières premières, sa concentration, sa formulation et sa magie. En matière de composition, les règles académiques veulent qu'une fragrance se développe en trois temps. Le départ ou note de tête est la première impression olfactive perçue. Ce premier acte est volatil donc fugace. Le c£ur du parfum se développe après quelques minutes et affirme son caractère. Le fond, dernier acte, est l'âme du parfum, ce qui persiste après évaporation des notes de tête et de c£ur. Ce sont ces accords, appelés le sillage, qui marquent la peau et les mémoires. Le sillage n'est pas nécessairement fort, il possède surtout du volume et de la présence. Dans l'extrait, les matières premières sont orchestrées de façon à avoir beaucoup de notes de c£ur et, surtout, de fond. Ce qui explique que l'extrait donne un parfumage tenace et intime. Dans le cas d'une eau de toilette, les notes de tête vont être poussées au maximum (50 % du concentré ou de produits parfumants, 30 % pour le c£ur et 20 % pour le fond). Pour un extrait, c'est exactement le contraire. Fortement concentré, ce dernier s'utilise au compte-gouttes : une touche derrière les oreilles, au creux des coudes, sur l'envers des poignets et au creux des seins, qui sont les points stratégiques classiques. N° 5 de Chanel (1). Créé en 1921, il reste le N° 1 de l'éternel féminin. Son " bouquet abstrait " (rose de mai, jasmin de Grasse, ylang-ylang des Comores, néroli, aldéhydes) a été une révolution dans la parfumerie à l'instar de celle de l'art abstrait dans la peinture. Le Parfum des Merveilles d'Hermès (2). Version extrait, il se dévoile dans une exubérance d'accords feutrés de patchouli, d'ambre gris, de résines du Siam et de baumes du Pérou, et s'épanouit dans une goutte de cristal clair, signée Saint-Louis. L'Extrait Perles de Lalique (3). Ce pur fantasme olfactif réunit dans le même bouquet la rose bulgare, le poivre noir Bourbon, l'iris et le patchouli d'Indonésie. Il se loge dans une boule de cristal opale, coiffée de plumes noires. Alien de Thierry Mugler (4). Elixir d'ailleurs, il caresse la peau du vibrant sillage ambré-boisé-fleurs de soleil. Il se niche dans un écrin facetté, comme ciselé dans la pierre brute. Angel de Thierry Mugler (5). Dans son flacon-étoile sculpté dans le bleu profond de la nuit, il séduit toujours autant avec ses incomparables notes de bonbons, de chocolat, de vanille et de caramel. L' Air du Temps de Nina Ricci (6). Pour Noël, son incontournable effet £illet se glisse dans un nouveau flacon précieux en cristal de Lalique. Barbara Witkowska