Quand quelqu'un vous parle de sa bonne étoile, on se représente rarement la chose. Sauf quand c'est Xavier Mairesse qui vous parle. Tout de suite on imagine l'avatar flottant au-dessus de son 1,85 m, créé sur logiciel par THX, la firme d'effets spéciaux de George Lucas. Peut-être parce que le réalisateur belge de pub vous emmène instantanément dans le cinéma de genre qu'il affectionne, celui de Spielberg et de Tim Burton. Sa filmo aligne péplums, thrillers, SF et même des comédies françaises. Il arrive que ses clients tout-puissants (Vivendi, Mercedes, Coca-Cola...), le choisissent lui au détriment de figures aussi balèzes que Terry Gilliam, le metteur en scène culte de Brazil. Non pour des raisons d'économie de salaire - les tarifs du Belge se négoci...

Quand quelqu'un vous parle de sa bonne étoile, on se représente rarement la chose. Sauf quand c'est Xavier Mairesse qui vous parle. Tout de suite on imagine l'avatar flottant au-dessus de son 1,85 m, créé sur logiciel par THX, la firme d'effets spéciaux de George Lucas. Peut-être parce que le réalisateur belge de pub vous emmène instantanément dans le cinéma de genre qu'il affectionne, celui de Spielberg et de Tim Burton. Sa filmo aligne péplums, thrillers, SF et même des comédies françaises. Il arrive que ses clients tout-puissants (Vivendi, Mercedes, Coca-Cola...), le choisissent lui au détriment de figures aussi balèzes que Terry Gilliam, le metteur en scène culte de Brazil. Non pour des raisons d'économie de salaire - les tarifs du Belge se négocient autour de 17 000 euros par jour - mais pour son sens pointu de la mise en scène. Il est aussi l'un des seuls " directors " à pouvoir exiger que l'on réécrive les trois quarts d'un scénario ou à obtenir de l'Elysée que l'on bloque le périphérique parisien pour le tournage d'un spot Renault. De son parcours sans fautes, le Wallon dit, modestement, qu'il le doit à sa bonne étoile. Celle qui au sortir de l'Ihecs, l'Institut des Hautes Etudes des Communications sociales, à Bruxelles, lui font rencontrer au Festival du film de Namur la femme du réalisateur canadien Denys Arcand. Par boutade, il lui confie qu'il serait prêt à partir au Québec dans l'heure pour dénicher un poste de 34e régisseur stagiaire. Elle le prend au mot. Trois semaines après, Xavier Mairesse débarque à Montréal avec ses boots mais " se retrouve à pelleter la neige pendant trois mois ". Dépité, à deux doigts de renoncer, il se retrouve petite main sur La Veuve de Saint-Pierre, le film de Patrice Leconte avec Juliette Binoche et Daniel Auteuil. Son sens relationnel, sa détermination, son sens de l'adaptation - et sa bonne étoile - s'avèrent précieux. Il rencontre David Webb, premier assistant sur les James Bond qui lui apprend " à ne jamais se prendre la tête ". " Le cinéma a tendance à développer des ego monstrueux, il faut garder la tête froide, rester poli et faire son boulot. Quand vous êtes à la tête d'une pub qui coûte 500 000 euros par jour de tournage, le minimum, c'est de donner le maximum. " A 25 ans, l'expatrié autodidacte devient troisième puis deuxième assistant sur des films américano-canadiens de poids où il côtoie John Travolta et Bruce Willis avant de rentrer en Belgique " pour des raisons personnelles ". Revenu à la case départ mais armé d'un CV en béton, il lui faudra moins d'un an pour réaliser ses premières pubs - l'une pour Dexia, l'autre pour le magazine Humo - qui lui vaudront immédiatement deux récompenses suprêmes au Festival international du film publicitaire, le fameux Cannes Lions. Pour le jeune lauréat de la compétition cannoise c'est la porte ouverte à l'international. Aujourd'hui, il joue dans la cour des grands, en contrat chez Wanda, l'une des " big five " des maisons de production françaises, gagne plus d'un million d'euros par an et a été contacté par le gouvernement Obama pour diriger un spot sur les droits civiques des Noirs américains. A 36 ans et bientôt dix ans de carrière - " un exploit dans la profession " -, Xavier Mairesse parcourt le monde dix mois sur douze pour offrir du rêve au format 16/9. Il aimerait pourtant poser ses bagages dans son pied-à-terre, une grande ferme qu'il a aménagée dans le Brabant wallon, pour se consacrer à son rêve à lui : " J'ai commencé l'écriture d'un long-métrage mais c'est un exercice lent, complexe. Pourtant j'en suis convaincu, dans moins de trois ans ce projet aura vu le jour sur les écrans. " Il en va aussi de l'avenir des futures générations Mairesse. " J'ai très envie de fonder une famille avec plein d'enfantsà mais après mon film. "Antoine Moreno " J'ai très envie de fonder une famille avec plein d'enfantsà mais après mon film. "