À pied ou à vélo, que ce soit pour des raisons écologiques, économiques ou plus prosaïquement pour notre bien-être, on n'a jamais été autant encouragé à bouger. Et pourtant, aujourd'hui, un Belge sur deux est en surpoids. Fallait-il, dès lors, mettre en oeuvre une politique interventionniste, comme ce fut le cas au Danemark entre 2011 et 2013, et parier sur la dissuasion en augmentant le prix des denrées grasses et sucrées ? L'idée avait fait l'objet de plusieurs études, dont une menée par l'université de Gand en...

À pied ou à vélo, que ce soit pour des raisons écologiques, économiques ou plus prosaïquement pour notre bien-être, on n'a jamais été autant encouragé à bouger. Et pourtant, aujourd'hui, un Belge sur deux est en surpoids. Fallait-il, dès lors, mettre en oeuvre une politique interventionniste, comme ce fut le cas au Danemark entre 2011 et 2013, et parier sur la dissuasion en augmentant le prix des denrées grasses et sucrées ? L'idée avait fait l'objet de plusieurs études, dont une menée par l'université de Gand en 2014, lorsque le gouvernement a décidé d'adopter la mesure l'an dernier. Selon les chercheurs flamands, une taxe de 10 % sur les limonades et les collations trop riches aurait un effet dissuasif, avec à la clé une diminution de l'indice de masse corporel (IMC). Or, une réduction de 0,5 unité, soit à peine un demi-kilo pour une femme de 1,70 m et 2 kilos pour un homme de 1,85 m, est déjà significative en termes de maladies liées à la surcharge pondérale. Le risque de diabète, notamment, chute de 8 % à chaque fois que l'IMC baisse de 0,6. Ce qu'il faudra juger, à long terme, c'est si les 10 cents supplémentaires par canette ont eu un impact significatif sur nos habitudes... Donc s'il fallait nécessairement en passer par une loi pour inviter nos concitoyens à consommer plus sain, plutôt que miser sur l'éducation au goût dans les écoles, par exemple. Et les beaux jours sont le moment parfait pour se lancer dans cette approche différente et savoureuse. Fruits frais ou légumes gorgés de soleil sont l'occasion rêvée pour se mettre au " fait maison " et remplacer avantageusement le tout prêt, même estampillé " bon pour la santé ". Car " la préoccupation d'une alimentation plus saine a été récupérée comme argument marketing par les vendeurs de boissons sucrées, explique Marie Laforêt, spécialiste de la cuisine végétale. Preuve en est, ces nouveaux sodas aux extraits de plantes ou sucrés à la stévia " ou bourrés d'additifs, certains possiblement cancérigènes. Quant à la promesse détox, elle vise davantage à faire écho à cette obsession de la propreté qui laisse entendre que nos organes devraient être décrassés de l'intérieur, façon grand nettoyage de printemps. Un leurre, là aussi, puisqu'il suffit d'être bienveillant au quotidien avec notre corps pour qu'il nous le rende au centuple. Vous reprendrez bien un peu de ce green shake à la banane et aux épinards ? Retrouvez chaque vendredi Delphine Kindermans dans l'émission Pop & Snob de Fanny Guéret sur www.rtbf.be/auvio et sur Pure FM à 15 h 30.DELPHINE KINDERMANSAujourd'hui, un Belge sur deux est en surpoids.