A la fin des années 90, Olivier Van Parys et Bieke Wildemeersch, tous deux jeunes diplômés de l'école d'architecture du paysage de Melle (Gand), se mettent en quête d'une propriété à acquérir. Dressant la liste de leurs besoins et souhaits, ils cherchent la perle rare. La maison doit à la fois offrir un lieu de vie confortable et suffisamment spacieux pour loger une famille qui compte aujourd'hui trois enfants, et pouvoir héberger les activités professionnelles respectives de Bieke et Olivier : le bureau d'architecte paysagiste pour la première et l'entreprise de création et d'entretien de parcs et jardins pour le second. Ils dénichent finalement le bien qui leur convient dans le village de Hennuyères, dans le Hainaut. Il s'agit d'une ancienne ferme en quadrilatère, appelée ferme du Flament et dont la plus vieille partie porte gravé le millésime 1772, date de sa construction. Qui dit ancienne ferme dit espaces et volumes. A l'intérieur du carré, on trouve entre autres des granges et hangars qui permettent d'abriter le matériel lourd de l'entreprise. Quant aux étables, elles sont profondément rénovées et transformées en bureaux. Outre l'ensemble bâti, le couple acquiert également les prairies jouxtant la bâtisse afin de les transformer en un jardin où exprimer son style.
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A la fin des années 90, Olivier Van Parys et Bieke Wildemeersch, tous deux jeunes diplômés de l'école d'architecture du paysage de Melle (Gand), se mettent en quête d'une propriété à acquérir. Dressant la liste de leurs besoins et souhaits, ils cherchent la perle rare. La maison doit à la fois offrir un lieu de vie confortable et suffisamment spacieux pour loger une famille qui compte aujourd'hui trois enfants, et pouvoir héberger les activités professionnelles respectives de Bieke et Olivier : le bureau d'architecte paysagiste pour la première et l'entreprise de création et d'entretien de parcs et jardins pour le second. Ils dénichent finalement le bien qui leur convient dans le village de Hennuyères, dans le Hainaut. Il s'agit d'une ancienne ferme en quadrilatère, appelée ferme du Flament et dont la plus vieille partie porte gravé le millésime 1772, date de sa construction. Qui dit ancienne ferme dit espaces et volumes. A l'intérieur du carré, on trouve entre autres des granges et hangars qui permettent d'abriter le matériel lourd de l'entreprise. Quant aux étables, elles sont profondément rénovées et transformées en bureaux. Outre l'ensemble bâti, le couple acquiert également les prairies jouxtant la bâtisse afin de les transformer en un jardin où exprimer son style. Dessiné par Bieke et réalisé par Olivier, il est aujourd'hui arrivé à maturité. Il comprend deux parties, la cour intérieure et les prés, qui ont été abordés de manière très différente. La première est traversée par un grand bassin aquatique, creusé dans un canal en béton de 12,50 mètres de longueur. En son point le plus élevé, il atteint un mètre de hauteur pour un mètre de largeur. Il est bordé d'une haie de hêtre taillée au cordeau pour tracer un parallélépipède de même volume. " C'est elle qui constitue l'axe, la colonne vertébrale du jardin tout entier, explique Bieke Wildemeersch. Ce bloc végétal se répète en effet pour former une ligne discontinue qui se poursuit vers la campagne. Il donne des points de repère. " Pour ce faire, la paysagiste a pratiqué une large ouverture dans un des côtés du quadrilatère formé par le logement et les bâtiments de la ferme, de sorte à créer une continuité entre l'intérieur et l'extérieur de la cour. Au-delà des deux éléments forts architecturaux - le canal avec ses fontaines et la haie -, la cour a été imaginée comme un espace de détente. Sous un chêne vert, implanté dans une grande terrasse en bois, trône une table. Mais la véritable salle à manger d'extérieur se trouve sous le porche constitué par l'ouverture. Elle fait face à un équipement de cuisine qui permet des grillades. " Le sol de la cour était en légère pente ascendante. Cette déclivité se poursuit d'ailleurs sur une grande partie de notre terrain, explique la propriétaire. Plus on s'éloigne de la maison, plus le niveau du sol est élevé. Nous en avons profité pour concevoir une sorte de plateau rehaussé d'environ 50 cm. C'est là que se trouve la terrasse. " " Dans le jardin, poursuit Olivier, la pente se prolonge, elle est naturellement douce et s'inscrit dans la perspective. Nous avons d'ailleurs remodelé légèrement les courbes d'origine de manière imperceptible. " Bieke Wildemeersch emploie volontiers trois qualificatifs pour décrire son travail : la simplicité, la sobriété et le minimalisme, en ajoutant que ce dernier doit être chaleureux. En observant le jardin, son plan paraît simple en effet, comme si on n'avait touché à rien. " Mais c'est tout le contraire, explique Olivier Van Parys. Nous sommes intervenus pour accentuer certaines courbes, pour loger la piscine à épuration naturelle dans un creux, ce qui lui confère une sorte d'encadrement. " Pour la sobriété, les deux paysagistes ont limité la variété des plantes et des arbres solitaires. Ici et là ont été plantés des massifs de graminées plus hautes, la Molinia heidebraut, et quelques vivaces dont deux dans des camaïeux de bleus, Verbena bonariensis et Phacelia tanacetifolia, cette dernière espèce étant réputée pour améliorer la structure des sols en profondeur. Quant au minimalisme chaleureux, il se trouve entre autres dans l'équipement du jardin. La petite pool house constitue à elle seule une intervention remarquable, tant dans sa ligne que dans sa taille réduite. Les jeux d'enfants placés dans de grands encadrements noirs dessinés par Bieke Wildemeersch offrent eux aussi de belles lignes claires sur l'horizon. " Nous réalisons souvent des piscines naturelles, explique Olivier Van Parys. Je me charge de la construction et du gros oeuvre. Mais je confie la réalisation à l'un des plus grands spécialistes belges en la matière : Lode Bourez. C'est lui qui applique le "liner", effectue la mise en route et la plantation des végétaux qui vont assurer l'épuration et la filtration. Il place également l'éventuelle pompe à chaleur. " Pour son épouse, le choix de ce genre de piscine dont l'eau est naturellement épurée par des plantes et la microfaune qu'elles abritent s'imposait : " Tout d'abord, une telle piscine participe au paysage de manière permanente, comme s'il s'agissait d'un étang, alors qu'une piscine plus traditionnelle est souvent couverte pour éviter de devoir trop régulièrement la nettoyer. Par le choix du liner noir, la piscine s'inscrit harmonieusement dans l'environnement. On ne se trouve pas face à une grande tache bleue ou blanche au milieu des prés et des champs. Quand on s'en approche, même sans l'utiliser, elle offre toutes les variations d'un miroir de 20 mètres de longueur sur 3,50 mètres de largeur. Le soir, on peut l'éclairer, comme d'autres endroits du jardin que l'on veut souligner. Enfin, il est tellement plus agréable de nager dans cette eau qui fait penser à la pureté de celle des lacs de montagne. La pompe à chaleur, que nous actionnons en cas de besoin seulement, permet de l'utiliser d'avril à octobre et d'atteindre une température de l'eau de 27 °C. " En rentrant du jardin, qui se mêle donc aux prairies et champs qui l'entourent, on repasse par la maison que la paysagiste a aménagée avec l'aide de l'architecte d'intérieur Sophie Demeester. Au rez-de-chaussée, deux entités se correspondent : deux grandes pièces côté rue séparées par le traditionnel hall d'entrée et, à l'arrière, connecté avec le jardin, un ensemble composé de la salle à manger et de la cuisine. Cette dernière développe le concept contemporain d'un îlot central en briques peintes en blanc et couvertes d'un plan de travail épais en béton de couleur anthracite, teinté dans la masse. C'est le même matériau qu'on retrouve au sol de la salle à manger. Celle-ci est entièrement occupée par une longue table massive en palissandre, placée dans l'axe d'une ancienne cheminée à feu ouvert. A l'autre extrémité, le meuble, éclairé par deux lampes Fluoro signées Tom Dixon, donne sur un bloc blanc qui sert à la fois de séparation et de passe-plats. " Pour les pièces qui se trouvent en façade, confie Bieke Wildemeersch, nous avons touché le moins possible à la structure de la maison en préservant ce qui fait son histoire : le hall d'entrée, les carrelages en ciment, les cheminées des grandes pièces, les armoires murales et leurs portes en chêne. Nous avons d'ailleurs fait décaper les boiseries pour revenir à la beauté du bois brut. " Dans le living, un poêle en céramique de type scandinave attire le regard. Il a été réalisé sur mesure par Christian Van Parys, un céramiste de Chaumont-Gistoux. L'étage, réservé aux chambres, a été dessiné par Sophie Demeester dans les volumes d'un ancien grenier à foin. A nouveau, on y retrouve le minimalisme chaleureux cher à Bieke Wildemeersch, les poutres ouvragées de la charpente se détachant sur les cloisons en bois peintes en blanc. C'est aussi elle qui a conçu l'aménagement et l'ameublement des bureaux installés dans les anciennes étables, d'où l'on jouit d'une très jolie vue sur le jardin, théâtralisée par une longue fenêtre panoramique. Bieke Wildemeersch et Olivier Van Parys, www.lineahortus.be PAR JEAN-PIERRE GABRIEL