Tim Cook, le boss d'Apple, et Greg Jones, le responsable AR et VR de Google, martelaient l'an dernier que la réalité virtuelle (VR) et la réalité augmentée (AR) bouleverseraient le monde de la mode, du design et de la vente en ligne. Superposant des objets digitaux dans notre vie quotidienne, cette dernière technologie semble toutefois promise à un plus bel avenir que les immersions à 360 degrés de la première. N'en déplaise à Vera Bradley ou à Swarovski, qui ouvraient en 2017 des magasins se parcourant avec ...

Tim Cook, le boss d'Apple, et Greg Jones, le responsable AR et VR de Google, martelaient l'an dernier que la réalité virtuelle (VR) et la réalité augmentée (AR) bouleverseraient le monde de la mode, du design et de la vente en ligne. Superposant des objets digitaux dans notre vie quotidienne, cette dernière technologie semble toutefois promise à un plus bel avenir que les immersions à 360 degrés de la première. N'en déplaise à Vera Bradley ou à Swarovski, qui ouvraient en 2017 des magasins se parcourant avec un casque vissé sur la tête, la réalité virtuelle peine en effet à décoller. Les PlayStation VR de Sony, Vive de HTC et Rift d'Oculus (Facebook) étaient, certes, promis à des lendemains qui chantent. Mais après une année dans les étals, les consommateurs boudent ces accessoires. L'inconfort - ces câbles ! - et les tarifs souvent prohibitifs reviennent parmi les griefs. Appâtées par l'effet d'annonce il y a quelques années, les expériences VR de Gap, Tommy Hilfiger ou Dior n'intéressent donc plus grand monde. Du côté augmenté de la réalité, par contre, la machine s'emballe. Après Ikea, une foule de vendeurs de mobiliers online (Anthropologie, Wayfair, Houzz, Overstock...) l'a ainsi adoptée, en 2017, aux Etats-Unis. Choisir un canapé sur une appli et pointer son smartphone pour le voir apparaître en surimpression dans son salon devient banal. Le secteur des cosmétiques devrait également s'enflammer l'an prochain. L'Oréal, Sephora, Charlotte Tilbury et Rimmel proposaient ainsi il y a quelques mois des applis utilisant la webcam du smartphone pour des conseils maquillage, dopés par la réalité augmentée. Cette vulgarisation de l'AR n'est pas due au hasard. Au-delà de la vague Pokémon Go (qui cartonne encore au Japon), les nez de chiens et autres accessoires (supposés) cocasses envahissaient les selfies Snapchat, il y a peu. Scannant le visage de son propriétaire en 3D, la caméra Face ID de l'iPhone X en remet une couche. Si bien que l'appli du lunetier Warby Parker pose des modèles virtuels sur les visages de ses clients, pour des essayages en relief, au millimètre près. Finalement, 900 millions de smartphones et tablettes carbureront à la réalité augmentée fin 2018, selon Digi-Capital. Et le cabinet d'analystes de préciser que 69 % des consommateurs attendent que les vendeurs en ligne passent à cette technologie dans les six prochains mois. Un engouement qui n'est pas près de s'éteindre puisque l'HoloLens de Microsoft, paire de lunettes de réalité augmentée et simulant des hologrammes, clignotera d'ici quelques semaines...