UN CONCEPT.

" Le Château de Pallandt ? Je ne sais pas où c'est, désolé ", nous avoue un passant né dans la région. L'édifice n'est pourtant qu'à deux kilomètres et nous y arriverons, après quelques minutes d'incertitude sur un chemin vaguement pavé, s'enfonçant entre bois et prés. Trop souvent galvaudé, le terme " écrin de verdure " prend tout son sens dans ce parc à l'anglaise au milieu d'une forêt de cent hectares, vaste propriété vallonnée où s'épanouissent arbres centenaires et épais massifs d'azalées.
...

" Le Château de Pallandt ? Je ne sais pas où c'est, désolé ", nous avoue un passant né dans la région. L'édifice n'est pourtant qu'à deux kilomètres et nous y arriverons, après quelques minutes d'incertitude sur un chemin vaguement pavé, s'enfonçant entre bois et prés. Trop souvent galvaudé, le terme " écrin de verdure " prend tout son sens dans ce parc à l'anglaise au milieu d'une forêt de cent hectares, vaste propriété vallonnée où s'épanouissent arbres centenaires et épais massifs d'azalées. Dans le corps de logis, reconstruit au XIXe, un majestueux cerf en bois nous accueille dès l'entrée. Il aurait été offert par Charles Quint en personne, quand il fit l'ancêtre des propriétaires actuels Grand Forestier de Brabant. " Aurait ", car s'il s'agit d'une plausible légende, le Baron qui nous héberge aujourd'hui... n'en a aucune certitude. Mais on meurt d'envie d'y croire, tout comme à la rumeur voulant que l'original de la toile qui surplombe le hall, portrait en pied d'un lointain cousin, fait partie de la collection privée de la reine d'Angleterre. Partout, les murs sont couverts de tapisseries, tableaux et boiseries, casques espagnols, lances africaines et porcelaine japonaise, fragments d'un illustre passé souvent frappés du blason aux trois maillets ou gravés au nom de la famille d'Hooghvoorst. Comme le sabre de ce général, membre du Gouvernement provisoire en 1830, qui fut volé puis retrouvé par hasard dix ans plus tard, ou encore cette impressionnante douille d'obus de la Grosse Bertha, cadeau d'officiers Canadiens après la Grande Guerre. Un régal pour les fans d'Histoire(s) et les curieux. Plusieurs chambres sont disponibles, nous investissons celle de l'Ambassadeur, hommage à un aïeul posté en Suisse. Outre la méridienne du plus bel effet, la literie est d'un confort irréprochable et la pièce spacieuse, décorée avec goût. Ses équipements modernes (TV, Wi-Fi, frigo) se révèlent incapables de rivaliser avec la vue offerte par les fenêtres ouvertes sur deux côtés du jardin, où les sportifs se réjouiront de la discrète présence d'une petite piscine et d'un court de tennis. Seul repas compris, un petit déjeuner copieux fait la part belle aux produits frais et locaux. Enfin, pour ne rien gâcher, les châtelains aux petits soins n'ont rien contre un apéro décontracté à partager devant la cheminée. Un couple charmant, on aurait volontiers passé la nuit à écouter leurs souvenirs et anecdotes familiales. Difficile de n'en citer qu'un, tant on fut conquis par cette nuit dans un véritable musée habité. Retenons l'apaisante nature environnante, cette fascinante impression que " des siècles d'Histoire nous contemplent " et la gentillesse de propriétaires à la passion communicative. On pourrait aussi mentionner le prix modique, mais la palme du détail qui tue revient aux bouquets d'azalées, posés çà et là, symboles d'un séjour sous le signe de l'authenticité et de la simplicité. La région vient de nous livrer l'un de ses secrets les mieux gardés. Château de Pallandt, 15, rue Bois des Conins, à 1470 Bousval. Tél. : 010 61 39 63. www.chateau-de-pallandt.be Chambres de 90 à 130 euros.MATHIEU NGUYEN