Quand on s'appelle Bouli Lanners, on peut se payer un délire avec un vieux copain, surtout s'il s'agit de Stefan Liberski, ex-comparse des Snuls, et se dire " si on tournait une histoire d'amour sur fond de Belgique qui part en couille ? " On peut même décider de nommer ce projet Barst !, allusion pas du tout voilée à ce " Belgique crève " scandé par les séparatistes du nord du pays. Le réalisateur des Géants - deux p...

Quand on s'appelle Bouli Lanners, on peut se payer un délire avec un vieux copain, surtout s'il s'agit de Stefan Liberski, ex-comparse des Snuls, et se dire " si on tournait une histoire d'amour sur fond de Belgique qui part en couille ? " On peut même décider de nommer ce projet Barst !, allusion pas du tout voilée à ce " Belgique crève " scandé par les séparatistes du nord du pays. Le réalisateur des Géants - deux prix à Cannes en mai dernier et l'ouverture du Festival International du Film Francophone à Namur ce 30 septembre - se permet ce genre de petits plaisirs insolents pour au moins deux raisons. Tout d'abord parce qu'il n'a pas l'habitude de demander d'autorisation à qui que ce soit : quand il a envie, il agit, et c'est tant mieux. Et puis parce que c'est un vrai Belge, les pieds bien campés dans sa Wallonie, le c£ur habité par des potes bruxellois et flamands, la tête très haut dans les étoiles - plus que celles de la Croisette, dont il se fout un peu, celles qui font scintiller son cinéma, coloré d'une discrète poésie et d'un sens non ostentatoire de l'absurde. Pour compléter le portrait, il faudrait aussi ajouter l'humour, la chaleur et la modestie, au risque de plagier les journalistes français qui se sentent obligés de rebattre ces mots-là chaque fois qu'ils reçoivent un de nos compatriotes sur leur plateau. C'est dire si, en soumettant Bouli Lanners à l'exercice pour le moins à contre-emploi du shooting de mode, nous avions envie de faire mentir les clichés. Avouons-le d'emblée, nous en avons été pour nos frais. Même la drache avait décidé de jouer la carte de la belgitude. Et l'acteur et réalisateur est resté fidèle à son image : drôle, accueillant et se pliant en toute simplicité à tous les desiderata, ou presque, de nos stylistes, photographes, maquilleurs et coiffeurs ( lire en pages 30 à 37). Tout comme son complice Bram Vanparys, alias The Bony King of Nowhere, qui signe la bande-son des Géants et avait, le temps d'une séance photo, quitté Gand et rejoint la région liégeoise pour poser avec son ami. Ce pays est décidément un bien bel Eldorado. Lire aussi Focus Vif de cette semaine, piloté par Bouli Lanners, rédacteur en chef d'un jour. DELPHINE KINDERMANS, RÉDACTRICE EN CHEFUNE DISCRÈTE POÉSIE ET UN SENS NON OSTENTATOIRE DE L'ABSURDE.