1. COUCHSURFING, LE LOGEMENT ALTERNATIF

Né aux USA vers 2004, le couchsurfing consistait à héberger chez soi un voyageur de passage pour le seul plaisir de la rencontre. Avec la puissance d'Internet, il n'a pas fallu longtemps à certains pour y voir un excellent moyen d'arrondir leurs fins de mois, en proposant une chambre ou leur habitation à louer. Le site Airbnb rassemble ainsi plus de 300 000 offres de logements uniques à travers 34 000 villes du monde (lire aussi " J'ai testé " par Valentine Van Gestel). Très prisé des étudiants, qui allègent leur loyer en retournant chez leurs parents chaque fois qu'ils ont un " client ", le couchsurfing est devenu la hantise des hôteliers qui hurlent à la concurrence déloyale. Avec le gamping, qui consiste à louer un jardin pour y planter sa tente, la location touristique entre particuliers pèse aujourd'hui plusieurs milliards d'euros.
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Né aux USA vers 2004, le couchsurfing consistait à héberger chez soi un voyageur de passage pour le seul plaisir de la rencontre. Avec la puissance d'Internet, il n'a pas fallu longtemps à certains pour y voir un excellent moyen d'arrondir leurs fins de mois, en proposant une chambre ou leur habitation à louer. Le site Airbnb rassemble ainsi plus de 300 000 offres de logements uniques à travers 34 000 villes du monde (lire aussi " J'ai testé " par Valentine Van Gestel). Très prisé des étudiants, qui allègent leur loyer en retournant chez leurs parents chaque fois qu'ils ont un " client ", le couchsurfing est devenu la hantise des hôteliers qui hurlent à la concurrence déloyale. Avec le gamping, qui consiste à louer un jardin pour y planter sa tente, la location touristique entre particuliers pèse aujourd'hui plusieurs milliards d'euros. Ne plus voyager idiot ! C'est devenu le souhait majeur du touriste du 3e millénaire et c'est chaque année plus vrai encore. Fini de lézarder au soleil tranquillement toute la journée. On veut tenter de nouvelles expériences, avoir des histoires à raconter au retour... et des images originales à poster sur les réseaux sociaux. Rencontre avec les habitants, initiation à la culture, à la cuisine, à l'artisanat ou au folklore local, visite costumée de lieux historiques, randonnée sur n'importe quelle monture, expédition en milieu hostile, baptêmes de l'air en tous genres, éco-volontariat pendant quelques heures, apprentissage de techniques durables in situ... Toutes les déclinaisons sont bonnes pourvu qu'on vive quelque chose de vraiment nouveau et, si possible, d'exclusif.Parmi les tendances qui orientent le secteur, on trouve en bonne place les réseaux sociaux. Selon deux enquêtes, 3 voyageurs sur 4 seraient influencés par l'information communiquée par cette voie et 72 % feraient autant confiance aux avis des internautes qu'à ceux de leurs proches. Aux côtés de Facebook et Twitter, les sites de partage de photos comme Instagram comptent de plus en plus. Tout comme les commentaires postés sur TripAdvisor et consorts. Les hôtels ou restaurants voient s'envoler les réservations s'ils bénéficient d'avis favorables et paient cash les critiques. Avec 100 millions d'avis sur 2,5 millions d'établissements, les commentaires factices sont noyés dans la masse. De plus, TripAdvisor emploie des algorithmes complexes et des anciens du renseignement militaire ou de la fraude bancaire pour expurger les faux ! Les voyages culinaires, qui permettent de découvrir de nouvelles cultures par le biais des sens, connaissent une popularité croissante. De nombreux pays comme la France, l'Italie ou l'Espagne cultivent leur tradition gastronomique pour attirer les touristes, mais on trouve désormais des circuits, des séjours ou des étapes axés sur des expériences gustatives partout dans le monde, de la Chine à l'Afrique du Sud en passant par la Turquie, la Thaïlande, le Japon, le Mexique ou l'Ouzbékistan. Cours de cuisine donnés par des hôtes locaux, rallyes gastronomiques, routes des vins, séjours à thème - la truffe, le saumon, le whisky... -, il y en a pour tous les goûts et tous les budgets. De plus en plus d'épicuriens choisissent aussi leur destination et/ou leurs dates de vacances en fonction de grands rendez-vous gourmands. Ce n'est pas une image : le 7e Art invite réellement au voyage. Selon une enquête de TCI Research, en 2012, le cinéma et les séries télé ont influencé près de 40 millions de personnes dans leur choix de destination, soit 4 % des touristes internationaux. Certains endroits profitent de la popularité des blockbusters qui poussent les voyageurs à marcher sur les traces de leurs héros. En vedette : la Nouvelle-Zélande - 10 % de touristes en plus en 2013 grâce au Hobbit -, l'Ecosse pour James Bond, l'Irlande et la Croatie pour Games of Thrones, les Etats-Unis et la France pour divers titres. Sur place, des visites guidées sur les lieux de tournage, des décors conservés, etc. Dernier avatar : des croisières exploitent l'univers des Harry Potter et autres Star Trek, poussant le réalisme jusqu'à permettre aux passagers de croiser les personnages à bord. Ils fêtent leurs trois ans de présence en Belgique et conquièrent de nouvelles cités aux quatre coins de la planète. Les greeters sont des particuliers, amoureux de leur ville ou de leur région, qui jouent les guides bénévoles pour des visiteurs décidés à sortir des sentiers balisés. Ils vous font partager leur vision personnelle, parfois insolite, souvent alternative, toujours hors du commun. Fondé à New York il y a tout juste deux décennies, le réseau est en plein essor et s'étend dans une vingtaine de pays, avec des villes aussi diverses que Hanoi, Shanghai, Buenos Aires, Melbourne, Berlin ou Moscou. Paris compte plus de 350 greeters, qui ont organisé près de 2 500 promenades en 2013. Pour le devenir, il suffit de s'inscrire gratuitement dans la ville de son choix via www.globalgreeternetwork.info. En 2014, le sport sera roi avec, entre autres, la Coupe du Monde de foot au Brésil, les Jeux olympiques d'hiver à Sotchi ou le départ du Tour de France en Grande-Bretagne. Autant d'événements majeurs qui attireront une multitude de spectateurs. Outre-Manche, le Yorkshire compte à lui seul sur une manne touristique de 120 millions d'euros grâce au passage du Tour. Le Brésil a déjà eu un avant-goût de ce qui l'attend avec la Coupe des Confédérations en 2013 et une explosion des réservations d'hôtel. Même la Russie table sur un boom sans précédent. Rien qu'à Sotchi, près d'une centaine de nouveaux établissements ont vu le jour, dont 30 hôtels 4 et 5-étoiles. Mais le sport ne déplace pas seulement les foules, il se pratique aussi en vacances. Séjours sportifs ou de remise en forme, visites guidées en jogging ou à vélo, participation aux marathons et autres trails sur tous les continents... Le Best of 2014 de Lonely Planet propose même une liste de lieux pour les vacanciers qui veulent se remettre en forme... à la dure.Le site américain Skift Travel rapporte que 85 % des voyageurs dans le monde veulent pouvoir se connecter via Wi-Fi dans leur hôtel et que 38 % en font un critère déterminant lorsqu'ils choisissent un établissement. A l'ère des smartphones, des tablettes numériques et de l'Internet généralisé, difficile de déconnecter en voyage. La porosité croissante entre vies privée et professionnelle en vacances porte un nom : le blurring - " to blur " signifiant estomper. On consulte ses mails dans le train, les aéroports et désormais les avions, on envoie des offres ou des rapports depuis sa chambre d'hôtel, la terrasse d'un café ou le bord de la piscine, on emmène le boulot en cours pour l'achever sur son portable, on reste joignable à tout moment... L'industrie du tourisme conçoit des endroits hyperconnectés où l'on peut se détendre et bosser à la fois. Certains hôtel proposent, à l'inverse, une cure de " détox numérique ", avec la possibilité de confier vos appareils portables au concierge pendant votre séjour. Le tourisme d'aventure gagne aussi du terrain. Mais attention : on parle ici d'aventure " douce ", pas d'équipée réservée aux athlètes super-entraînés. Elle peut être l'objectif du séjour - les randonnées en milieux difficiles comme les déserts ou la montagne n'ont jamais eu autant la cote - ou plus ponctuelle, pour pimenter un séjour plus classique : excursion dans la jungle, descente de rapides, saut à l'élastique, vol en parapente ou en ULM, héliski, etc. De nombreux voyagistes classiques offrent ce type d'options aux touristes qui le souhaitent. Avec les contacts locaux nécessaires pour garantir les meilleures conditions... de sécurité. L'utilisation d'un appareil mobile dépassera celle de l'ordinateur en 2015. Rien d'étonnant à ce que la préparation d'un voyage passe de plus en plus par des applications. En 2013, Hotels.com a franchi le cap des 25 millions de téléchargements. Selon le site spécialisé, les chambres réservées par ce canal concernent 89 % des séjours de trois nuits maximum et 68 % des réservations de dernière minute. L'autre usage des mobiles, c'est de répondre au besoin des voyageurs de s'informer à chaque étape de leur périple. Vues satellites, itinéraires, infos pratiques, disponibilités pour un spectacle ou un resto... Les applis qui facilitent le séjour ont la cote. Sans parler de la possibilité de rester en contact avec ses proches ou de publier photos et vidéos en temps réel.PAR PHILIPPE BERKENBAUM / ILLUSTRATIONS : CAROLE WILMET