1. LA PANNE

Le quartier Dumont, créé vers 1900, est sans nul doute l'îlot de villas le plus pittoresque de notre côte ! Pour découvrir ses plus jolies maisons, empruntez la Hoge Duinenlaan et le Kykhillweg. De ce point culminant, les épouses de pêcheurs regardaient naguère leurs hommes prendre la mer. Aux alentours de l'avenue Léopold II s'élèvent un certain nombre d'habitations plus récentes, construites dans un style quasi hollywoodien, empreint d'un certain humour.
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Le quartier Dumont, créé vers 1900, est sans nul doute l'îlot de villas le plus pittoresque de notre côte ! Pour découvrir ses plus jolies maisons, empruntez la Hoge Duinenlaan et le Kykhillweg. De ce point culminant, les épouses de pêcheurs regardaient naguère leurs hommes prendre la mer. Aux alentours de l'avenue Léopold II s'élèvent un certain nombre d'habitations plus récentes, construites dans un style quasi hollywoodien, empreint d'un certain humour.Un peu éclipsée par son port, Zeebruges ne manque pourtant pas de constructions intéressantes, comme la villa en bois de style scandinave que Peter Callebout et Fernand Sohier y ont plantée sur la digue au début des années 60. Derrière la criée et l'église Sint-Donaas, en style néogothique, s'étale un vaste quartier ouvrier. Sa curieuse place ronde (Admiraal Keyesplein), entourée de façades à pignons à redents, est un exemple particulièrement frappant d'architecture sociale. Enfin, puisque le patrimoine maritime ne se limite pas à la terre ferme, faites donc un petit détour par le dock voisin de la criée pour y visiter le bateau-phare Westhinder, construit en 1950, ou le sous-marin russe U480.Pour la plus belle vue sur la mer, escaladez la Mieke Hill (au croisement de la digue et de la Strandlaan), haute dune surmontée de l'une des dernières villas isolées de la côte (photo). Ancien salon de thé, le bâtiment abrite aujourd'hui un ermitage surréaliste rappelant l'univers du peintre Paul Delvaux, à qui un musée souterrain est consacré à quelques centaines de mètres. Un peu plus loin, en direction de Nieuport, se dressent au milieu des dunes La Péniche et Le Normandie, deux incroyables " paquebots " de béton érigés dans l'entre-deux-guerres.Faites une première escale à la Rotonde (également connue sous le nom de Grand Hôtel Belle-Vue - photo) construite en 1911 par le célèbre architecte Octave Van Rysselberghe, un immeuble parmi les plus élégants de toute la côte. Dans le centre-ville, ne ratez pas l'intérieur de la villa Les Zéphyrs, imaginé par Henry Van de Velde dans le plus pur style Art nouveau.Enfourchez votre vélo pour rallier, en passant par les pittoresques quartiers de villas de Duinbergen, Knokke et Le Zoute, la petite église blanche du Zoutekerkje et le cloître adjacent (Sparrendreef) (photo), construits en 1927 d'après les plans de Joseph et Luc Viérin et d'Antoine Dugardijn. Bien plus qu'un simple lieu de recueillement, le bâtiment se révèle sous ses dehors néoromans d'un minimalisme étonnamment moderne - presque autant que la " maison noire " (Zwart Huis) dessinée en 1924 par Huib Hoste (8, Dumortierlaan) ou la double villa Noordhinder-Westhinder construite sur la digue par Henry Van de Velde. Pour découvrir les recoins les plus intimistes du Zoute, empruntez les chemins de Flandre, de Pologne, de Grande-Bretagne, de Suède et du Danemark (Vlaams Pad, Pools Pad, Brits Pad, Zweeds Pad et Deens Pad). Dommage que tant de villas anciennes aient aujourd'hui cédé la place à de tristes pastiches rustiques...Avec ses promeneurs et les élégants voiliers qui glissent sur les vagues en toile de fond, le bel exemple d'architecture maritime en bois qu'est l'estacade de Nieuport a presque des allures de tableau impressionniste. Ceux qui préfèrent échapper à la foule se dirigeront soit vers les ruelles ombragées du quartier du Mosweg, où plusieurs superbes villas modernes ont été construites dans les années 60 et 70 par l'architecte et designer Peter Callebout, soit vers le Monument à Albert Ier - une sobre roue érigée en 1938 par un illustre inconnu du nom de Julien De Ridder, que Zaha Hadid n'aurait sans doute pas reniée si elle avait vécu dans l'entre-deux-guerres ! Si le c£ur vous en dit, grimpez le petit escalier en béton pour profiter d'un panorama unique sur les environs.Comme Blankenberge a dû être belle autrefois... Il suffit pour s'en convaincre de flâner dans le quartier Sint-Rochus pour admirer notamment la Villa Olga et ses ravissants carrelages décoratifs (photo). En cherchant un peu, vous trouverez encore une série d'autres tableaux de faïence éparpillés un peu partout dans le centre, tels autant de joyaux colorés entre les immeubles sans âme. Les amateurs pourront prolonger la découverte au musée de la Belle Époque (24, Elisabethstraat). Faites également un détour par le " paravent " qui abrite le port de plaisance : érigé en 1908, il compte indéniablement au nombre des créations les plus exceptionnelles de l'heure de gloire de la cité balnéaire.Commencez par aller prendre un verre au " Tir aux pigeons " (Duivenschieting - 48, Sportstraat), qui abrite désormais la club-house du Wellington Golf. C'est dans cet endroit à l'élégance feutrée, qui offre une vue imprenable sur le champ de courses Wellington et le Thermae Palace, que le beau monde venait en 1900 s'exercer au tir sur des volatiles vivats, avant que ce sport ne fasse l'objet d'une interdiction officielle. Un peu plus loin, arrêtez-vous un instant devant ce qui reste des anciennes écuries de Léopold II (76, Koninginnelaan), un ensemble de style " viking " unique en son genre et construit en 1903 d'après les plans du Norvégien Ivar Knudsen, dont on ne peut qu'espérer qu'il sera enfin restauré dans les années à venir. Pour admirer le panorama urbain sous son meilleur jour, mettez ensuite le cap vers la rive est (Oostoever), où se dressent le phare d'Ostende (le " Lange Nelle " - photo) et le Fort Napoléon : par-delà la cale de halage, entre les hangars, on aperçoit d'ici toutes les tours de la ville ! Un bac vous ramènera droit dans le centre.Ici, l'héritage de la Belle Époque est encore bien présent. Autant dire qu'en termes de constructions remarquables, nous avons l'embarras du choix ! À côté de la vieille gare des trams, déjà photographiée sous toutes ses coutures, on remarque les villas blanches de l'avenue Rembrandt, construites au début des années 20 par l'architecte gantois Valentin Vaerwyck. PAR PIET SWIMBERGHE / PHOTOS : JAN VERLINDE