Quel est le point commun entre la nouvelle boutique d'Alexander Wang à Pékin, celle de Givenchy avenue Montaigne et Monsieur Bleu, le restaurant du Palais de Tokyo, deux hauts lieux de la branchitude dans la Ville lumière ? Ils portent tous le sceau marbré de l'architecte Joseph Dirand. Ce designer d'intérieur parisien est souvent présenté comme l'ambassadeur du marbre, dont il use et abuse dans ses réalisations. La dernière en date ? Une cuisine du fabricant belge Obumex, pour laquelle l'architecte a choisi le Pavonazzetto, la Rolls du marbre transalpin, issu des carrières de Carrare, en Toscane, ultraconvoité pour sa pureté et son veinage gris discret. Et, si pendant les grandes heures de la Renaissance italienne il brillait dans les salles de bains et les cuisines bourgeoises, il broyait du noir depuis longtemps, cantonné aux cabinets des dentistes et aux salons des notables. Aujourd'hui, il se libère de cette réputation de parvenu et s'émancipe de son image ringardisée par des années de trompe-l'oeil ratés, en s'invitant dans nos intérieurs sous forme ...