Elles sont impressionnantes et combinent à elles seules deux icônes mondiales du fashion faux pas : Buffalo et chaussures d'infirmière. Il s'agit des Crocs à plate-forme de Balenciaga. Et elles ne sont pas les premières productions de la griffe prestigieuse à jouer avec la limite de ce que nos yeux peuvent tolérer. On se souvient l'an passé de leur terrible imitation du sac Ikea affichée à 1695 euros, moquée par l'enseigne sué...

Elles sont impressionnantes et combinent à elles seules deux icônes mondiales du fashion faux pas : Buffalo et chaussures d'infirmière. Il s'agit des Crocs à plate-forme de Balenciaga. Et elles ne sont pas les premières productions de la griffe prestigieuse à jouer avec la limite de ce que nos yeux peuvent tolérer. On se souvient l'an passé de leur terrible imitation du sac Ikea affichée à 1695 euros, moquée par l'enseigne suédoise elle-même le vendant à moins de un euro. A cette liste de ce que la mode a fait de pire, ajoutons les sandales à fourrure de Puma dessinées par Rihanna, les chaussures style plongée sous-marine de John Galliano, les pierres brodées sur Crocs de Christopher Kane, la collaboration entre Teva et UGG (un moyen farfelu d'avoir chaud en ayant les doigts de pieds à l'air), certaines créations de Demna Gvasalia pour sa marque Vetements, jusqu'au défilé en claquettes-chaussettes du créateur Shaun Samson en 2013, qui a fait école auprès des plus grands. La tendance " Ugly fashion " est née avec Miuccia Prada et son style, disons-le, plutôt décalé, talonnée de près par Alessandro Michele, directeur artistique de Gucci. Elle fait descendre le luxe de son piédestal en lui accordant des détails kitsch et hors normes. Le confort devient dogme, et la classe, une option. Mais le phénomène ne touche pas que les sacs et les souliers, il s'inscrit dans une démarche plus large de remise en question par les créateurs des critères du beau. Plus que les accessoires, les mannequins et le prêt-à-porter font également partie de cette réflexion. Par ce genre de réalisations, archétypes purs et simples du mauvais goût, les marques souhaitent se détacher des canons traditionnels et des codes populaires avec des modèles inattendus qui, comme les petites nouvelles de Balenciaga, sont déjà sold out avant même d'avoir été commercialisées. Aurait-on mis les pieds dans la spirale infernale des réseaux sociaux et du désir de se faire remarquer quel qu'en soit le prix ? Le critère beauté reste éminemment subjectif, mais attention à ne pas en abuser, les coups de poings dans la réputation et les bad buzz ne sont jamais loin.