Plus de doute possible, on se lâche. Marre d'être soie. Désormais, on retaille son costume : moins de falbalas, plus d'authenticité. Une véritable révolte bruisse dans les placards. Fini le look apprêté, amidonné, l'indispensable veste qui pose son homme (ou sa femme), voici venue l'ère du confort superstar. Le décontracté " in ", l'habillé " out ". Sportswear, urbanwear, jeanswear, clubwear, surfwear, citywear, casualwear, loungewear... Autant de wear, intraduisibles en français, qui nous font certes tourner la tête mais qui dopent joliment le froufrou ...

Plus de doute possible, on se lâche. Marre d'être soie. Désormais, on retaille son costume : moins de falbalas, plus d'authenticité. Une véritable révolte bruisse dans les placards. Fini le look apprêté, amidonné, l'indispensable veste qui pose son homme (ou sa femme), voici venue l'ère du confort superstar. Le décontracté " in ", l'habillé " out ". Sportswear, urbanwear, jeanswear, clubwear, surfwear, citywear, casualwear, loungewear... Autant de wear, intraduisibles en français, qui nous font certes tourner la tête mais qui dopent joliment le froufrou business. " Si les gens n'avaient aucune obligation vestimentaire, ils s'habilleraient carrément en jogging ", prétendent même certains spécialistes. Facilité, bien-être sont au top. Du moins pour cette nouvelle tribu urbaine qui, pour marquer définitivement son hostilité au bitume, sans prendre pour autant la clé des champs, surfe sur la nouvelle vague modeuse du douillet, du ouaté, du tendre. Bien dans ses baskets, son blouson, ses sneakers ? Bien dans sa tête aussi. On compile, on superpose, on juxtapose. On fait comme bon nous semble mais pas avec n'importe quoi. Car déjà les créateurs ont flairé la tendance, se glissant dans la faille, coupant définitivement le fil avec la tradition. C'est Yohji Yamamoto qui a été l'un des premiers à saisir le frémissement : désormais, la mode doit composer avec les éléments confort apportés par le sport. Résultat : 80 % des vêtements de sports vendus aujourd'hui sont portés pour les loisirs et non pas pour jouer au foot, faire de la randonnée, du tennis ou de l'athlétisme. Les ventes d'Adidas, Puma, Nike et tous les autres explosent. On se bouscule dans les rayons, toutes générations confondues. Là, en effet, jeunes et moins jeunes se croisent. Normal. Dans une société qui valorise chaque jour davantage le jeunisme, les quadras et les quinquas, sans parler de leurs aînés, se mettent au diapason. Sport, musique, voilà les deux passions de nos ados. A son corps défendant ? Le grand luxe aussi a suivi. Pas une seule marque haut de gamme aujourd'hui qui n'affiche skis, planches de surf, sacs de randonnée, sans oublier les moon boots ou les jambières. Des accessoires devenus aussi tendance que l'indispensable 4X4, ces imposants tout-terrain qui gravissent les bordures des trottoirs comme les dunes du Paris-Dakar. Tout un secteur qui voit, lui aussi, ses chiffres bondir, ses ventes galoper. Trop classique, la limousine ? Vive le Touareg, le X5, le ML... Autant de plaisirs élitistes qui se veulent décontractés et sans complexe. Mais la modernité exige toujours plus de frissons. Alors cool dans son jogging, en pantoufles et parka à capuchon, on frime, on frime. Calé dans un superbe engin, on fonce vers de nouvelles aventures ! Désormais citadins, Tarzan et Jane reprennent du poil de la bête. Christine Laurent