Le Palais-Royal, à Paris, est le parfait exemple de la demeure Grand Siècle. Pourtant, dans un appartement lui faisant face, loin d'un décor à la Louis XIV, un amateur d'art a imaginé son " sweet home ". Un écrin ultracontemporain pour sa collectionà dont aucune pièce ne remonte à plus de cinquante ans ! L'entrée est placée sous le signe d'Ettore Sottsass (1907-2007), figure majeure de l'architecture italienne, avec un " bahut " en blanc et noir. Une rigueur issue de la tradition viennoise pour cet opus, remarquable aussi par l'équilibre précaire des formes et des matériaux tout comme par ses éléments décoratifs : des pois façon Les 101 dalmatiens et une boîte en Plexi rose qui ne protège rien d'autre que sa propre fantaisie....

Le Palais-Royal, à Paris, est le parfait exemple de la demeure Grand Siècle. Pourtant, dans un appartement lui faisant face, loin d'un décor à la Louis XIV, un amateur d'art a imaginé son " sweet home ". Un écrin ultracontemporain pour sa collectionà dont aucune pièce ne remonte à plus de cinquante ans ! L'entrée est placée sous le signe d'Ettore Sottsass (1907-2007), figure majeure de l'architecture italienne, avec un " bahut " en blanc et noir. Une rigueur issue de la tradition viennoise pour cet opus, remarquable aussi par l'équilibre précaire des formes et des matériaux tout comme par ses éléments décoratifs : des pois façon Les 101 dalmatiens et une boîte en Plexi rose qui ne protège rien d'autre que sa propre fantaisie. Dans le living, l'appartement et son prestigieux environnement se reflètent dans une étagère murale en " bandeau " avec portes-miroirs du designer belge Maarten Van Severen (1956-2005). Elle domine une table signée de l'architecte et designer française Charlotte Perriand (1903-1999) entourée de chaises du Danois Poul Kjaerholm (1929-1980). Cette juxtaposition d'éléments sereins et d'autres plus malicieux se savoure aussi dans le salon, où les fauteuils cannés et la banquette moderniste voi-sinent avec un canapé " camping " - avec minisac de couchage et couverture de survie ! - de la designer néerlandaise Hella Jongerius. Parmi les créateurs chouchous de notre hôte, vient en tête le designer français Martin Szekely. " Les pièces de Martin se vivent encore plus qu'elles ne se regardent ", confie-t-il, profondément admiratif, tout en caressant affectueusement de la main son bureau réalisé dans un béton " ductal " à la finesse et au toucher inattendus. Les murs, eux, sont rythmés par des £uvres souvent délicates, avec une majorité de dessins, ou, moins attendu, de broderies, dont trois pièces de l'artiste française Annette Messager. " J'ai eu un choc énorme en découvrant une installation d'Annette, il y a une quinzaine d'années, en traînant parmi les collections permanentes du Musée d'art moderne de la Ville de Paris, et j'ai commencé ma collection quand j'ai compris, plus tard, que je pouvais avoir le privilège de vivre avec une de ses £uvres. " A épingler aussi, dans le couloir, un autoportrait de la photographe américaine Cindy Sherman. Parmi ses autres coups de c£ur, notre hôte cite la sculptrice américaine Eva Hesse (1936-1970), et dans un registre plus récent encore, la plasticienne française Tatiana Trouvé. " Mon appartement apporte un autre regard sur l'art contemporain que celui parfois tapageur qu'on y associe souvent. Je ne suis pas sensible aux £uvres grandiloquentes. Je ressens davantage la violence et l'oppression de notre monde, dans toute son ambiguïté, dans un papier calque pincé d'instruments ménagers de l'artiste libanaise Mona Hatoum, que dans un travail qui vise à choquer plus directement. La magie de l'art contemporain tient essentiellement en ce qu'elle permet à chacun d'y faire son monde. J'aime aussi l'art ancien, et me rends souvent au Louvre, mais je trouve plus excitant de participer à l'art qui est en train de se faire. "Ici, le design et l'art se répondent dans une harmonie inspirée. Ainsi cette sculpture en " rouleau de Scotch " translucide de l'artiste belge Ann Veronica Janssens (lire aussi son portrait dans notre numéro du 28 août dernier à l'occasion de son expo Serendipity au Wiels, à Bruxelles, jusqu'au 6 décembre prochain) côtoyant un tabouret transparent de Martin Szekely : en réalité un bloc de cristal cuit dans un four en Chine. " Ce n'est qu'en Occident que l'on aime le cristal transparent, l'Asie aime un aspect plus trouble. " Un " éloge de l'ombre " pour une collection si subtilement mise en scèneà et en lumière. Par Luxproductions. com