Calvin Klein : un art consommé du puzzle

Rendez-vous était donné pour les quarante ans de la griffe Calvin Klein pour une soirée très branchée sur la High Line, cette ancienne voie ferrée surélevée qui sera bientôt reconvertie en promenade plantée le long de la rivière Hudson. Bain de célébrités garanti : Eva Mendes, Halle Berry, Naomi Watts, Brooke Shields, Ashley Olsen et Ethan Hawke, entre autres, étaient de la fête, dont la déco était signée tout spécialement par les artistes minimalistes John Pawson et James Turrell. De l'art, il en était question aussi dans les créations de Francisco Costa, qui met depuis cinq ans se...

Rendez-vous était donné pour les quarante ans de la griffe Calvin Klein pour une soirée très branchée sur la High Line, cette ancienne voie ferrée surélevée qui sera bientôt reconvertie en promenade plantée le long de la rivière Hudson. Bain de célébrités garanti : Eva Mendes, Halle Berry, Naomi Watts, Brooke Shields, Ashley Olsen et Ethan Hawke, entre autres, étaient de la fête, dont la déco était signée tout spécialement par les artistes minimalistes John Pawson et James Turrell. De l'art, il en était question aussi dans les créations de Francisco Costa, qui met depuis cinq ans ses talents au service de la célèbre griffe américaine. A la manière d'une Zaha Hadid ou d'un Frank Gehry réinventant l'architecture avec des jeux de déconstruction et de reconstruction, le jeune styliste a pris sa paire de ciseaux et son pot de colle pour offrir une collection puzzle aux formes cubistes et géométriques, sorte de boîtes " 3 D " savamment pliées pour répondre aux courbes féminines. Couleurs minimales et fini synthétique habillent cet opus évoquant origami et cerf-volantIl y a un peu d'Yves Saint Laurent et de sa collection " Broadway Suit " (1978), mais aussi de l'Americana dans cet opus fort et riche comme une tapisserie ancienne signé d'un Marc Jacobs au mieux de sa forme. Serait-ce une illusion ? Les mannequins ont défilé entourées de miroirs, sur Rhapsody in Blue de Gershwin. Vision kaléidoscopique, pour des looks qui jouent sur une note passéiste modernisée. A travers des superpositions pas aussi innocentes qu'elles n'y paraissent, Marc Jacobs construit des silhouettes " traits d'union " : mi-belle des champs mi-citadine, tantôt suffragette, tantôt geisha. La palette est sombre mais rehaussée d'effets moirés, de matières brillantes et soyeuses, de patchworks, d'imprimés. Ici le carreau, là le laméà Avec ses corsets ou ses larges ceintures, la taille est toujours bien marquée. Canotiers coquins ou bonnet phrygien coiffent les jolies têtes. Un beau mariage des genres très " vintage ", un passé recomposé avec beaucoup d'accessoires qui fut très applaudi. S'il nous emmène au plus profond du Sahara, le maître de la mode américaine up-grade toutefois notre garde-robe. Alors que la température augmente, des silhouettes sculpturales semblent sorties d'un épisode sur grand écran d'Indiana Jones ou du roman Out of Africa de Karen Blixen. Les vêtements sont simples mais flamboyants. Le bermuda brodé de perles est porté avec une petite veste aviateur en cuir doré, la chemise saharienne en coton léger sur un pantalon de harem scintillant. Les matières se font légères (soie, coton) et les accessoires nombreux (ceintures en cuir naturel, sac besace kaki ou cuir, chapeau feutre). Impressionnants, ces foulards enroulés autour de la tête,d'inspiration bédouine. Les teintes sobres sont magnifiées par les matières soyeuses et la mousseline. Longues robes fluides ou fourreaux jettent tous leurs feux pour le soir. S.F.