Nassau: Flambe et nostalgie coloniale

Il y a le Nassau vip paillettes qui saute aux yeux dès la sortie de l'aéroport : longues limousines aux verres fumés glissant devant la sortie, escadrons de 4 x 4 et de gardes du corps. Pas étonnant, pour une destination fréquentée par Sean Connery, Lenny Kravitz ou le couple Johnny Depp-Vanessa Paradis. A côté de ce ghetto pour milliardaires, il y a le Nassau intime, à déguster sans modération. En commençant par l'ancien centre-ville colonial : la rue principale, ponctuée de façades pastel multicolores, affiche un charme suranné irrésistible. Il est agréable de la parcourir en calèche, avant d'aller déguster une délicieuse salade de conques dans une guinguette du marché aux poissons. Au passage, prévoyez de craquer : la ville est le paradis du free-tax et les prix dans les boutiques sont vraiment bas. Notre resort préféré ravira les fans de Bob Marley : Stephanie, la fille du musicien, vient en effet de transformer l'ancienne villa familiale en Bed and Breakfast. Au programme : plage, cocooning, un spa tr...

Il y a le Nassau vip paillettes qui saute aux yeux dès la sortie de l'aéroport : longues limousines aux verres fumés glissant devant la sortie, escadrons de 4 x 4 et de gardes du corps. Pas étonnant, pour une destination fréquentée par Sean Connery, Lenny Kravitz ou le couple Johnny Depp-Vanessa Paradis. A côté de ce ghetto pour milliardaires, il y a le Nassau intime, à déguster sans modération. En commençant par l'ancien centre-ville colonial : la rue principale, ponctuée de façades pastel multicolores, affiche un charme suranné irrésistible. Il est agréable de la parcourir en calèche, avant d'aller déguster une délicieuse salade de conques dans une guinguette du marché aux poissons. Au passage, prévoyez de craquer : la ville est le paradis du free-tax et les prix dans les boutiques sont vraiment bas. Notre resort préféré ravira les fans de Bob Marley : Stephanie, la fille du musicien, vient en effet de transformer l'ancienne villa familiale en Bed and Breakfast. Au programme : plage, cocooning, un spa très peace and love à base de produits bio d'origine africaine... et concerts live tous les jours. En famille ? Vous irez passer une journée ou plus à l'Atlantis, l'un des plus grands parcs aquatiques du monde : cascades vertigineuses, tourbillons, toboggans... Au coucher du soleil, quand la fièvre monte dans la capitale bahamienne, vous prendrez une table au Graycliff, un restaurant exceptionnel installé dans une demeure vieille de trois siècles qui a vu défiler toute la famille royale britannique. Le propriétaire, le volubile Enrico Garzaroli, se fera un plaisir de vous montrer sa cave mythique (250 000 étiquettes !) Les flambeurs fileront ensuite vers le casino terminer la nuit et vider leur compte en banque. Impossible de ne pas tomber sous le charme de cette île aux plages roses divines à deux heures de ferry de Nassau. Sur le port de Dunmore Town, les maisons pastel aux frontons dentelés, ourlées de bougainvilliers fuchsia éclatants, fleurent bon la Nouvelle-Angleterre victorienne... Mais, ici, tout est plus menu, plus intime, plus cocon : on ne circule qu'à pied ou en voiturette de golf électrique. On ira se promener tôt le matin, quand les pêcheurs ramènent leurs prises au port : avec un peu de chance, l'un d'eux vous racontera une histoire de pirate bien d'ici (comme celle de Barbe-Noire et de ses 14 épouses !) Le dimanche, une halte à l'église s'impose, pour écouter les chants gospels. Harbour Island est sans doute l'île la plus exclusive des Bahamas. Et, s'il n'est pas rare d'y croiser la jet-set, celle-ci se mêle sans chichis aux " locaux ". Les hôtels sont à l'image de l'île : ravissants, princiers, bien à l'abri des regards derrière un écran de bosquets tropicaux. On déjeune sur le pouce à la terrasse bleu tendre du Pink Sands avant de filer paresser sur le sable d'un rose corallien hypnotisant. En soirée, on s'encanaille en beauté dans les bars à punch, tel le Conch Town, où la jeunesse du coin guinche jusqu'à plus d'heure. A quatre heures de Nassau en bateau, voici l'une des îles les moins explorées et les plus mystérieuses de l'archipel. Couronnée par la troisième barrière corallienne du monde, Andros se mérite : seuls les amoureux de la nature, les fans de plongée et de contemplation sauront l'apprécier à sa juste valeur. Fêtards invétérés, passez votre chemin. Pour explorer l'île, on procède par petites touches, en randonnée à travers la brousse... Et on ouvre grand ses mirettes : iguanes furtifs, gros crabes rouges, perroquets criards vous attendent au détour d'un buisson. Côté plongée, Andros est connue pour ses célèbres trous bleus, grottes sous-marines remplies d'eau douce où l'on se glisse pour observer les bancs de poissons multicolores qui serpentent entre les algues. Autres possibilités : la découverte d'épaves, l'observation des requins ou la descente le long des tombants. Le meilleur choix pour séjourner à Andros est évidemment un écolodge, qui respecte la richesse de cette nature inviolée. Tiamo Resorts, ouvert dans un coin désert, séduira les apprentis Robinson. Un dîner en compagnie des maîtres des lieux, deux Américains accros à leur paradis, fait mesurer à quel point Andros est le rêve des aventuriers. Trente îlots... et autant d'édens à savourer en amoureux. Seuls quelques-uns sont habités, les autres sont privés ou sauvages. Pour y parvenir, comptez deux heures en avion privé ou six heures en mailboat, depuis New Providence. Mais les Berry Islands valent - très largement - le voyage. Comme Andros, elles font partie des Out Islands, les îles du nord. On y goûte la meilleure part des Bahamas, authentique, accueillante, généreuse... Ici, l'hospitalité n'est pas un vain mot : les Berry regorgent de petits Bed and Breakfast de charme, à taille humaine. La proximité de la Langue de l'Océan garantit ici des sessions de plongée mémorables. Ne ratez pas Mama Rhoda, véritable jardin japonais sous-marin. C'est aussi le moment, pour les fines lignes, de taquiner du gros poisson. Baies isolées, plages désertes : aux Berry, on s'offre un vrai moment hors du temps, hors du monde. Cécile Allegra