1. HET ARRESTHUIS**** À ROERMOND (PAYS-BAS)

L'ex-maison d'arrêt de Roermond a été inaugurée il y a neuf mois dans un esprit résolument design, tout en incluant de nombreux clins d'£il au passé.
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L'ex-maison d'arrêt de Roermond a été inaugurée il y a neuf mois dans un esprit résolument design, tout en incluant de nombreux clins d'£il au passé. Première impression. L'allure cossue de cette bâtisse n'est pas inquiétante, et les portes du pénitencier s'ouvrent sur des lumières chaleureuses et des coussins pop. La structure métallique qui distribue coursives et cellules est spectaculaire. Repeinte en noir, arachnéenne, elle sert de cadre aux espaces lounge du rez. Aux murs, de spectaculaires tirages du photographe Cees Roelofs... ou la beauté cachée des sous-bassements d'Alcatraz. On grimpe jusqu'aux chambres par l'étroit escalier : ça résonne et ça claque sous le talon ! Au cachot ! Chaque chambre est constituée de trois cellules décloisonnées, ressemblant à des mini-suites voûtées : un salon décoré d'un portrait XL de détenu qui vous regarde droit dans les yeux (troublant, tout de même), une chambre " à la dure ", couverture simili- Armée et mobilier minimaliste, et enfin le petit coin, avec un bémol : faut-il vraiment la jouer " Vis ma vie de détenu " et subir la gêne d'un espace ouvert ? Les clins d'£il. Chaque client reçoit un sachet de bonbons siglé " This is legal " ; dessins et messages de détenus ont été reproduits sur les mignonnettes de savon ; les peignoirs sont estampillés d'un matricule et d'un numéro de cellule. Deux astuces. Pour manger au très couru restaurant Damianz, prenez-vous y bien à l'avance. Réservez sur www.weekendesk.be pour bénéficier d'une réduction sur le séjour, d'un verre de bienvenue et d'un accès VIP au Designer Outlet tout proche. www.hetarresthuis.nl Beaucoup l'ignorent : la rue de l'Amigo s'appelait autrefois Vruntstraat (rue de l'Enclos). Au XVIe siècle, des soldats espagnols en auraient déformé le nom en " Vriendstraat ", rue de l'Ami, c'est-à-dire " de l'Amigo " ibérique. Jusqu'aux années 50, le très chic Amigo sert de lieu de dégrisement aux ivrognes de la Grand-Place. Difficile à imaginer aujourd'hui au vu de l'incessant ballet d'hommes en livrée et de cylindrées de luxe sous l'auvent ! Logique pour l'époque, la réaffectation fait table rase des vestiges de la prison. Hormis d'immenses dalles de pierre bleue (pour l'hygiène) et des chambres assez basses de plafond, rien ne transparaît plus, dans cet hôtel où règnent calme et luxe, de ce passé carcéral. C'est d'ailleurs ici que descendent stars de la scène et de la politique : Ben Harper, Henri Salvador, Joe Cocker et le " couple " Merkel/Sarkozy en congrès y ont leurs habitudes. www.hotelamigo.com Construit en 1920 le long des quais, il accueille les immigrés placés en quarantaine en arrivant aux Pays-Bas. Ce n'est que sous l'occupation allemande qu'il est converti en prison pour résistants. Bénéficiant d'un plan de valorisation du quartier des docks en 1990, il affiche désormais ses étoiles. Design tous azimuts. Précurseur en la matière, Amsterdam propose de spectaculaires hôtels design. Au Lloyd, c'est la crème des créateurs qui se partage le terrain de jeu : Christoph Seyferth, Christiaan Bastiaans, Joep van Lieshout ou Richard Hutten ont personnalisé espaces communs et chambres. Les traces du passé s'y révèlent dans les matériaux (métal, Bakélite, carrelage), la petitesse de certaines chambres, la simplicité parfois monastique des aménagements. La modernité explose sous la créativité tantôt rigoriste, tantôt extravagante, des designers du cru. www.lloydhotel.com Les tours moyenageuses sont à Bologne ce que les pavés sont à Bruxelles : typiques et nombreuses. La Prendiparte, elle, est passée de famille en famille avant de devenir la prison de l'archevêché en 1500. L'autre luxe. La particularité de l'endroit n'est ni d'être parfaitement implanté en plein centre historique, ni de pencher un tantinet du bonnet, ni d'avoir été une geôle. Son petit plus, c'est de donner accès à un luxe rare : l'exclusivité. Car on n'y loue qu'une seule suite, distribuée sur trois étages. En tout donc, 60 mètres de hauteur et douze niveaux dont, au faîte, une remarquable terrasse panoramique. Amoureux de l'esprit médiéval, le patron joue la carte rustique : ici, c'est chêne foncé, ferronneries, candélabres et pierres érodées. Certaines portant même encore les stigmates de leur occupation, petits traits gravés pour décompter les jours de captivité, signatures, poèmes, émouvantes traces humaines... www.prendiparte.it. Le plus vieux tribunal de grande instance de Grande-Bretagne est implanté en plein quartier de shopping, près de Bond Street, Carnaby Street et Regent Street. Une bâtisse classique du XIXe aux airs respectables, qui a vu défiler des justiciables assez rock and roll. Mick Jagger, Keith Richards ou Francis Bacon condamnés pour possession de drogue, John Lennon pour vente de gravures pornographique... le Courthouse était un lieu de rendez-vous des people des seventies. Bad boy's decorum. De nombreux détails ont été conservés, parfois détournés : portes de cachots transformées en tables, bancs de la salle d'audience dans le restaurant, et quelques endroits entièrement dédiés aux souvenirs, comme The Bar, une minuscule cellule aux murs de brique. On prend un grand bol de modernité dans la salle de cinéma privée, unique à Londres. www.courthouse-hotel.comPAR ANNE BOULORD