A Paris, durant la Fashion Week, il y a les shows et les showrooms. Les premiers, aussi appelés " défilés ", présentent durant quinze minutes top chrono, parfois seize, la collection " show " d'un créateur ou d'une maison portée par des tops toujours models en une chorégraphie plus ou moins spectaculaire. Plus discrètement, les seconds prennent leur quartier dans la ville, dans le Marais surtout. Ils donnent à voir et à toucher la collection " spectacle " montrée sur le catwalk et surtout, plus prosaïquement, toute la gamme des silhouettes et accessoires destinés à la vente dans les boutiques. Dans une ambiance où tout se murmure, les achete...

A Paris, durant la Fashion Week, il y a les shows et les showrooms. Les premiers, aussi appelés " défilés ", présentent durant quinze minutes top chrono, parfois seize, la collection " show " d'un créateur ou d'une maison portée par des tops toujours models en une chorégraphie plus ou moins spectaculaire. Plus discrètement, les seconds prennent leur quartier dans la ville, dans le Marais surtout. Ils donnent à voir et à toucher la collection " spectacle " montrée sur le catwalk et surtout, plus prosaïquement, toute la gamme des silhouettes et accessoires destinés à la vente dans les boutiques. Dans une ambiance où tout se murmure, les acheteurs passent commandes. Les grands créateurs ont leur showroom à leur nom, les petits eux se rassemblent et, parfois, se trouvent un vocable commun. C'est le cas des Belges, réunis sous la houlette de Wallonie Bruxelles Design/Mode (WBDM) et de l'Antwerp/Flanders Fashion Institute qui englobe bizarrement deux créateurs basés à Bruxelles, mais bon. C'est aussi le cas de Cathy Pill, ex-La Cambre mode(s) et de Christian Wijnants, ex-Académie d'Anvers, à deux, c'est mieux. De ces pérégrinations dans Paris, on se souviendra entre autres choses de ceci : La première vitrine WBDM pour 4 créateurs bruxellois ou adoptés (Eric Beauduin, Conni Kaminski, Y-Dress ? et Isabelle Azaïs) et 3 wallons (Monsieur Bul, Céline Pinckers, les Filles à papa). Ils ont pris place sur la scène du théâtre du Centre Wallonie Bruxelles, à l'ombre de Beaubourg. La combinaison " Pardi ! "de Céline Pinckers qui signe de la lingerie d'après-guerre, à grand renfort de clin d'£il et de dentelles élégantes. Le reste s'appelle Sapristi, Saperlipopette ou Sacrebleu. Le marivaudage est permis. La galerie d'art Baudouin Lebon investie par le Flanders Fashion Institute et ses créateurs cooptés, où Valéria Siniouchkina, issue de La Cambre mode(s), s'est amusée à reconstituer l'appartement de l'une de ses Girls From Omsk (1.) Dorénavant ses gamines impertinentes se glissent dans des sweat-shirts hoodie zébrés de gros Zip dorés à dézipper. La robe tunique de Cathy Pill (2.), en georgette de soie, impression street art, à porter col basculé vers l'arrière et main dans les poches. Car la créatrice privilégie depuis toujours le confort, les drapés et l'imprimé maison. Une belle constance. L'effiloché de Christian Wijnants (3.), inspiré des parures animales, poils, plumes, fourrures, déclinées dans tons automnaux. Le créateur, formé à l'Académie d'Anvers, signe une douzième collection où les hippies, la forêt et Foujita dansent une jolie sarabande. Les coupes nettes de Marc Philippe Coudeyre (4.), diplômé de l'Académie royale des beaux-arts d'Anvers et head designer de la première ligne prêt-à-porter de Natan. Sa toute première collection mêle le cuir perforé, le short bronze, la robe drapée et des bijoux plastron réalisés par Atelier 11. La silhouette postpsychiatrique de Schipper/Arques, un tandem belgo-néerlandais basé à Hasselt, qui travaille d'abord l'univers avant de se lancer dans la couture, très théâtrale. C'est l'histoire de Katherine McMurphy, illustre inconnue qui tenta d'altérer les proportions de son corps, avec transformations, restrictions et corrections ultimes. Anne-Françoise Moyson