Chez Camper, on aime par-dessus tout la différence, au point de créer chaque saison depuis plus de dix ans ce que d'autres appelleraient des chaussures dépareillées. Alors qu'ici, on préfère parler de " jumelles ", partageant un même code génétique, certes, et pourtant pas vraiment pareilles... C'est un peu dans cet esprit que le fabricant majorquin vient de lancer " Together ", un concept de boutiques imaginées par de grands noms du design et réalisées en série limitée (maximum cinq par créateur). Si l'on y reconnaît d'entrée de jeu la patte du designer, les espaces ne sont jamais identiques et traduisent à leur manière les valeurs d'indépendance et de singularité si chère à la marque.
...

Chez Camper, on aime par-dessus tout la différence, au point de créer chaque saison depuis plus de dix ans ce que d'autres appelleraient des chaussures dépareillées. Alors qu'ici, on préfère parler de " jumelles ", partageant un même code génétique, certes, et pourtant pas vraiment pareilles... C'est un peu dans cet esprit que le fabricant majorquin vient de lancer " Together ", un concept de boutiques imaginées par de grands noms du design et réalisées en série limitée (maximum cinq par créateur). Si l'on y reconnaît d'entrée de jeu la patte du designer, les espaces ne sont jamais identiques et traduisent à leur manière les valeurs d'indépendance et de singularité si chère à la marque. " Chez Camper, les concepts d'identité et de diversité vont de pair, justifie Miguel Fluxá, responsable du projet et membre de la famille fondatrice. Tout au long de son histoire, la personnalité de Camper s'est enrichie d'apports de designers, d'architectes et d'artistes. Nous choisissons des créateurs qui sont en phase avec ce que nous sommes, qui nous connaissent et apprécient notre démarche. Nous aimons leur design, bien sûr, mais nous apprécions aussi leur sens de l'humour. " Depuis septembre 2006, trois projets distincts ont déjà vu le jour. " La démarche est toujours la même, ajoute Miguel Fluxá. Les créateurs sont totalement libres de proposer ce qu'ils veulent en tenant compte bien sûr des contraintes propres à un magasin de chaussures (stockage des boîtes, conception de zones d'exposition...) Ils nous proposent en fait leur vision de Camper, ce qui nous semble être une manière originale de communiquer sur l'essence même de notre marque en lui apportant une valeur ajoutée. " Cinq boutiques aux univers très affirmés ont déjà ouvert leurs portes. A Londres, Barcelone et tout dernièrement à Palma de Majorque, l'Espagnol Jaime Hayon propose un véritable concentré de son travail : les formes organiques qui le caractérisent, ses incroyables meubles aux pieds empruntés à toutes les époques du design, les porcelaines fantaisistes, tout y est ! Londres et Barcelone sont aussi le théâtre d'autres expériences créatives : car Camper y a fait appel à de jeunes artistes locaux pour dessiner des chaussures originales. A Paris, le designer suisse d'origine argentine Alfredo Häberli a imaginé d'étonnants luminaires en forme de robes, pantalons, caleçons et autres bermudas qui " volent " au-dessus des chaussures exposées comme autant de petits fantômes. Le long des murs courent plus de 80 " pensées dessinées " poétiques et drôles à la fois. " Camper est situé sur l'une des îles Baléares, au milieu de la Méditerranée et de l'Europe, détaille Alfredo Häberli. Rien que pour cela, c'est déjà une entreprise pas comme les autres. " Une idée que le créateur a traduite en plaçant au centre du magasin une table-îlot, haute et de grande dimension, elle-même formée de petites îles de formes et de matières différentes pour mieux agencer les chaussures par famille. A Berlin, les Brésiliens Fernando et Humberto Campana ont choisi de travailler en deux temps, en réalisant d'abord un décor provisoire, interactif, avec un mobilier constitué de matériaux recyclés, ce qui permet à la marque d'ouvrir des boutiques dans un délai rapide, avant même que la déco et le design choisis ne soient totalement terminés. " Nous voulons jouer sur les sensations, explique le duo brésilien. Le concept devait être fort et en même temps facile et rapide à fabriquer, avec un budget léger. Nous avons recouvert les murs de lambeaux d'affiches publicitaires, des chutes d'impressions, du papier utilisé pour étalonner les couleurs sur les machines d'imprimerie avant d'être jeté. Un reste de pollution visuelle qui peut être transformé en art. Hors de leur contexte, de leur format, de leur échelle, ces affiches acquièrent un aspect pointilliste et fragmenté, d'une beauté incohérente. " Particulièrement réussi, le projet " Torn Leftovers " contient toute l'essence créatrice et la poésie de ce duo singulier qui signera d'ailleurs le design de la boutique berlinoise lorsqu'elle rouvrira définitivement. Carnet d'adresses en page 102.Isabelle Willot