Ce joli objet s'appelle "Essentiels de Chanel" et c'est le Star Product de la palette printemps-été 2003 de la célèbre maison parisienne. Le boîtier, noir et sobre, est glissé dans une pochette noire, matelassée comme les nouveaux sacs Chanel et doublée d'un taffetas rouge. A l'intérieur, six petits rectangles de couleurs: le rouge et le noir, l'or et l'argent, le beige et le blanc. Chatoyantes et raffinées. Ces couleurs sublimeront le teint, mettront en valeur l'expression du regard et illumineront le sourire trendy.
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Ce joli objet s'appelle "Essentiels de Chanel" et c'est le Star Product de la palette printemps-été 2003 de la célèbre maison parisienne. Le boîtier, noir et sobre, est glissé dans une pochette noire, matelassée comme les nouveaux sacs Chanel et doublée d'un taffetas rouge. A l'intérieur, six petits rectangles de couleurs: le rouge et le noir, l'or et l'argent, le beige et le blanc. Chatoyantes et raffinées. Ces couleurs sublimeront le teint, mettront en valeur l'expression du regard et illumineront le sourire trendy. "Le Star Product est né il y a sept ans, explique Dominique Moncourtois, directeur international de la création maquillage Chanel. Heidi Morawetz ( NDLR: directrice du studio de création de maquillage Chanel) et moi-même souhaitions sortir d'une routine qui nous imposait de créer une nouvelle collection de maquillage deux fois par an, en respectant les tendances du moment. On a donc imaginé, en prime, un produit unique, éphémère, qui est en quelque sorte la "vedette" de chaque collection. Ce Star Product n'a rien à voir avec le marketing. En revanche, il reflète l'image et la culture de notre maison. Notre objectif est d'interpréter, dans le maquillage, les éléments d'identification de Mademoiselle. Car, dans son univers, tout était signes et symboles. Les chaînes, la robe noire, le sac matelassé, les perles et les chaussures bicolores, représentent, dans le monde entier, la griffe de Chanel. Ce Star Product, nous l'offrons donc aux femmes deux fois par an, sans nous préoccuper de son succès. Cela dit, il marche très bien et fait le bonheur des collectionneuses." Après les Perlesde l'hiver dernier (treize "perles" multiusages nacrées: roses, vertes, or ou blanches), voici donc les six couleurs préférées de Coco Chanel, réunies dans le même boîtier.Les couleurs de MademoiselleLe blanc et le noir? Il sont indissociables. Sobres, purs et élégants. Le noir, ne trahit jamais, il souligne. La mythique petite robe noire, par exemple. Peut-on rêver une tenue plus parfaite, aussi irréprochable? Les perles d'un blanc immaculé, laiteuses et nacrées, ou encore les cols blancs, donnent de l'éclat à toute carnation, en toutes circonstances. "Le noir et le blanc sont d'une beauté absolue, aimait à répéter Coco Chanel. C'est l'accord parfait. Mettez des femmes en noir ou en blanc dans un bal: on ne voit plus qu'elles."Le beige? C'est l'évidence même, la base classique qui permet toutes les fantaisies et les libertés. "Je me réfugie dans le beige parce que c'est naturel. Non teint." Coco Chanel s'habillait en beige et des milliers de femmes l'imitaient. La créatrice aimait le beige sur elle et autour d'elle. Il régnait dans sa maison de couture et aussi chez elle. Bettina Ballard, journaliste au "Vogue" américain remarquait, dans un de ses articles que "dans sa maison, tout était de couleur beige, même le piano." Le beige s'est également imposé dans les chaussures (Mademoiselle les appelait des souliers), associé à du noir. A la fin des années 1950, les femmes adoptent, en effet, un nouveau style. Elles deviennent actives. Coco Chanel planche donc sur un modèle universel, confortable, portable du matin au soir et assorti à toutes les tenues. Fruit de ses réflexions? Une sandale beige à bout carré noir, munie d'un talon de cinq centimètres et équipée d'une bride. Le concept, alliant l'esthétique et le fonctionnel, est parfait. Le beige allonge la jambe tandis que le noir fait le pied moins long. Moins salissant et moins fragile, le noir permet également d'arpenter la rue d'un pas dynamique. Accessoire incontournable du "patrimoine" Chanel, la chaussure bicolore est présente dans chaque collection, en ballerine, en escarpin, en botte ou en espadrille, et revisitée selon les tendances en vigueur.Le rouge? C'est la perfection, la couleur reine, la couleur mythique. "Mademoiselle Chanel l'utilisait violemment, se souvient Dominique Moncourtois. Tous ses sacs étaient doublés de rouge, une astuce pour aider à retrouver ses affaires. Un tailleur rouge, souvent gansé de bleu marine, faisait partie de chacune de ses collections. Et puis, elle ne sortait jamais sans son rouge à lèvres vermillon, très vif, violent, légèrement satiné et poudré, pour le rendre encore plus présent."L'or et l'argent, enfin. On les retrouve en touches tantôt subtiles, tantôt plus audacieuses dans ses créations de couture des années 1930. Ils sont utilisés à profusion dans les accessoires: bijoux, ceintures et sacs. La valeur de l'or et de l'argent, Coco Chanel s'en moquait. Personnalité forte et singulière, elle était surtout fascinée par leur "brillance baroque", par l'extraordinaire éclat qu'ils ajoutaient à son style impeccable, empreint d'une simplicité très classique."Depuis longtemps, Heidi Morawetz et moi, nous rêvions de proposer aux femmes cette palette de six couleurs mythiques, pour qu'elles puissent jouer avec toutes les teintes, les mélanger et les superposer, confie Dominique Moncourtois. Ce fut un véritable pari technologique, car les législations concernant l'utilisation des pigments en cosmétique sont très sévères et varient d'un pays à l'autre. Nous avons réussi à intégrer les législations du monde entier pour élaborer des concentrations pigmentaires et des textures qui puissent être utilisées dans tous les sens, sur les yeux, sur les lèvres et sur la peau. Maintenant, c'est à vous, les femmes, de jouer. Pour vous encourager, je citerai une des célèbres maximes de Coco Chanel: "maquillez-vous, agressez, les hommes n'aiment pas les pleureuses".Essentiels, mode d'emploiLes six carrés de couleurs déclinent deux textures: crème ou gloss. Le noir, le blanc et le beige, crémeux, tiennent longtemps avec un fini mat. Le rouge, également crémeux, donne un effet plus moelleux, plus "gourmand". L'or et l'argent, deux gloss, se distinguent par une belle brillance. Dans le boîtier, il y a également deux petites brosses, très précises, qui facilitent les applications. N'hésitez pas à vous servir de votre doigt, surtout sur les lèvres et les pommettes. Commençons par le noir. Traité comme un eye-liner, il peut juste souligner le regard en dessinant une ligne précise le long des cils supérieurs et inférieurs. Pour une version plus mystérieuse, on l'étale sur toute la paupière mobile. L'excès s'estompe très facilement, au doigt, ou avec on coton-tige. "Pour que cela tienne, poudrez la paupière avec de la poudre libre, conseille Heidi Morawetz. Vous pouvez aussi adoucir le noir avec du blanc. Le résultat dépendra de la quantité de blanc utilisé. Vous pourrez obtenir une large palette de gris, du perle à l'anthracite. Le soir, ajoutez un peu de gloss argent ou or. Le regard sera plus éclatant."Le rouge est sans doute le plus polyvalent et offre le plus d'effets possibles. En mélangeant, sur les lèvres, le rouge et l'argent, on obtient un pêche, doux et transparent. En jouant avec le rouge et le blanc, on obtient une quantité infinie de nuances roses. Le rouge et l'or forment la couleur brique dorée que l'on peut également moduler, en forçant soit sur le rouge soit sur l'or. En associant le rouge et le noir, on crée un rouge plus sombre, voire très intense. Le même rouge, peut également servir de blush. "Déposez quelques touches de rouge et de beige sur les pommettes, propose Heidi Morawetz. Estompez du bout des doigts ou à l'éponge par mouvements circulaires. Une touche de blanc supplémentaire apporte une teinte rose pâle. Cette couleur, au délicat fini mat, est également très jolie sur les lèvres." Le beige, enfin, servira plutôt de correcteur, pour obtenir un teint zéro défauts. Un soupçon de crème, bien estompée, éclaire les ombres près des ailes du nez et aux commissures des lèvres et sert également d'anticernes. Pour les cernes plus discrets, on "fabrique" son "cache-misère" sur mesure, en y ajoutant un soupçon de blanc.Barbara Witkowska [{ssquf}]