Deux heures de mer. Il n'en faut pas plus pour changer de monde. Entre le port de Rafina et Gavrio, on passe de la trépidante Attique à Andros la sauvage, une île qui ne ressemble à aucune autre des Cyclades. Premier choc entre Gavrio et Chora, où la route grimpe la chaîne de montagnes centrale : les prairies battues par les vents et délimitées par des hautes dalles de schiste - les xérolithia - forment un balcon au-dessus de l'eau. Le paysage prend des airs d'Irlande. En réalité, ce sont trois impressionnants massifs qui traversent Andros de part en part. Un relief qui, jusqu'il y a peu, limitait les contacts entre les vallées, induisant des particularismes et parfois même des méfiances entre villages. Les anciens se souviennent qu'à Sténiès, tout étranger qui avait la mauvaise idée de traverser était chassé à coups de pierres. Village de marins oblige, les habitants redoutaient l'infidélité des épouses durant l'absence des hommes !
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