La diagonale inspirée de Christian Biecher

Attraction, le nouveau parfum de Lancôme, est un jus chaud, féminin et sensuel. Pour l'abriter, Christian Biecher a donc cherché des formes courbes, rondes et concentriques. Il s'est aussi inspiré du nom qui évoque le cosmos et l'équilibre. Or, la courbe la plus équilibré, c'est la sphère. D'où cette boule composée de deux sphères û l'une d'or, l'autre de verre û qui s'imbriquent l'une dans l'autre. Deux sphères qui s'attirent comme deux corps amoureux et qui, en se rencontrant, forment des plis, à l'image des plis corporels. Un superbe exercice de style, plein de sensualité, pour ce jeune architecte, qui privilégie dans son travail des projets " qui explorent l'espace par la diagonale ", géométriques, dynamiques et vivants, renonçant à l'axe et à la symétrie. Christian Biecher est " constructeur " dans l'âme depuis sa plus tendre enfance. Diplômé de l'école d'architecture de Paris, il a conçu des immeubles, des hôpitaux, des crèches et des bibliothèques publiques. On a beaucoup parlé de lui quand il a aménagé et décoré le Korova, ce restaurant parisien hyperbranché lancé par Jean-Luc Delarue. Issey Miyake et Joseph lui ont confié la conception de leurs boutiques phares. Il vient de terminer, à Tokyo, la première boutique de la créatrice de bijoux Marie-Hélène de Taillac. Le design de meubles et d'objets est venu tout naturellement, comme une suite logique. Christian Biecher est particulièrement fier de sa coupe à fruits en céramique, dont la forme est " magnifique et intemporelle ". Il aime beaucoup aussi sa chaise longue " enveloppante ", dessinée pour Poltrona Frau ou encore sa petite bibliothèque en bois laqué, éditée par la Galerie Neotu. " Un jour, j'ai été contacté par Lancôme par mail, confie l'architecte. Ils souhaitaient une expérience avec quelqu'un qui avait une approche fraîche par rapport aux parfums. A ma grande joie, ils m'ont confié le projet. J'adore travailler ...

Attraction, le nouveau parfum de Lancôme, est un jus chaud, féminin et sensuel. Pour l'abriter, Christian Biecher a donc cherché des formes courbes, rondes et concentriques. Il s'est aussi inspiré du nom qui évoque le cosmos et l'équilibre. Or, la courbe la plus équilibré, c'est la sphère. D'où cette boule composée de deux sphères û l'une d'or, l'autre de verre û qui s'imbriquent l'une dans l'autre. Deux sphères qui s'attirent comme deux corps amoureux et qui, en se rencontrant, forment des plis, à l'image des plis corporels. Un superbe exercice de style, plein de sensualité, pour ce jeune architecte, qui privilégie dans son travail des projets " qui explorent l'espace par la diagonale ", géométriques, dynamiques et vivants, renonçant à l'axe et à la symétrie. Christian Biecher est " constructeur " dans l'âme depuis sa plus tendre enfance. Diplômé de l'école d'architecture de Paris, il a conçu des immeubles, des hôpitaux, des crèches et des bibliothèques publiques. On a beaucoup parlé de lui quand il a aménagé et décoré le Korova, ce restaurant parisien hyperbranché lancé par Jean-Luc Delarue. Issey Miyake et Joseph lui ont confié la conception de leurs boutiques phares. Il vient de terminer, à Tokyo, la première boutique de la créatrice de bijoux Marie-Hélène de Taillac. Le design de meubles et d'objets est venu tout naturellement, comme une suite logique. Christian Biecher est particulièrement fier de sa coupe à fruits en céramique, dont la forme est " magnifique et intemporelle ". Il aime beaucoup aussi sa chaise longue " enveloppante ", dessinée pour Poltrona Frau ou encore sa petite bibliothèque en bois laqué, éditée par la Galerie Neotu. " Un jour, j'ai été contacté par Lancôme par mail, confie l'architecte. Ils souhaitaient une expérience avec quelqu'un qui avait une approche fraîche par rapport aux parfums. A ma grande joie, ils m'ont confié le projet. J'adore travailler sur les choses que je n'ai jamais faites. " Tout en bénéficiant d'une liberté totale, Christian Biecher a dû se plier à un contexte commercial différent et travailler dans un cadre strictement défini par la technologie et les coûts. On ne conçoit pas une coupe à fruits, destinée à un marché de niche et à quelques boutiques d'avant-garde, comme on conçoit un objet multiplié à des milliers, voire des millions d'exemplaires. Cela dit, malgré le stress, cette nouvelle aventure fut d'autant plus excitante et motivante. L'expérience a en tout cas plu à tous les partenaires et marque le début d'une longue histoire. Les parfums (déclinaison d'Attraction en Eau de Parfum, en ligne de bain et en vaporisateur de sac) en sont le premier épisode. On murmure que d'autres projets, toujours pour Lancôme, sont bien avancés... Ce sont les grands chouchous dans l'univers très élitiste du design. Les frères bretons, nés à Quimper, figurent parmi les designers les plus courtisés du moment. On leur a même consacré, déjà, deux publications monographiques et ce, malgré leur jeune âge : Ronan est né en 1971 et Erwan en 1976. C'est Giulio Cappellini qui a repéré leur " cuisine désintégrée " au Salon du meuble de Paris, en 1997. Depuis lors, la collaboration étroite avec le pape du design italien a abouti à de nombreux projets. Les frères Bouroullec volent de leurs propres ailes et réalisent des pièces de décoration et de mobilier pour des maisons d'édition aussi renommées que Vitra, Ligne Roset ou Habitat. Le rendez-vous avec la beauté ? Il a commencé par la rencontre avec Issey Miyake. Le créateur japonais leur confie la conception d'un espace, destiné à accueillir sa nouvelle collection de vêtements A-Poc, à Paris. Dans la foulée, Miyake leur demande de travailler sur les emballages de la nouvelle ligne de bains L'Eau d'Issey, entièrement reformulée. Ronan et Erwan s'enthousiasment pour le projet. Jusque- là, ils considéraient d'un £il assez détaché la forme des tubes et flacons des gels douche, déodorants et autres produits pour le corps. Mais du coup, ils se sont sentis très motivés pour découvrir et approfondir l'univers de la beauté. Au Japon, le bain est un véritable art, accompagné de codes bien précis et de rituels très sensuels. D'où l'idée de créer une famille de produits (Gel pour le Bain et la Douche, Lait Hydratant et Crème de Douceur pour le Corps, deux Déodorants et une Eau Apaisante pour la Nuit) au design avant-gardiste et inédit. Sur les tubes et les flacons, on retrouve le même fil conducteur : la répétition d'une forme plate et bombée dans son profil. C'est à la fois d'une simplicité exquise et d'une grande générosité. Sculptés dans un plastique high-tech, les emballages séduisent par un toucher " sensoriel ". Les surfaces sont lisses et veloutées d'un bleu gris légèrement translucide. Un coloris tendre, pur et évident, respecte à la perfection l'image et l'esprit d'Issey Miyake. L'objet est rare et singulier : une coque d'acier s'ouvre sur un c£ur en verre de Venise couleur rouge sang. Ce flacon, c'est Kingdom, le premier parfum d'Alexander McQueen. Patrick Veillet signe ce design étonnant sous la direction artistique d'Alexander McQueen. Patrick est né à Evian. Ce royaume de l'eau pure et limpide a déterminé tout naturellement sa vocation. Depuis l'enfance, il se passionne pour les matières translucides et transparentes, pour les jeux de lumières et, forcément, par le maquillage. Il opte pour des études artistiques, se familiarise avec la communication par le volume, les packagings et la scénographie. Son mémoire de fin d'études aborde le thème du maquillage et de l'accessoire. Patrick Veillet est obsédé par la relation entre le corps et les objets qui gravitent autour de lui et, par conséquent, par l'idée de rendre les objets vivants pour que l'affinité avec le corps soit plus grande. Il se lance dans la vie professionnelle comme illustrateur pour les grandes maisons de luxe. Puis designer free-lance, il développe des accessoires de peau ou des " sculptures à porter " pour les défilés de Karl Lagerfeld, Thierry Mugler, Christian Lacroix et Jean Paul Gaultier. En 2000, il participe à l'exposition " La Beauté en Avignon " et rencontre Alexander McQueen. Le projet d'une collaboration naît rapidement. Le couturier, très impliqué dans la création de son parfum, l'a voulu frais au départ, ensuite plus intense et masculin, pour " suggérer un érotisme brut. " Tout pour plaire aux guerrières urbaines d'aujourd'hui qui jonglent admirablement avec des valeurs masculines et féminines. Pour cette fragrance à la personnalité forte, il a fallu un flacon alluré et singulier. Patrick Veillet a donc imaginé un £uf-enveloppe, une sorte d'armure, de " protection froide que l'on ouvre par deux gestes secs pour découvrir un c£ur dont le rouge dit qu'il est vibrant". Le flacon peut être posé de différentes manières, sur sa partie courbe, sur le bouton pressoir ou sur une des faces de verre. Il invite alors à plusieurs lectures, comme un kaléidoscope : £uf pur, symbole de naissance, as de c£ur, symbole de l'amour, as de pique, symbole de la mort... Parfum de peau et de lumière, extrêmement chic, L'Instant de Guerlain renoue avec la tradition de la très haute parfumerie française. A qui confier l'écrin d'une telle fragrance ? A un designer qui perpétue une tradition de la grande décoration française dans une version contemporaine. Soit Jérôme Faillant-Dumas, créateur effervescent passionné par les meubles et les objets, dont la beauté transcende le temps. Après les études supérieures d'Art, Jérôme Faillant-Dumas fait ses premières armes chez Chanel où il affine son goût du beau, pénètre l'art des mélanges et aiguise son regard sur l'importance des détails. Plus tard, il reprend les rênes de la direction artistique internationale des Parfums et Cosmétiques Yves Saint Laurent. Auprès du mythique couturier, il s'initie au métissage de cultures et de couleurs. Riche de ces deux expériences éclectiques, il crée, en 1997, l'agence L.O.V.E. (Luxe, Objet, Visuel, Environnement), dont il assure aujourd'hui la direction artistique. Jérôme Faillant-Dumas conçoit l'image de marque des maisons de luxe les plus prestigieuses ainsi que le design des flacons de parfums et des produits de beauté. Le dernier en date, L'Instant de Guerlain, est fidèle à la tradition et reprend les codes précieux et raffinés des écrins anciens. Un flacon luxueux, auréolé à la fois par des arêtes nettes et des courbes féminines où l'on ressent le vrai poids du verre. Le bouchon épuré est sculpté comme un cabochon géant. A son sommet est gravé le sceau Guerlain, dans la plus pure tradition de la maison. Récemment, Jérôme Faillant-Dumas a diversifié ses activités, en décidant d'éditer les meubles qu'il imagine et dessine depuis toujours. " J'aime travailler les volumes, les matières, les couleurs, explique-t-il. Ce que je faisais pour les flacons de parfums, j'ai souhaité le faire pour des objets. " Sans oublier une seconde raison qui l'a poussé à se lancer dans l'univers de la décoration. Il privilégie une " sensibilité moderne teintée d'une certaine nostalgie du passé". Or, il trouve que les créations actuelles manquent d'intemporalité. Respectueux du savoir-faire artisanal, Jérôme Faillant-Dumas aime concevoir des meubles et objets qui se distinguent par des proportions et une allure intemporelles, par une qualité de fabrication et un choix de matériaux exceptionnels : des bois rares, des cuirs haut de gamme, des métaux nobles et le verre. En y associant, parfois, pour un contraste subtil, l'albâtre, le plâtre, le plexi ou la marqueterie de paille. Barbara Witkowska