Dans les guides touristiques, pas grand-chose sur Trieste. Seulement quelques lignes sur une ville blessée, oubliée de l'Histoire. Celle qui aurait dû accéder au statut de grand port de l'Adriatique n'est finalement devenue qu'une ville étape pour touristes en partance vers la Slovénie. Cité italienne aux accents de l'Est, Trieste a conservé, outre un centre historique parcouru de ruelles étroites, la splendeur d'une grande place dont les façades trônent majestueusement face à la mer. Pour certains, c'est triste, Trieste. Pour d'autres, c'est poétique. Pour ses habitants, c'est la perle de l'Adriatique, le port d'attache qu'ils ne veulent pas quitter. Telle Barbara Franchin qui a choisi sa ville natale pour organiser ITS#, le Festival international des jeunes talents de la mode soutenu par la marque italienne Diesel. Dans une ambiance cool, presque estudiantine, loin du show-off auquel nous ont habitués les autres festivals de mode, on fêtait, les 13 et 14 juillet dernier, la cinquième édition de l'événement. Chaque année, au printemps, Barbara et son équipe sillonnent pendant trois semaines les capitales de la mode pour y dénicher les futurs talents. Aussi, a-t-elle fait étape en Belgique pour opérer des repérages à l'Académie d'Anvers et à La Cambre à Bruxelles. Lors de cette édition, on comptait pas moins de sept Belges da...

Dans les guides touristiques, pas grand-chose sur Trieste. Seulement quelques lignes sur une ville blessée, oubliée de l'Histoire. Celle qui aurait dû accéder au statut de grand port de l'Adriatique n'est finalement devenue qu'une ville étape pour touristes en partance vers la Slovénie. Cité italienne aux accents de l'Est, Trieste a conservé, outre un centre historique parcouru de ruelles étroites, la splendeur d'une grande place dont les façades trônent majestueusement face à la mer. Pour certains, c'est triste, Trieste. Pour d'autres, c'est poétique. Pour ses habitants, c'est la perle de l'Adriatique, le port d'attache qu'ils ne veulent pas quitter. Telle Barbara Franchin qui a choisi sa ville natale pour organiser ITS#, le Festival international des jeunes talents de la mode soutenu par la marque italienne Diesel. Dans une ambiance cool, presque estudiantine, loin du show-off auquel nous ont habitués les autres festivals de mode, on fêtait, les 13 et 14 juillet dernier, la cinquième édition de l'événement. Chaque année, au printemps, Barbara et son équipe sillonnent pendant trois semaines les capitales de la mode pour y dénicher les futurs talents. Aussi, a-t-elle fait étape en Belgique pour opérer des repérages à l'Académie d'Anvers et à La Cambre à Bruxelles. Lors de cette édition, on comptait pas moins de sept Belges dans la sélection, toutes catégories confondues (accessoires et prêt-à-porter), soit près d'un tiers des candidats. Parmi eux, on a noté le raffinement de Mattieu Blazy (La Cambre), mais aussi la collection ethnique d'Ann Torfs (Anvers), le talent d'Heaven Tanudiredja (étudiant en deuxième année à Anvers) qui s'est distingué par une collection masculine faite de vêtements portés en superposition et de visages masqués, la créativité de Mikio Sakabe (Anvers) qui a remporté un prix spécial pour son univers eighties de paysages urbains, les couples mixtes de Nadine Möllenkamp (Anvers), les surprenantes écoutilles en verre de Marisa Leipert (Anvers), ou encore la collection d'accessoires de Natalia Culebras Cruz (Anvers). L'équipe de ITS# a également déniché des talents à Londres, où, cette année, c'est le Royal College of Art qui a tout raflé : Aitor Throup, gagnant du festival pour ses hommes aux vestes de costumes recouvertes de têtes de mort, Daniel Ivarsson, lauréat du " Diesel Award ", pour ses pantalons taille basse pour un homme super sexy, mais aussi Heather Blake pour sa collection de chaussures baptisée " Industrial baroque ". La grande nouveauté cette année, outre la compétition inédite dédiée aux accessoires, c'est la montée en puissance des collections pour l'homme qui se sont particulièrement démarquées. Une tendance déjà repérée lors de l'édition ITS#4 où Marcus Lereng Wilmont avait remporté le Grand Prix du festival avec ses jupes pour homme. " Nous avons reçu 800 candidatures provenant de 65 pays et représentant 200 écoles, confirme Barbara Franchin. Elles viennent entre autres d'Indonésie, de Corée du Sud, d'Israël... L'année prochaine, nous ouvrirons la compétition à la Russie et à la Chine. Pour les étudiants, c'est une chance de pouvoir confronter ainsi leurs cultures. Mais la particularité de cette édition ITS#5, c'est que nous avons de très fortes collections pour l'homme. " Cette année, en effet, on a pu découvrir des collections masculines largement supérieures à celles consacrées à la femme. Au total, 7 collections pour l'homme sur 21, soit un tiers des défilés au masculin. Retour en images sur les nouvelles tendances repérées lors des défilés On n'hésite pas à porter des vestes intégrant sur leur revers des têtes de mort, signées Aitor Throup, le lauréat du festival. C'est gothique, donc tout à fait dans la tendance de la saison, et d'une grande créativité. En bas, le pantalon super skinny, déjà en vogue chez la femme, recouvre la chaussure ou la bottine. (suite de la page 17)C'est un look repéré chez le lauréat de ITS#4, Marcus Lereng Wilmont, qui est revenu cette année avec une collection de jupes portées sur des Dr. Martens et accessoirisées de cravates très courtes. Idem chez le lauréat de cette 5e édition, Aitor Throup, qui habille ses modèles de cravates rouges, le plus souvent portées sous la chemise. Une façon ludique de détourner le sérieux de cet accessoire masculin. Les hommes n'échappent pas à la supertendance du moment. Comme dans les collections féminines, leurs visages sortent masqués. Preuve en est la signature de Heaven Tanudiredja, étudiant en deuxième année à l'Académie d'Anvers. Une collection très riche remarquée pour son jeu de superpositions (très en vogue cette saison), ces tops ou ces écharpes confectionnées en véritables cheveux et ces visages d'hommes masqués. Une tendance que l'on retrouve aussi chez le lauréat Aitor Throup qui n'hésite pas à dissimuler le regard de ses mannequins masculins. Toujours dans la vague rebelle et grunge, le pull cède à la mode de la " scarification " ; traduction : le déchiré. On porte des pulls en grosse maille, entaillés, découpés sur un marcel ou sur un torse nu. Et on prend exemple sur la collection d'Hiroaki Kanai, étudiant à l'école d'Arnhem aux Pays-Bas. C'est Daniel Ivarsson, du Royal College of Art, qui donne le ton. Ses mannequins, défilant le plus souvent torse nu, ou simplement vêtus d'un débardeur, mettent en valeur la coupe d'un pantalon en cuir noir méga-taille basse, qui tombe sur le bas ventre. On le porte avec des Dr. Martens, pour un effet rebelle et sexy. Nous, on est complètement fans. Bonne nouvelle : cette collection, qui a remporté le Diesel Award, sera commercialisée dans les boutiques de la marque. (suite en page 20)(suite de la page 18)L'homme de cet hiver, comme la femme, se réchauffe à l'aide de jambières. On les enfile sur le pantalon pour bien enserrer le mollet comme dans la collection d'Adrian Sommerauer, étudiant à Hamburg University of Applied Science. Portées avec un veston, elles font l'allure dandy. Les collections pour l'homme sont pratiques et ludiques. En point de mire : un homme moderne. Ainsi, ce top de Seksarit Thanaprasittikul de l'école d'Arnhem aux Pays-Bas qui intègre un sac kangourou pour porter bébé. Une marinière kangourou pour l'homme, il fallait y penser. C'est craquant à souhait.Sur les catwalks, on défile désormais deux par deux. Deux garçons, deux filles, ou un garçon et une fille... Les collections jouent plus que jamais la carte de la mixité, de l'unisexe. Comme Nadine Möllenkamp, étudiante à Anvers, qui habille l'homme et la femme tels des copies conformes. Les chemises sont transformées en chapeau, les n£uds de cravate se portent sur un pantalon de jogging. Ou encore comme Mikio Sakabe qui dessine des costumes réversibles et unisexes. Agnès Trémoulet