ANTHONY VACCARELLO

Dans les salons de l'hôtel Salomon de Rothschild, les plus belles filles de la Terre défilent pour Anthony Vaccarello. Asymétrie joliment maîtrisée et tailoring racé, mini maximalisé, oeillets façon cotte de mailles, sur petite ou grande surface, chignon de danseuse, bouche bordeaux intense et boots à talons aiguilles. Grâce à ce jeune homme talentueux, le cuir colle à la peau, et le noir, le blanc, le Lurex électrisent son vestiaire " sexy cool ". Avec lui, tout est possible.
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Dans les salons de l'hôtel Salomon de Rothschild, les plus belles filles de la Terre défilent pour Anthony Vaccarello. Asymétrie joliment maîtrisée et tailoring racé, mini maximalisé, oeillets façon cotte de mailles, sur petite ou grande surface, chignon de danseuse, bouche bordeaux intense et boots à talons aiguilles. Grâce à ce jeune homme talentueux, le cuir colle à la peau, et le noir, le blanc, le Lurex électrisent son vestiaire " sexy cool ". Avec lui, tout est possible. La sensualité stricte, en tweed, mohair et angora avec chapeau de cow-boy ton sur ton. Le goût de la couture avec drapé artistique et références aux années 50 et 60.L'invitation au voyage, l'esprit nomade, avec superpositions et réminiscences de la Rome antique. Mariage mixte. Avec un sens inégalé du rapprochement des extrêmes, Dries Van Noten manie le tailoring et le flou comme jamais, avec fusion garantie. Une robe charleston sur un pantalon cigarette, des chaussures plates ou des sandales raffinées, des imprimés fleurs délavées, des brocarts ou de la maille, des vestes oversized et même des plumes d'autruche et des strass, à gogo, comme les aiment les patineuses. Le féminin superlatif à l'assaut de la garde-robe masculine, c'est beau. Le mélange de l'uniforme militaire et du taffetas soyeux, une certaine idée du drame.L'invasion des traces de peinture, des coups de pinceaux et du ciré, un certain sens de l'artisanat. Il y a des plumes, du noir, du blanc, des franges, des vestes déboutonnées, des superpositions nonchalantes, des ceintures défaites, une atmosphère de couvent, on est bien chez la grande prêtresse du vêtement dark. Comment fait-elle pour se réinventer chaque saison sans faire un pas de côté, ni lasser jamais ? Un air début XIXe siècle flotte, de la mélancolie aussi, une panoplie, melon compris, qui traverse le temps et les modes, comme c'est puissant. Des blancs pour réveiller le kaki, de la dentelle camouflage pour sublimer la garde-robe de la reine des robes. De la force, de la fragilité, de la laine moelleuse pour emprunter une nouvelle voie. Du mérinos et la technique du shibori pour triompher en tricotant. Le goût de l'allure. C'est celui des jeunes femmes que Cédric Charlier fluotte avec une ligne très près du corps. Il ne déroge pas à ses principes d'élégance et de modernité. Sa maille s'amuse des trompe-l'oeil, ses Zips bronze rappellent subtilement ses deux collections précédentes, en un fil rouge cohérent, ses jupes se portent avec un " cycliste ", ses robes trois trous clament leur modernité en affichant un print gribouillage décliné en rose, vert, blanc. Quelle maîtrise. PAR ANNE-FRANÇOISE MOYSON