Avec la Biennale, qui fait son show tout l'hiver à grand renfort de performances et d'installations, la création la plus contemporaine est au rendez-vous. Pour cette 9e édition, les commissaires ont proposé à une soixantaine de critiques du monde entier de choisir l'artiste qui, selon eux, " occupe une place essentielle dans cette décennie ". Un désir un rien incongru alors que la décennie n'est pas encore achevée ! Mais un moyen judicieux toutefois de braquer les projecteurs sur les talents de demain... Ces derniers sont notamment à l'honneur à la Sucrière, anciens entrepôts reconvertis en centre d'expos, et au Muca, le musée d'art contemporain imaginé par Renzo Piano au nord de Lyon, en pleine " Cité internationale ".
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Avec la Biennale, qui fait son show tout l'hiver à grand renfort de performances et d'installations, la création la plus contemporaine est au rendez-vous. Pour cette 9e édition, les commissaires ont proposé à une soixantaine de critiques du monde entier de choisir l'artiste qui, selon eux, " occupe une place essentielle dans cette décennie ". Un désir un rien incongru alors que la décennie n'est pas encore achevée ! Mais un moyen judicieux toutefois de braquer les projecteurs sur les talents de demain... Ces derniers sont notamment à l'honneur à la Sucrière, anciens entrepôts reconvertis en centre d'expos, et au Muca, le musée d'art contemporain imaginé par Renzo Piano au nord de Lyon, en pleine " Cité internationale ". Entièrement projeté par Piano, l'architecte génois, le quartier résidentiel de la Cité internationale abrite des jardins paysagers, des habitations de luxe, un cinéma, un casino et un centre des congrès. Ceci à quelques encablures du parc de la Tête d'or, le poumon vert de Lyon. Après une pause dans la roseraie ou encore dans la " savane africaine " du parc - les lions et les éléphants ont investi quelques pelouses -, partons à la découverte de l'architecture de verre et de brique de la cité et de son nouvel amphithéâtre (achevé en 2006), une salle de spectacle aux allures de théâtre gallo-romain. C'est à " vélo'v ", une des 3 000 bicyclettes mises à votre disposition dans quelque 250 stations de la ville, que l'on ira parcourir les allées rouges de la Cité high-tech. Du pont de la Guillotière (juste en face de la prestigieuse place Bellecour, la plus grande place de Lyon et la quatrième de France), il suffit alors d'emprunter les quais du Rhône, direction rive gauche. Un trajet enchanteur. Après vingt mois de travaux, la ville s'est réconciliée avec les berges du Rhône. Aujourd'hui, elles constituent une longue et splendide coulée verte avec les pieds dans l'eau (3 500 arbres et 6 000 m2 de pelouse ont été plantés). Inaugurée au printemps dernier, cette nouvelle prairie urbaine étire ses 10 hectares en terrasses, plans d'eau et allées boisées. Durant la journée, on y fait du footing, de la bronzette ou du roller et le soir, on décompresse au comptoir du Sirius, une péniche branchée. Avec ses nombreux jeunes chefs prodiges tels Nicolas Le Bec, Davy Tissot, Philippe Gauvreau, Matthieu Vianney, ou encore Manuel Viron, Lyon a de quoi enchanter les papilles. Depuis qu'il a été immortalisé par le dernier film de Claude Chabrol, La Fille coupée en deux, le restaurant de Nicolas Le Bec (2-étoiles), loft sobre et élégant, ne désemplit pas. Le chef y concocte d'élégants mariages de saveurs, et ses menus sont en constante évolution. Deux lundis par mois, Le Bec partage sa passion lors d'appétissantes " leçons de goût ". Meilleur ouvrier de France et couronné de 1-étoile, Davy Tissot est lui aussi un artiste de la gastronomie. Depuis 2004, il fait sensation à la Villa Médicis (un fastueux " Relais et châteaux " sur les hauteurs de Lyon) avec une cuisine du terroir riche en innovations. Son Mille-feuille de foie gras et pêche de vigne et son Biscuit moelleux façon Pim's sont inoubliables. La relève de Paul Bocuse semble ainsi assurée. Dominant les quais de Saône, la Croix-Rousse, ancien quartier ouvrier, est devenu en l'espace de quelques années le QG des jeunes créateurs, des artistes et des étudiants. Construits au xixe siècle pour loger les " canuts " (célèbres tisseurs de soie lyonnais) et leurs imposants métiers à tisser, ses immeubles aux grandes fenêtres et ouvrant sur des pièces de 4 mètres de haut sont aujourd'hui très convoités. En haut de la colline de la Croix-Rousse (appelée ici le " plateau ") règne une ambiance très village - commerces, marchés et cafés animent la Grande-Rue -, tandis que sur les " pentes ", pullulent galeries d'art (rue Burdeau), ateliers et bars bobos. Les terrasses les plus conviviales déploient leurs tables autour de la place Sathonay, où à l'ombre des marronniers les joueurs de pétanque font bon ménage avec la jeunesse dorée du quartier. Le village des créateurs, une pépinière de jeunes entreprises de mode avec leurs ateliers-boutiques, s 'alignent au Passage Thiaffait. Dans cette large " traboule " (passage couvert typiquement lyonnais), une dizaine de couturiers, designers et joailliers sont accueillis, soutenus et coachés pendant deux ans. " Ce type d 'initiative pourrait faire des émules à l' étranger. L'école de mode d'Anvers projette notamment de monter une structure similaire ", confie, ravie, Isabelle Gleize, la directrice des lieux. Après avoir fureté au Village, offrez-vous une pause au Café Cousu, qui vient d'y ouvrir ses portes, ou à la boutique En Bobine Moi (21, rue René Leynaud) : sa propriétaire, ancienne pensionnaire du Passage Thiaffait, propose tasse de thé et bonnes adresses aux visiteurs de passage... Carnet de voyage en page...Reportage: Eva Bensard