C'est un fils de pub. Au top niveau. Un grand patron qui a réussi à implanter son agence française (Publicis) en Amérique du Nord, en Amérique latine et en Asie. Quand l'éditeur lui a proposé de livrer sa définition d'une centaine de mots-clés qui font son métier, Maurice Lévy a d'abord hésité. Pas par pudeur, non. Par retenue peut-être. Pas envie de se servir de sa " modeste notoriété pour ennuyer le monde avec ses bavardages ". Puis il a fini par céder. Pour couler, de A à Z, quelques messages et réflexions qu'il souhaitait partager. Avec pour c£ur de cible : la communication (*).
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C'est un fils de pub. Au top niveau. Un grand patron qui a réussi à implanter son agence française (Publicis) en Amérique du Nord, en Amérique latine et en Asie. Quand l'éditeur lui a proposé de livrer sa définition d'une centaine de mots-clés qui font son métier, Maurice Lévy a d'abord hésité. Pas par pudeur, non. Par retenue peut-être. Pas envie de se servir de sa " modeste notoriété pour ennuyer le monde avec ses bavardages ". Puis il a fini par céder. Pour couler, de A à Z, quelques messages et réflexions qu'il souhaitait partager. Avec pour c£ur de cible : la communication (*). Bien sûr, lui, il donne dans " la réclame ", comme on disait autrefois. Nous, les journalistes, réalisons des magazines. Pas tout à fait pareil et pourtant... Comment de ne pas s'identifier à lui quand, à la lettre A de son abécédaire, Lévy sort tout de go " l'amour " ? Pour le métier d'abord, un métier qui demande de la passion, quitte parfois à s'y perdre. L'amour de croire, aussi, toujours en ce que l'on fait, et de continuer en dépit de tout, même quand l'hiver est long et le chemin difficile. Toujours à la lettre A, on croise " angoisse ", celle de la feuille blanche, celle que l'on ressent face au risque que l'on prend à aller vers l'autre (le lecteur), sans être sûr d'être bien reçu, d'être compris. Et puis le mot " audace " qui oblige à réinterroger les idées reçues, à voir le monde avec un £il neuf, à écouter les attentes des lecteurs. Car ce sont eux, tout comme les destinataires d'un message publicitaire, qui sont véritablement les héros de l'histoire. Des héros de plus en plus exigeants, des " clients-roi " qui peuvent très vite tourner casaque, céder à de nouvelles tentations. Pour les retenir, à la lettre C, " créativité ". Qui seule permettra de donner un nouveau souffle, ouvrant des horizons inattendus. Mais que serait la communication sans " générosité " ? Au service des autres, des lecteurs, voire même, insiste Lévy, de la société au sens le plus large. Apporter une part de rêve, renouveler le champ des possibles, telle est précisément l'ambition, chaque semaine, de Weekend Le Vif/L'Express. Avec " pertinence ", que l'on retrouve très justement à la lettre P. Une pertinence qui doit s'accompagner d'une vraie impertinence. Mais avec " respect " ! Car qui ne respecte pas les autres ne se respecte pas lui-même, air connu. Un respect pour les lecteurs qui est aussi un mélange de complicité, d'intelligence, d'admiration et d'affection, une véritable alchimie qui intègre au passage la rigueur, une vraie autodiscipline, autant de victoires remportées sur une certaine paresse ou, parfois un brin de désinvolture. Pas la moindre virgule de divergence donc entre la foi de Lévy et la nôtre au quotidien. C'est pourquoi nous faisons nôtre, en guise de conclusion, cette formule de saint Augustin épinglée par l'auteur : " Aime, et le reste suivra ". (*) " Les 100 Mots de la communication ", par Maurice Lévy, Que sais-je ?, puf, 127 pages.Christine Laurent