"Non, franchement désolé, je ne pourrai pas assister à votre mariage ". Suivi de : 1. " Je serai en vacances. " 2. " Je travaille malheureusement ce jour-là. " 3. " Je suis malade. " 4. " Vous vous mariez à l'autre bout du monde ! " 5. " Je vais au concert de Jeane Manson. " Biffer les mentions inutiles. Dieu merci, la technologie vient une fois de plus au secours des inconscients qui devraient, pour une raison ou l'autre, rater le mariage de leur ami(e), frère, s£ur, cousin(e), oncle, tante, neveu, nièce, collègue, ex, etc. Rebiffer les mentions inutiles. Car la société " Webcast My Wedding " (littéralement " diffusez mon mariage sur le Web ") a trouvé la parade.
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"Non, franchement désolé, je ne pourrai pas assister à votre mariage ". Suivi de : 1. " Je serai en vacances. " 2. " Je travaille malheureusement ce jour-là. " 3. " Je suis malade. " 4. " Vous vous mariez à l'autre bout du monde ! " 5. " Je vais au concert de Jeane Manson. " Biffer les mentions inutiles. Dieu merci, la technologie vient une fois de plus au secours des inconscients qui devraient, pour une raison ou l'autre, rater le mariage de leur ami(e), frère, s£ur, cousin(e), oncle, tante, neveu, nièce, collègue, ex, etc. Rebiffer les mentions inutiles. Car la société " Webcast My Wedding " (littéralement " diffusez mon mariage sur le Web ") a trouvé la parade. Grâce aux précieux services de cette compagnie américaine, tout invité " empêché " pourra dorénavant assister aux réjouissances matrimoniales, où que vous soyez ( www.webcastmywedding.net). Pour un peu moins de 350 euros (une goutte d'eau dans le budget moyen d'une telle cérémonie !), vous pourrez en effet garantir une retransmission en direct de l'événement, sur le Web, à une vingtaine d'invités " absents ". Et cela grâce à une caméra digitale, un laptop performant, une connexion haut débit et un espace exclusivement réservé pour vous sur la Grande Toile mondiale. De cette façon, même si vous vous mariez à Bora Bora et que vous ne pouvez logiquement pas emmener vos convives aux antipodes, votre famille et vos amis participeront malgré tout, virtuellement, à la célébration de votre union. Plutôt sympa, non ? Audacieuse, l'initiative n'entend pas pour autant séduire uniquement les amateurs d'épousailles sous les tropiques. A l'heure où tout le monde (ou presque) dispose d'une connexion Internet, cette accessibilité " on line " dope, en réalité, l'industrie du mariage. Car on veut surprendre, étonner, innover. Toujours plus. En dépassant, par exemple, le cadre strict d'une cérémonie " palpable " pour la propulser, avec joie, dans la nébuleuse fascinante du Web impalpable. Et puis, il n'y a pas que la famille et les copains " réels " à satisfaire. Il y a aussi toute cette faune d'amis " virtuels " rencontrés, un soir de surf, au coin de l'un ou l'autre blog. Bref, génération www.myspace.com oblige, chacun dispose aujourd'hui d'un cercle de connaissances disséminées aux quatre coins du planisphère qu'il peut aussi honorer le moment venu. En les invitant, par exemple, à l'église et/ou au banquet matrimonial par écran interposé. Mais la force de www.webcastmywedding.net tient surtout dans son étonnante faculté à caresser, dans le sens du poil, l'ego surdimensionné du genre humain. Certes, le jour du mariage, les deux tourtereaux sont déjà la cible de tous les regards et font l'objet de toutes les attentions, mais trop n'est jamais assez au pays des contes de fées. La cérémonie se doit d'être sublimée et, dans cette logique, il convient donc de se mettre en scène à l'extrême. Sans doute s'agit-il de l'effet " télé-réalité ", mais il semblerait que personne ne puisse exister, aujourd'hui, sans une caméra devant le nez et sans des images qui peuvent se retrouver, d'une seconde à l'autre, sur le Net. On veut devenir une célébrité, à l'instar des vrais-faux people de " Koh-Lanta " et autre consternante " Ile de la Tentation ", et une diffusion en direct sur le Web peut évidemment aider à ressentir cette étrange sensation d'être, momentanément, une vedette internationale. La question de la visibilité à tout prix est donc malheureusement devenue fondamentale, au point d'en occulter une autre pourtant essentielle dans de telles circonstances : ai-je vraiment fait le bon choix ? Retrouvez Frédéric Brébant, chaque lundi matin, vers 9 h 45, dans l'émission " Bonjour quand même " de Jean-Pierre Hautier sur La Première (RTBF radio) et également sur le site www.lapremiere.be dans la rubrique Podcast.Frédéric Brébant