Carnet d'adresses en page 114.
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Carnet d'adresses en page 114.Chez Dorothy Barrick, les motifs virevoltent et s'entrechoquent, les coloris chahutent, les palettes acidulées voisinent avec des harmonies plus sages, les figures géométriques, inspirées de la peinture cinétique ou encore des mobiles de Calder, évoluent en liberté sur des modèles quasi immuables depuis trois ans, tant leur succès est grand. La star ? Le modèle Travel, rectangulaire, classique et confortable, équipé d'une petite poche appliquée et décliné en version 24 et 48 heures. Le thème western envahit une grosse toile de couleur camel. On le retrouve aussi en version pochette, trousse de maquillage de différentes grandeurs et un shopping bag. Le tissu ? Dorothy l'a déniché dans une boutique poussiéreuse, en Amérique, au milieu de nulle part. Son père, pilote de l'armée, faisait voyager la famille, pendant des années, à travers les Etats-Unis. Dans des patelins les plus reculés, Dorothy découvre le style vintage. Les ventes dans les garages (" garage sales ") sont une pratique courante et il n'est pas rare de tomber sur une super paire de chaussures à 1 dollar. Elle commence une collection d'accessoires et rachète aussi des stocks de tissus anciens. Pour plus tard... Très jolie fille, elle se fait repérer à l'âge de 16 ans, par une agence de mannequin. Happée par ce métier un peu par hasard, elle y restera quinze ans. La reconversion ne sera pas bien difficile. Dorothy a une idée bien précise sur sa future vocation. Elle a une bonne culture et une collection importante de tissus des années 1960 et 1970. Elle adore les accessoires. Alors, elle dessine le sac Travel, l'habille de tissu western et multiplie les démarches. Après 50 coups de fil soldés par un échec, elle tombe enfin sur un fabricant coopérant qui lui réalise quelques modèles haut de gamme, aux finitions irréprochables. Dorothy présente cette mini-collection à Maria Luisa, la patronne de la célèbre boutique " laboratoire " éponyme qui lui commande 60 pièces. A Paris, il n'y a pas de meilleure référence pour être lancée dans la mode. Très vite, les grands magasins de New York, de Londres ou de Tokyo achètent ses créations simples, personnelles et vintage, pile-poil dans la tendance. Si Dorothy ne manque pas d'idées pour développer et raffiner la collection de sacs, elle caresse déjà un autre projet qui a toutes les chances de réussir : des accessoires pour chiens. Elle a déjà un mannequin : son pincher nain, répondant au nom de Peanuts. Petite idée, grands effets Le sac " L'Interchangeable " a obtenu le Coup de C£ur du Salon de la Maro-quinerie qui s'est tenu à Paris en septembre dernier. Marie-Cécile Lambot, sa créatrice, a imaginé une coque " lambda ", accompagnée d'une vaste panoplie de housses, déclinées en feutrine, tissu, daim ou cuir et en différents coloris. On en achète plusieurs à la fois (les prix sont doux) et on complète la collection au fil des saisons à venir. Plus besoin de vider son sac chaque matin, plus besoin de trier nerveusement ses affaires. Pour changer de sac, on change de housse, tout simplement. Ce concept malin et attachant prouve qu'il n'est pas nécessaire de fréquenter une école de mode ou de design, pour avoir des idées intéressantes. Après dix ans de carrière dans une banque, Marie-Cécile Lambot arrête tout pour s'occuper de ses trois " petits monstres ". Ce qui ne l'empêche pas d'avoir des loisirs créatifs. Pour sa fille, elle réalise, par exemple, un petit sac de danse en tissu d'ameublement, orné de petites roses satinées anciennes. La petite se fait arrêter dans la rue, tout le monde veut avoir le même sac. La suite coule de source. Sous le nom La Main dans le sac, Marie-Cécile conçoit, pour l'été 2003, toute une ligne de cabas, de sacs aux lignes simples dont l'originalité consiste dans la beauté des tissus (beaucoup de toiles matelas) et dans la qualité des finitions. Les boutiques se l'arrachent. La deuxième collection, présentée au Salon de la Maroquinerie en janvier 2004, met toujours en vedette un cabas, mais réversible cette fois-ci, réalisé avec deux toiles différentes. Côté pile, une toile à matelas. Côté face, une toile de Jouy ou une toile à fleurs. Selon son humeur et sa tenue, on choisit la version plus graphique ou la version plus romantique. Les pronostics sont déjà excellents et ce modèle risque de devenir le best-seller de l'été 2005. Lancée il y a cinq ans, la marque italienne Piquadro symbolise admirablement les atouts de l'esprit transalpin : un design très pointu, des matières de top qualité et un savoir-faire traditionnel italien. Sans oublier le dernier atout : pour encore mieux nous accompagner dans notre mode de vie nomade, chaque modèle de la ligne T Square déborde d'astuces et contient des compartiments pour protéger l'ordinateur de poche, le téléphone portable ou le lecteur de CD. Il y a même une coque pour les lunettes. Le plus ? Tout est amovible et rien ne vous empêche d'utiliser le sac comme un fourre-tout. Son look, très moderne, associe une très belle peau et un nylon très lumineux. Les coloris ne manquent pas d'originalité. On a le choix entre le bordeaux, le marron glacé, le beige, le noir et l'orange. Expand est un autre modèle vedette. C'est un sac à géométrie variable. Il est extensible et un Zip permet de modifier son volume. A l'intérieur, on trouve une multitude de compartiments et d'accessoires et même une trousse à maquillage avec miroir. Les poignées sont réglables pour pouvoir le porter à la main, sous le bras ou à l'épaule. Très chic en veau souple pleine fleur, il existe aussi en version cuir et toile (noir, orange, bordeaux et bleu). Barbara Witkowska