Jadis, les stars donnaient des interviews dans les bars ou les suites des palaces parisiens. Mais, aujourd'hui, elles préfèrent se livrer dans une ambiance plus intime et plus personnelle. C'est donc dans un appartement huppé de la rive droite à Paris, aux moulures raffinées et aux couleurs tendres, qu'Inès Sastre nous a donné rendez-vous. Elle arrive pile à l'heure, mincissime et très chic en tailleur-pantalon noir, £il vif, sourire radieux et teint hâlé. D'un geste gracieux, elle rectifie une grosse fleur blanche, piquée dans ses longs cheveux noirs. " Je reviens de vacances aux Bahamas, confie-t-elle d'emblée comme pour s'excuser. Je portais des fleurs dans les cheveux tout le temps et j'ai conservé cette habitude de retour à Paris. J'en mets aussi le soir, pour aller au restaurant, même si mes copines trouvent que je suis folle. " Inès Sastre a l'attaque franche. Sans perdre de temps, nous lui soumettons une liste de mots-clés, qui nous aiderons à en apprendre un peu plus sur sa personnalité. Elle se prête de bonne grâce au jeu en professionnelle amusée.
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Jadis, les stars donnaient des interviews dans les bars ou les suites des palaces parisiens. Mais, aujourd'hui, elles préfèrent se livrer dans une ambiance plus intime et plus personnelle. C'est donc dans un appartement huppé de la rive droite à Paris, aux moulures raffinées et aux couleurs tendres, qu'Inès Sastre nous a donné rendez-vous. Elle arrive pile à l'heure, mincissime et très chic en tailleur-pantalon noir, £il vif, sourire radieux et teint hâlé. D'un geste gracieux, elle rectifie une grosse fleur blanche, piquée dans ses longs cheveux noirs. " Je reviens de vacances aux Bahamas, confie-t-elle d'emblée comme pour s'excuser. Je portais des fleurs dans les cheveux tout le temps et j'ai conservé cette habitude de retour à Paris. J'en mets aussi le soir, pour aller au restaurant, même si mes copines trouvent que je suis folle. " Inès Sastre a l'attaque franche. Sans perdre de temps, nous lui soumettons une liste de mots-clés, qui nous aiderons à en apprendre un peu plus sur sa personnalité. Elle se prête de bonne grâce au jeu en professionnelle amusée. J'y suis née, car ma mère tenait à accoucher là-bas. Mais je n'y ai jamais vécu. De temps en temps, ma famille m'y emmenait en vacances, mais les souvenirs sont tellement lointains qu'ils manquent de précision. Depuis treize ans je vis à Londres, j'y ai acheté un appartement. J'ai étudié à la Drama School of Oxford. De manière générale, je passe beaucoup de temps en Angleterre. Et puis, Paris n'est pas loin. A Paris, j'aime regarder les gens. C'est une ville très féminine où la femme est mise en valeur. Je garde aussi plein de bons souvenirs de cette ville du temps de mes études à la Sorbonne, à la faculté des lettres modernes. Le sujet de ma maîtrise portait sur les chants troubadours à l'époque médiévale. Scorpion Je me retrouve parfaitement dans ce signe qui peut se résumer ainsi : fort, obsessionnel, tenace, intense et profond. Angoissé, aussi, et un peu solitaire. Un Scorpion peut être comparé à un Lego, on construit, on détruit, on reconstruit, etc. J'aime la poésie et Rilke est mon auteur favori. Dans " Les Lettres à un jeune poète ", il parle admirablement de l'amour, de la solitude, de la création, de la mort, aussi. Cette £uvre est un compagnon idéal quand on a besoin de se donner du courage. Thomas Bernhard, écrivain et dramaturge autrichien du xxe siècle, est mon autre auteur préféré. Misanthrope, provocant, il était obsédé par la mort, comme Rilke. Son £uvre dense et riche û il a écrit des romans, des pièces de théâtre et de nombreuses autobiographies û me fascine. Je viens de lire " Impératrice ", de Shan Sa. Le destin de cette femme, devenue empereur de Chine au viie siècle est captivant. J'en parle quatre : l'espagnol, le français, l'anglais et l'italien. L'italien est une langue très expressive, j'aime m'en servir pour jouer la comédie. Je passe volontiers d'une langue à l'autre. C'est amusant d'utiliser une autre langue, on se transforme, on se construit un autre personnage. J'aime bien la mode mais pas de façon obsessionnelle. On ne peut sûrement pas me coller l'étiquette de fashion victim. Selon moi, la manière de s'habiller est le reflet de votre réalité profonde et de votre état d'âme. Personnellement, j'aime le style discret, mais pas nécessairement classique. Dans mes choix, je suis guidée par deux devises : " keep it simple " ou encore " less is more ". J'aime les choses confortables. Je n'ai pas de couturier attitré ou préféré, je pique partout, chez Valentino, Prada, Armani, Dolce & Gabbana ou Fendi. J'ai une passion pour les chaussures, celles de Manolo Blahnik sont les plus belles. De surcroît, c'est un compatriote. Cela dit, je peux passer l'hiver avec une seule paire de bottes que je ne lâche jamais. Le rouge est synonyme de la passion. Comme je fais tout avec passion, il est donc ma couleur favorite. Il est le premier réalisateur qui m'a fait confiance et m'a fait tourner dans " El Dorado ". Il a toujours aimé travailler avec les enfants. Je n'avais que 13 ans. A cet âge-là, on est, disons, très spontané. Le film se passait à l'époque des conquistadors, je portais une jupe longue, je me défoulais, je vivais vraiment ce que je jouais. Doux, protecteur et très calme, Carlos n'hésitait jamais à interrompre le tournage pour m'expliquer ce qu'il attendait de moi. On s'entend très bien. Je l'aime beaucoup, aussi bien sur le plan humain que sur le plan professionnel. Je l'ai revu récemment à Los Angeles et suis convaincue qu'on va retravailler ensemble. Le cinéma, sans aucune hésitation ! C'est ma priorité. Une actrice devient folle sans tourner. J'ai quelques très beaux projets en perspective et je vais enchaîner des tournages. Mon dernier film, " Volpone ", un téléfilm réalisé par Frédéric Auburtin, avec, notamment, Gérard Depardieu, sortira courant 2004. Il faut prendre du temps pour soi. Il est indispensable de s'arrêter, de temps en temps, pour réfléchir à ce que l'on fait. Mes autres recettes sont très simples, je bois des litres d'eau et prends des douches froides. Et puis, j'aime marcher, ça oxygène ! La musique est aussi très importante. Je fonctionne par périodes. Pour l'instant, c'est la musique cubaine, je l'écoute de façon obsessionnelle. J'aime aussi Carla Bruni. C'est une fille bien, bourrée de talent. Et très drôle ! Partir le plus loin possible, dans un endroit où la nature est très présente, sans beaucoup de présence humaine. Le Kenya et l'Ecosse sont les deux pays où j'aime m'isoler. Cela dit, de par mon travail, je mène une vie nomade. Ce qui ne me pose pas beaucoup de problèmes, car je m'adapte facilement. Je n'en fais jamais ! C'est un terme absent de mon vocabulaire. J'adore manger et je mange aussi par nécessité. On oublie souvent que les acteurs ont un travail très physique et doivent bien se nourrir. Cela dit, je n'ai pas trop tendance à grossir, mais j'aime manger prudemment. Pas d'excès, pas de desserts. Je cuisine le plus souvent possible, je me débrouille assez bien. J'aime ça, faire la cuisine me détend. J'adore les pâtes, les légumes et les soupes. Tiens, je vous livre une recette express pour une soupe délicieuse. Mélanger un demi-litre de bouillon avec un demi-litre de lait. Y faire cuire rapidement quatre laitues. Mixer le tout, verser dans une soupière et y ajouter un jaune d'£uf, du beurre et du parmesan. J'attache beaucoup d'importance au parfum. Il s'associe à vous et vous accompagne comme un souvenir. Trésor est un parfum assez intense, très émotionnel. Je l'ai toujours porté. La nouvelle Eau de toilette est plus fraîche, idéale pour la journée. Je suis l'ambassadrice de Trésor depuis 1996. J'ai pris le relais d'Isabella Rossellini qui l'a vu naître. Isabella était mon idole, j'avais une grande admiration pour elle. En voyant son image, j'avais envie de travailler pour Lancôme, je rêvais de lui succéder. Le rêve s'est réalisé et j'en suis très fière car Trésor est l'un des parfums les plus vendus au monde. Propos recueillis par Barbara Witkowska