Bouleversant, le dernier roman de Marc Levy retrace la vie d'une bande d'amis qui se lancent dans la Résistance, pendant la guerre. Parmi eux, le père de Marc...
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Bouleversant, le dernier roman de Marc Levy retrace la vie d'une bande d'amis qui se lancent dans la Résistance, pendant la guerre. Parmi eux, le père de Marc... Il y a trop de pudeur entre nous, alors il m'a souri en me demandant comment j'avais retrouvé tout ça. Son humour est si Woody Allenien ! J'avais 18 ans quand on lui a remis une médaille. Ce n'est que ce jour-là que j'ai appris qu'il avait été résistant. Ce n'est pas forcément de grandes actions, comme faire sauter des ponts. C'est déjà aider ou pas une vielle dame à traverser. Comme l'écrit Emma Dancourt, c'est " résister à ce qui nous emprisonne, aux préjugés, à tout ce qui est mauvais en nous, au besoin de se plaindre et de parler de soi... " Et puis là, j'avoue que j'essaie de résister à un éclair au café ( rires) ! Quelque chose qui se cultive et qu'il faut aller chercher. Celui de l'eau. On peut la prendre dans la main, sans la retenir. Aussi faut-il la responsabiliser. Sa source n'étant pas intarissable, on doit continuer à l'alimenter. Je suis libre dans le respect de la liberté des autres. Ecrire est l'une des plus grandes libertés qui soit. " Le Petit Prince ", " La Nuit des temps " (Barjavel), " Les Trois Mousquetaires " et " Les Misérables ". Puis j'ai découvert la littérature anglo-saxonne et Romain Gary. Parce que tous les matins, je me lève pour lui et pour ma femme. Ils sont mon moteur, ma raison de vivre et d'écrire. Tout. Quand on tient, pour la première fois, son enfant dans ses bras, on sent qu'on ne sera plus jamais dépendant de soi, mais de lui. Je suis d'une fidélité inviolable. Je ne m'aime pas, mais cela ne m'empêche pas d'aimer et d'être heureux. Tout comme les chevaux sont ravis de retourner à l'écurie, je suis heureux de rentrer là où, je me sens chez moi. J'aime cette vraie ville du xxie siècle. Dynamique, créative et multiculturelle, elle voit la vie en couleurs, sans perdre la musique de son souffle. Un peu la même chose. C'est le pays de la BD de mon enfance et de gens que j'aime. Il y a un tel contraste entre sa créativité, son inventivité, son humanité et le conflit Flamands/Wallons, qui est complètement idiot et dépassé ! Le talent. J'aurais aussi adoré savoir dessiner. La lettre d'un prisonnier, qui m'a écrit que quand il pose ses yeux sur les pages de mes livres, les murs de la prison disparaissent pour le transporter ailleurs. J'en ai pleuré. " Les Enfants de la liberté ", par Marc Levy, Robert Laffont, 441 pages. La suite de cet entretien sur weekend.be Propos recueillis par Kerenn Elkaïm