En acceptant le projet de rénovation de cette petite maison de ville, l'architecte gantois Glenn Sestig n'était pas sans savoir que le propriétaire voulait lui-même effectuer les transformations et souhaitait s'accorder le temps de réaliser les choses à la perfection. Ainsi, des premières démolitions aux ultimes finitions, le chantier a duré trois ans. Mis à part le découpage des boiseries (armoires, cloisons...), réalisé sur mesure par un atelier d'ébénisterie, tout a été donc fait par Philippe, le propriétaire, du placement de la pierre à la programmation sophistiquée de toute l'électricit...

En acceptant le projet de rénovation de cette petite maison de ville, l'architecte gantois Glenn Sestig n'était pas sans savoir que le propriétaire voulait lui-même effectuer les transformations et souhaitait s'accorder le temps de réaliser les choses à la perfection. Ainsi, des premières démolitions aux ultimes finitions, le chantier a duré trois ans. Mis à part le découpage des boiseries (armoires, cloisons...), réalisé sur mesure par un atelier d'ébénisterie, tout a été donc fait par Philippe, le propriétaire, du placement de la pierre à la programmation sophistiquée de toute l'électricité. Il a lui-même réalisé prises et interrupteurs. " Compte tenu de l'étalement des travaux, l'architecte et son client ont pu mener un véritable dialogue : l'esprit pratique du second permettant au premier d'ajuster au mieux ses plans. Excepté l'escalier central, qui fut entièrement décapé, la maison a été totalement reliftée, de la cave au deuxième étage. Au sous-sol : une chambre d'amis et sa salle de bains ; au rez-de-chaussée : le bureau ; au premier étage : le salon, la cuisine et la salle à manger et, au dernier étage, la chambre, le dressing et sa salle de bains, en enfilade. " Cet immeuble avait été divisé en appartements. Il nous a donc paru logique de traiter les deux niveaux principaux, chacun comme une entité, à la manière d'un loft, précise l'architecte. "La signature de Glenn Sestig est évidente. Elle se traduit par une pureté des lignes servie par le choix des matériaux et renforcée par un subtil dégradé de gris. D'amples surfaces planes apportent une réelle quiétude. " Vu la relative exiguïté des surfaces - il s'agit d'une ancienne maison ouvrière -, nous avons travaillé sur la perception visuelle, en étirant les lignes sur la longueur ", souligne l'architecte. Au premier étage, la cuisine, tel un couloir, relie salle à manger et salon. Elle se compose notamment d'une armoire flottante, suspendue au plafond, recouverte d'un miroir sombre. Le même type de miroir est utilisé au second étage, dans le dressing, lieu de transition entre la chambre et la salle de bains. Un intérieur signé Sestig ne se conçoit pas sans les divers éléments de décor qui constituent, ici et là, sa marque de fabrique. Ainsi, la salle à manger, avec ses accents japonisants, ou la table UFO (emmemobili), au piètement laqué noir et à la tablette en bois, entourée de chaises Wishbone de Hans Wegner (1950). La suspension lumineuse, quant à elle, est un modèle vintage, chiné spécialement pour le lieu. Dans le salon, les canapés de Vladimir Kagan encadrent un feu ouvert linéaire De Puydt. Au sol, clin d'£il haute couture, le tapis est constitué de diverses peaux de mouton assemblées par Pelvan. Ce tanneur belge produit de très belles peaux pour la décoration. Le couvre-lit, du même paussier est posé sur un modèle Testata 12 (emmemobili). A la tête du lit : un vase dessiné par Glenn Sestig pour l'éditeur belge WOW. Carnet d'adresses en page 147.Reportage : Jean-Pierre Gabriel